Témoignage traumatismes crâniens : "ma famille n'avait pas imaginé que je puisse m'en sortir"

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Patients Muscles / Squelette / Articulations

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Bonjour à tous, je vous propose de découvrir le témoignage de @delphine7‍. N'hésitez pas à le commenter pour donner votre avis, poser vos questions et apporter votre soutien emoticon bashful 


"Bonjour, je m'appelle Delphine et j'ai grandi comme beaucoup d'enfants. Je faisais des études et je devais passer en terminale scientifique. Quand tout a basculé. Pendant les grandes vacances, en 1987, je faisais un stage de perfectionnement en équitation. J'ai fait de nombreuses chutes et on ne m'a jamais emmenée à l'hôpital. Un jour, je me suis écroulée dans le centre : samu, hélicoptère, hôpital Henri Mondor à Créteil.

Là, on me fait passer deux électro-encéphalogrammes qui sont quasiment plats. Ils y découvrent un hématome sous-dural volumineux au cerveau et des traces de deux traumatismes crâniens. Personne ne veut tenter une opération, pour eux c'est fini. Malgré tout, un jeune chirurgien a quand même voulu tenter une opération pour évacuer l'hématome. Mais au bout de dix jours, ils préviennent mes parents qu'ils abandonnent.

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Et ce jour-là, une femme de ménage qui faisait ma chambre s'est mise à crier. Un de mes doigts a bougé. Je sortais du coma. Malheureusement, j'étais aveugle et seul un doigt bougeait. La vue est revenue petit à petit au bout de deux mois. Pour mes jambes, je demandais pourquoi on ne me faisait pas faire de rééducation et on m'a répondu : "Ça ne sert à rien, tu ne marcheras plus jamais." Comme je suis têtue, j'ai essayé toute seul et après des mois de galère, j'ai réussi à me mettre debout. Mais dès que j'ai voulu faire un pas, je suis tombée. Mais je réessayais tous les jours et ça a payé. Quand ils ont vu se qui se passait, j'ai eu le droit à la rééducation et je marchait un peu en poussant mon fauteuil roulant. Et au bout de trois ans, je l'ai lâché.

Mais j'avais aussi une hémiplégie droite qui a disparu dix ans après, pendant un pèlerinage pour malades et handicapés à Lourdes. Aujourd'hui, j'ai toujours des troubles mnésiques dus aux traumatisme crâniens. Mais sachant que je ne savais plus ce qu'était le jour, la nuit, un couteau, une fourchette... Ça s'est bien amélioré.

Pour ma famille, ça a été très difficile. Ils n'ont pas imaginé qu'un jour je pourrais m'en sortir.

Ma vie a complètement été bouleversée. J'ai été reconnu inapte au travail et quand j'ai demandé ce que je pouvais faire, on m'a répondu : "Vous n'avez qu'à rester chez vous." Du coup, comme ce n'est pas mon genre, j'interviens dans les écoles pour sensibiliser les jeunes sur le handicap et faire de la prévention, j'essaye depuis 2 ans de réapprendre à un ami, qui a fait 3 AVC, à parler et à écrire, je visite des personnes âgées et (ou) handicapées...

Ce parcours m'a appris à toujours espérer et essayer de progresser malgré le pessimisme du corps médical. La recommandation que je fais, c'est de ne jamais baisser les bras. Quelqu'un a dit "Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir." J'en suis la preuve."

Début de la discussion - 12/09/2019

Témoignage traumatismes crâniens : "ma famille n'avait pas imaginé que je puisse m'en sortir"
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Posté le
Bon conseiller

Bonjour @delphine7‍ Beau combat de ta part, ton témoignage est magnifique-

                                                  Le combat n'est pas terminé tant qu'il y a la vie au bout 

Témoignage traumatismes crâniens : "ma famille n'avait pas imaginé que je puisse m'en sortir"
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Posté le

Bonjour Delphine, je suis touchée par ton témoignage. Ton combat, est souvent le combat de beaucoup plus que l’on s’imagine. J’étais bébé lorsque mes traumatismes m’ont arraché ma liberté, mes ambitions, mes rêves et ma crédibilité. Je me suis effondrée souvent, j’en ai vraiment souffert et je m’en suis faite un combat. Un combat pour vivre, pour être heureuse et me réaliser. Si tu le veux, je serai avec toi et les autres et nous parlerons pour qu’on sache qu’il existe des moyens pour vivre heureux, avec toute notre différence. Nous sommes ensemble pour se battre, s’encourager et se soutenir. Alors toi et les autres qui vivons avec des traumatismes, je vous souhaite de trouver la force d’être la personne dont vous désirez être. Bonne chance et ne te décourage pas.

Chantou