«
»

Top

Jeûne intermittent et maladies chroniques : tout comprendre

3 mars 2020 • 13 commentaires

Jeûner signifie se priver volontairement de nourriture. Il s’agit d’une pratique ancestrale souvent réalisée pour des raisons religieuses ou spirituelles mais aussi dans un but thérapeutique. Il devient même une pratique à la mode ! On fait le point pour vous aider à y voir plus clair.

Jeûne intermittent et maladies chroniques : tout comprendre

Qu’est-ce que le jeûne intermittent ?

Jeûner signifie se priver volontairement de nourriture. Il s’agit d’une pratique ancestrale, il est souvent réalisé pour des raisons religieuses ou spirituelles mais aussi dans un but thérapeutique. Il devient même une pratique à la mode !

Le jeûne intermittent consiste à réduire sa fenêtre de prise alimentaire, c’est-à-dire que l’on mange autant mais sur une période plus courte. Autrement dit, cela consiste à supprimer soit le dîner, soit le petit-déjeuner, en mangeant l’équivalent du repas supprimé le reste de la journée. Le jeûne intermittent peut aussi consister à réduire son apport calorique avec des jours sans prise alimentaire et des jours « normaux ».

Il faut donc distinguer le jeûne intermittent du jeûne complet (apport calorique nul) et du jeûne partiel continu (restriction continue de l’apport calorique). Ce jeûne peut être pratiqué par une personne saine (plutôt à visée préventive) ou par un sujet malade (plutôt à visée curative/thérapeutique).

Les différents types de jeûnes intermittents

On peut distinguer plusieurs types de jeûnes intermittents comme :

  • La méthode 16/8 : qui consiste à jeûner 16h sur 24h, ce qui est bien plus courant que ce que l’on ne pense car beaucoup de gens sautent le petit-déjeuner !

  • La méthode 5/2 : où l’on consomme 500 kcal par jour réparties en 2 repas

Ces deux méthodes sont destinées à des pratiques occasionnelles, chez des sujets qui n’ont pas l’habitude de sauter un repas, pour mettre le système digestif au repos.

  • Jeûner 1 jour sur 2, ou bien 1 jour une à deux fois par semaine

  • Le jeûne thérapeutique (sanogénèse) : qui doit être encadré par un professionnel de santé et pratiqué pour des raisons thérapeutiques (cancer, pathologies inflammatoires chroniques…)

  • Jeûner quand on veut/ peut : en fonction de vos sensations de faim, il s’agit de la méthode la plus intuitive

Les avantages du jeûne intermittent

Le jeûne intermittent semble avoir des effets sur le rythme circadien, le microbiote intestinal et la restriction calorique. Concernant son effet sur le microