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« Ma prostate a décidé de prendre sa retraite… sans quitter les lieux » : le témoignage de Phildu

Publié le 8 juil. 2026 • Par Candice Salomé

Pendant longtemps, Phildu et sa prostate ont vécu en parfaite harmonie. Puis sont arrivées les nuits hachées, les allers-retours aux toilettes, les examens médicaux et le fameux PSA qui commence à faire parler de lui.

À 68 ans, ce membre Ambassadeur Carenity raconte avec un humour irrésistible son parcours face à une hypertrophie bénigne de la prostate. Entre consultations chez l’urologue, sommeil perturbé, regards des autres et soutien précieux de sa « femme délicieuse », il partage un témoignage aussi drôle que touchant sur un sujet encore trop tabou chez les hommes.

« Ma prostate a décidé de prendre sa retraite… sans quitter les lieux » : le témoignage de Phildu

Bonjour @phildu, vous avez accepté de témoigner pour Carenity et nous vous en remercions.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous raconter votre parcours avec l’hypertrophie de la prostate ?

Alors voilà. Je m’appelle Phildu, 68 ans au compteur, mais l’œil encore vif et la blague facile.

Beau gosse ? Ce n’est pas moi qui le dis… enfin si, c’est moi qui le dis, mais ma femme confirme — et elle a bon goût puisqu’elle m’a gardé.

Papa de cinq enfants — oui, cinq. Ce qui prouve que, pendant longtemps, la prostate et moi étions de très bons amis. Des complices, même. Elle assurait, je profitais, on ne se posait pas de questions. La belle époque.

« Pendant quarante ans, elle a travaillé sans relâche, sans RTT et sans se plaindre. Et un beau matin, elle a décidé de prendre sa retraite… tout en restant sur place. »

C’est là que les ennuis ont commencé. Ou plutôt, c’est là qu’on a fait connaissance pour de vrai : le PSA, l’échographie, le médecin qui vous regarde avec ce sourire à mi-chemin entre la compassion et le :

« Bienvenue au club. »

Le club des hommes mûrs qui connaissent désormais leur anatomie mieux que leur code de carte bleue.

Ma femme — délicieuse, je la recommande vivement — traverse tout cela avec moi, armée d’une patience et d’un humour qui font que chaque rendez-vous médical se termine malgré tout par un fou rire dans la voiture.

Alors voilà mon parcours : une prostate capricieuse, une vie bien remplie, cinq enfants qui en sont la preuve vivante, et l’intime conviction que tant qu’on peut rire de tout ça… c’est qu’on s’en sort plutôt bien.

Quels ont été les premiers symptômes qui vous ont poussé à consulter ?

Laissez-moi vous raconter comment tout cela a commencé. Discrètement. Sournoisement. Comme un locataire qui prend de plus en plus de place sans jamais prévenir.

Tout a démarré la nuit. Pas avec un rêve romantique ni une révélation mystique — non. Avec une envie pressante. Puis une deuxième. Puis une troisième.

Ma femme, qui dort du sommeil du juste, a fini par me demander si je comptais installer un hamac dans les toilettes.

« Avant, je dormais sept heures d’une traite. Désormais, je fais des allers-retours comme un agent de sécurité qui surveille un couloir. »

Ensuite, il y a eu ce que j’appelle le « syndrome de la fontaine timide ».

On se plante devant les sanitaires, on attend, on attend encore… On pense à une cascade, à la pluie, à la mer en Bretagne… et finalement, ça arrive. Tout doucement. Sans enthousiasme.

Un filet. Un murmure. Un soupir liquide.

Là, j’ai commencé à me douter que quelque chose avait changé. Autrefois, j’aurais pu éteindre un feu de camp. Maintenant, j’aurais du mal à mouiller un ticket de caisse.

« C’est quand j’ai raté le début d’un film au cinéma — alors que j’étais allé aux toilettes avant — que j’ai compris que la situation méritait une consultation. »

Ma femme délicieuse, avec son tact habituel, m’a simplement dit un matin :

« Chéri, je crois qu’il est temps d’aller voir le médecin. Pas pour toi… pour moi. Parce que le bruit du robinet la nuit commence à me réveiller. »

Voilà. C’est elle qui m’a sauvé.

Comme toujours, finalement.

Comment s’est déroulé votre parcours jusqu’au diagnostic ?

On pourrait croire que le parcours vers le diagnostic est une ligne droite : un symptôme, un médecin, un diagnostic… et hop.

Que nenni. C’est plutôt un circuit touristique, avec des étapes, des surprises et des gens en blouse blanche qui vous regardent avec des gants.

1. Le médecin généraliste
D’abord, le médecin généraliste. Un homme bien, le mien. Il m’écoute, hoche la tête d’un air entendu — il a visiblement l’habitude — puis sort son ordonnance : prise de sang pour le PSA.

Je rentre à la maison. Ma femme me demande comment cela s’est passé.

— « Il m’a prescrit une prise de sang. »
— « C’est tout ? »
— « C’est tout. »

On a dîné tranquillement ce soir-là. C’était la dernière fois.

2. Les résultats
Les résultats arrivent. Le PSA est un peu… expressif, disons. Mon médecin décroche son téléphone avec ce ton particulier, celui qu’on réserve aux nouvelles qu’il vaut mieux entendre assis. Il me parle d’un urologue. Je note le nom. Je rentre chez moi.

Ma femme délicieuse lit immédiatement sur mon visage que les choses deviennent sérieuses. Elle prépare du thé. Signe que ça ne rigole plus.

« L’urologue : un spécialiste charmant qui vous serre chaleureusement la main… alors que vous savez déjà que la consultation ne va pas rester dans le domaine du shake-hand. »

3. Le toucher rectal
Je vais rester délicat. Disons simplement que c’est un examen qui vous réconcilie définitivement avec la pudeur perdue et qui crée entre le médecin et vous une intimité que vous n’aviez absolument pas planifiée.

Mon urologue, avec un professionnalisme admirable, annonce :

— « Prostate un peu volumineuse. »

J’ai répondu :

— « Merci, elle a beaucoup travaillé. »

Il n’a pas ri. Les urologues sont sérieux.

4. Les examens
Puis viennent l’échographie et le débitmètre. Oui, il existe bel et bien un appareil qui mesure votre débit urinaire. Et oui, on vous demande d’uriner dedans, seul dans une cabine, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.

J’ai fait de mon mieux. L’appareil, lui, a semblé compatissant.

« Au bout de quelques semaines, j’étais devenu incollable sur mon propre appareil urinaire. Probablement plus que mon médecin. Et certainement plus que moi à 30 ans. »

Et puis, un matin, l’urologue a posé ses lunettes sur son bureau, regardé tous mes résultats et prononcé le verdict :

Hypertrophie bénigne de la prostate.

Bénigne. Ce mot-là, on ne l’entend pas : on le boit. On le savoure. On rentre chez soi et on le répète à sa femme délicieuse, qui sourit enfin vraiment.

Bénigne.

Jamais un adjectif ne m’avait autant soulagé depuis :

« C’est un garçon. »

— cinq fois. 😄

Comment avez-vous vécu l’annonce et les premières explications autour de cette maladie ?

L’annonce officielle, je l’ai vécue assis en face de mon urologue, dans son cabinet qui sentait le sérieux et le désinfectant. Devant lui : une belle pile de résultats. Les miens.

Il a commencé à expliquer : hypertrophie bénigne de la prostate. HPB pour les intimes.

Il a sorti un schéma — les médecins adorent les schémas — représentant l’appareil urinaire masculin, avec une prostate bien visible, bien ronde, fièrement installée autour de l’urètre comme un beignet autour d’une paille.

« J’ai regardé ce dessin et je me suis dit : voilà donc le coupable. Soixante-huit ans de bons et loyaux services… et il choisit de finir en beignet. »

L’urologue a expliqué calmement que c’était très courant, que la moitié des hommes de mon âge avaient la même chose, que ce n’était pas grave, mais qu’il faudrait une surveillance et probablement un traitement.

J’écoutais, je hochais la tête, j’avais l’air de comprendre.

En réalité, une seule phrase tournait dans ma tête :

« La moitié des hommes de mon âge. »

Autrement dit, dans une salle de dix hommes de 68 ans, cinq ont exactement le même problème que moi. Statistiquement, à ma prochaine réunion de famille, je ne serai probablement pas le seul.

Étrangement, j’ai trouvé ça réconfortant.

En rentrant, j’ai tout raconté à ma femme délicieuse. Elle a écouté attentivement, posé deux ou trois questions très pertinentes — elle en savait déjà plus que moi grâce à Internet, évidemment — puis elle a conclu avec ce sens de la synthèse que je lui envie :

« Donc, en gros, ta prostate a pris de l’embonpoint. Comme le reste. Bienvenue dans le club. »

Je ne pouvais pas lui donner tort.

Et honnêtement, expliqué comme ça, c’était presque rassurant.

On a ri. Puis on a regardé une série. La vie continuait, avec simplement un arrêt toilettes supplémentaire avant le générique de fin.

Quels sont aujourd’hui les principaux impacts de l’hypertrophie de la prostate sur votre quotidien ?

On ne réalise pas à quel point une glande de trente grammes peut réorganiser une existence entière. La prostate, discrète pendant des décennies, est devenue le chef d’orchestre de mon quotidien. Je ne décide plus de rien : c’est elle qui commande.

La nuit — ou ce qu’il en reste

Mon parcours nocturne est désormais aussi balisé qu’un couloir d’aéroport : lever à 1h, lever à 3h30, lever à 5h45. Je connais chaque latte du parquet par son prénom. Je sais exactement où ne pas poser le pied pour ne pas réveiller ma femme délicieuse, qui dort, elle, avec la sérénité d’une personne dont la prostate ne pose aucun problème.

« La nuit, je suis devenu une sorte de fantôme domestique. Je hante les couloirs en silence, pieds nus, les yeux mi-clos, à la recherche des toilettes comme un somnambule professionnel. »

Les sorties — la grande planification

Sortir de chez soi est devenu une véritable opération militaire. Avant de partir, je repère mentalement toutes les toilettes disponibles sur le trajet : centre commercial, rez-de-chaussée côté gauche après la pharmacie ; supermarché, au fond du magasin derrière les yaourts ; restaurant, toujours demander avant de s’asseoir, et surtout jamais en fond de salle sans issue.

Ma femme délicieuse a renoncé à me demander pourquoi je consulte Google Maps avant chaque sortie. Elle sait. Google Maps ne propose pas encore les toilettes publiques par distance, mais je leur ai écrit. Pas de réponse pour l’instant.

Ma femme, au cinéma :
— « Tu veux du popcorn ? »

Phildu, stratège :
— « Surtout pas. Et pas de boisson non plus. Et on s’assoit côté couloir. »

Ma femme, résignée :
— « On pourrait aussi regarder le film à la maison… »

Les médicaments — le nouveau rituel

Il y a désormais une boîte de comprimés sur ma table de nuit. Chaque soir : même heure, même geste. Ma femme dit que cela me donne un air sérieux et responsable. Moi, je dis surtout que cela me donne un air de 68 ans, ce qui revient un peu au même.

Le moral — et c’est là que ça compte

Je ne vais pas mentir : au début, ça agace. On se sent un peu trahi par un corps qu’on croyait acquis. On pense à tout ce qu’on faisait avant sans même y réfléchir.

Et puis… on s’adapte. On réorganise sa vie. On apprend à rire de soi, ce qui est probablement l’une des meilleures thérapies qui existent.

« J’ai cinq enfants, une femme délicieuse et une prostate qui fait son cinéma. Au fond, c’est encore moi qui ai la meilleure part. »

Et les nuits entrecoupées ? Ma femme dit qu’au moins, depuis, je n’ai plus jamais raté un lever de soleil.

Elle n’a pas tort.

Il est vraiment beau, à 5h45.

Cette maladie a-t-elle eu des répercussions sur votre sommeil, votre énergie ou votre qualité de vie ?

Répercussions sur le sommeil, l’énergie et la qualité de vie ? Laissez-moi réfléchir… oui. Oui, il y en a eu. Quelques-unes.

Disons que ma prostate a procédé à une réorganisation complète de mon existence, sans me consulter, sans me prévenir et surtout sans proposer de plan de compensation.

Le sommeil — chronique d’un naufrage en douceur

Jadis, je dormais comme un bienheureux : sept heures d’une seule traite, sans interruption. Je me levais frais, dispos, de bonne humeur. Ma femme délicieuse me trouvait charmant le matin. C’était le bon temps.

Aujourd’hui, mon sommeil ressemble davantage à un roman publié en feuilleton : des épisodes courts, des interruptions fréquentes, et personne ne sait vraiment comment cela va finir.

Je me lève deux ou trois fois par nuit. Je reviens me coucher. Je me rendors… enfin, j’essaie. Parce que parfois, mon cerveau, lui, décide que c’est précisément le moment idéal pour réfléchir à des choses essentielles : la liste des courses, ce que j’aurais dû répondre en 1987 ou encore l’état du monde.

« J’ai fait le calcul : en deux ans de nuits entrecoupées, j’ai perdu l’équivalent de trois semaines de sommeil. Trois semaines que je n’ai jamais réclamées… et que mon urologue ne me remboursera probablement pas. »

L’énergie — ce carburant devenu précieux

Forcément, qui dit nuits hachées dit journées plus molles. Le matin, je me lève avec l’enthousiasme d’une huître à marée basse.

Le café aide. Le deuxième café aide encore davantage. Le troisième, ma femme délicieuse l’intercepte immédiatement avec ce regard qui signifie clairement :

« Tu vas t’énerver pour rien et tu ne dormiras pas ce soir non plus. »

J’ai aussi découvert la sieste. À 68 ans, je suis devenu un fervent défenseur de la sieste de l’après-midi, cette pratique que je considérais autrefois comme une capitulation.

Aujourd’hui, c’est ma meilleure alliée.

Vingt minutes, pas plus.

Enfin… selon moi.

Ma femme, à 15h :
— « Tu dors encore ? »

Phildu, avec dignité :
— « Je reconstitue mes forces. C’est médical. »

Ma femme, implacable :
— « Tu ronfles depuis une heure. »

La qualité de vie — bilan honnête

Soyons sérieux une minute — juste une. Oui, la fatigue change les choses. On sort un peu moins spontanément. On anticipe davantage. On renonce parfois à une soirée tardive parce qu’on sait déjà comment la nuit va se passer.

On se sent aussi un peu moins invincible qu’à quarante ans.

Mais voilà ce que j’ai compris : la qualité de vie, c’est aussi ce qu’on décide d’en faire.

J’ai appris à ralentir — pas vraiment par choix, certes — mais le résultat est là. Je prends le temps de choses que je bâclais auparavant. Je remarque des détails que je ne voyais pas. Et j’ai parfois, à 3h du matin dans un couloir, des conversations avec ma femme qui valent toutes les soirées du monde.

« Elle m’a dit l’autre nuit, entre deux portes : “Au moins, depuis ta prostate, tu es plus souvent réveillé que moi. C’est toi qui entends le chat.” »

Et c’est vrai.

Je suis devenu le gardien de nuit officiel de la maison.

Beau gosse ET vigilant.

La qualité de vie a changé. Elle n’a pas disparu. Elle s’est simplement… réaménagée.

Comme la prostate elle-même, finalement : elle prend plus de place, mais on finit par apprendre à cohabiter. 😄

Phildu, gardien de nuit, champion de la sieste et toujours beau gosse.

Est-ce une pathologie dont il vous a été facile de parler autour de vous, ou ressentez-vous encore une forme de tabou ?

Tabou. Le mot est grand.

Est-ce que parler de sa prostate autour de soi est facile ? Honnêtement, cela dépend surtout à qui l’on parle… et de la manière dont on le dit. Parce que dire :

« J’ai un problème de prostate »

ou :

« Ma prostate fait des siennes »

ne produit clairement pas le même effet dans une conversation.

Avec ma femme — aucun tabou, aucune échappatoire

Ma femme délicieuse a été informée en temps réel, avec tous les détails, qu’elle le veuille ou non. Elle connaît mes résultats de PSA par cœur, a lu plusieurs livres sur le sujet et m’explique parfois des choses que mon urologue n’a même pas eu le temps d’aborder.

Je suis probablement l’homme le mieux renseigné sur sa propre prostate grâce à sa femme.

C’est une chance. Je crois.

« Elle a même failli rejoindre un forum de discussion pour les conjointes de prostatiques. Je lui ai demandé d’attendre un peu : il me reste encore un minimum d’amour-propre. »

Avec les enfants — le grand écart générationnel

Cinq enfants. Donc cinq réactions différentes.

L’aîné a hoché la tête gravement, comme un médecin de famille. La cadette a immédiatement sorti son téléphone et m’a lu des articles pendant vingt minutes. Le troisième a demandé :

« C’est quoi, la prostate ? »

— il a quand même 34 ans.

Les deux derniers, eux, ont changé de sujet avec une fluidité qui forçait l’admiration.

Dans l’ensemble, les enfants préfèrent ne pas trop savoir. C’est humain. On n’a jamais vraiment envie de penser que ses parents possèdent une anatomie.

Avec les amis — le club secret qui s’ignore

C’est là que les choses deviennent intéressantes.

Les hommes, entre eux, ne parlent pas de leur prostate. C’est une règle non écrite, aussi solide que :

  • « On ne pleure pas au cinéma » ;
  • « On ne demande pas son salaire ».

Et pourtant…

Un soir, autour d’un verre, j’ai évoqué le sujet. Un peu par hasard. Un peu par bravade.

Silence.

Regards fuyants.

Puis l’un d’eux a toussé. Un autre a regardé ses chaussures. Et le troisième a fini par dire, presque en confession :

L’ami, les yeux baissés :
— « Moi aussi, j’ai un PSA un peu élevé. Depuis l’an dernier. Je n’en ai parlé à personne. »

Le deuxième ami, soulagé :
— « Ah bon ? Moi, je me lève trois fois par nuit depuis six mois. »

Phildu, triomphant :
— « Bienvenue au club. On aurait pu s’en parler avant, non ? »

En cinq minutes, on avait fondé une association : sans cotisation, sans président, sans local… juste trois hommes de 68 ans qui réalisaient qu’ils portaient exactement le même secret depuis des mois tout en se croisant chaque semaine sans jamais en parler.

« Le tabou masculin autour de la prostate est absurde. On parle de nos voitures, de nos impôts, de nos genoux qui craquent… mais de la prostate ? Silence radio. Comme si le simple fait de la nommer la rendait réelle. »

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je parle. Ici, sur ce forum, avec vous.

Parce que j’ai compris quelque chose de simple : ce qu’on ne dit pas finit par grossir dans le silence… exactement comme une prostate non surveillée.

Alors autant en rire, en parler, comparer les notes et se serrer les coudes.

Ma femme délicieuse dit que je suis devenu un militant de la cause prostatique.

Elle n’a pas tort.

Beau gosse ET engagé.

Je cumule les qualités. 😄

Phildu, porte-parole non officiel des prostates françaises.

Le regard des autres ou certaines idées reçues ont-ils parfois été difficiles à vivre ?

Dès qu’on commence à parler de sa prostate autour de soi, quelque chose de merveilleux se produit : tout le monde devient expert.

Le beau-frère, le voisin, le monsieur rencontré en salle d’attente, la dame du marché qui « a entendu quelque chose là-dessus »… chacun y va de sa théorie, de son remède miracle ou de son regard lourd de sous-entendus.

Il y a aussi les regards.

Celui qui dit :

« Oh le pauvre… »

quand on évoque les nuits difficiles.

Celui qui lance :

« Ah oui, c’est l’âge… »

avec ce petit sourire condescendant.

Et puis celui qui baisse les yeux, comme si on venait d’avouer quelque chose de honteux.

Au début, cela agace. On se sent réduit à sa glande défaillante, catalogué dans la case :

« vieux monsieur qui a des problèmes ».

Pas franchement flatteur pour un beau gosse de 68 ans.

Mais avec le recul, j’ai compris une chose : les idées reçues disent souvent plus de choses sur ceux qui les prononcent que sur la maladie elle-même.

Elles parlent surtout de peur, d’ignorance ou parfois simplement d’une maladresse affectueuse. On ne sait pas toujours quoi dire face aux problèmes de santé d’un proche, alors on finit par dire n’importe quoi.

Et honnêtement, je suis bien placé pour le savoir : avant d’avoir ma propre prostate capricieuse, j’aurais probablement raconté les mêmes bêtises.

Qu’est-ce qui vous aide aujourd’hui à mieux vivre avec cette maladie ?

Qu’est-ce qui aide ?

Après quelques années de cohabitation forcée avec ma prostate, j’ai fini par constituer une véritable boîte à outils. Certains éléments viennent de mon urologue. D’autres de l’expérience. Et un bon nombre directement de ma femme délicieuse — ce qui revient souvent au même.

Le traitement médical, d’abord. Mon comprimé du soir, fidèle au poste. On s’entend bien, lui et moi. Je le prends sans rechigner : c’est le minimum syndical.

La marche quotidienne. Mon urologue dit que c’est bon pour tout. Je ne sais pas si cela améliore réellement la prostate, mais ça libère la tête… et une tête légère compense beaucoup de nuits agitées.

L’humour. Prescrit par personne, remboursé par rien, et pourtant probablement le plus efficace des traitements.

Rire de sa propre prostate, c’est lui retirer le pouvoir de gâcher la journée.

Je recommande chaudement.

Quel message aimeriez-vous faire passer aux hommes concernés par cette pathologie, mais aussi à leurs proches ?

Je vais essayer d’être bref — ce qui n’est pas mon fort — et utile, ce qui l’est davantage.

Alors voilà ce que j’ai envie de dire, après des mois de nuits entrecoupées, de salles d’attente, de PSA surveillés et de conversations inattendues :

Allez consulter. Maintenant.

Pas dans six mois. Pas « quand ça ira mieux ». Pas après les vacances.

Maintenant.

La prostate ne se plaint pas. Elle agit dans le silence et la discrétion, exactement comme ces collègues qui travaillent sans jamais rien dire… jusqu’au jour où ils posent leur démission sur le bureau.

Ne laissez pas votre prostate vous surprendre.

Un dernier mot ?

Voilà.

Dix chapitres, une prostate, une femme délicieuse, cinq enfants et beaucoup de nuits écourtées plus tard… je suis encore là, encore debout et toujours de bonne humeur.

Et ça, ma prostate ne pourra jamais me le prendre.

Alors, prenez soin de vous.

Et surtout : allez consulter.

Un grand merci à @phildu pour son témoignage !

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Prenez soin de vous !

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avatar Candice Salomé

Auteur : Candice Salomé, Rédactrice Santé

Créatrice de contenus chez Carenity, Candice est spécialisée dans la rédaction d’articles santé. Elle a une appétence particulière pour les domaines de la psychologie, du bien-être et du sport.

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1 commentaire


aquarella
le 08/07/2026

j'aime beaucoup votre humour, votre façon de parler de votre prostate et de votre femme délicieuse, vous avez une façon d'écrire agréable, vous devriez écrire un livre, si c'est déjà je veut bien l'acheter 😊

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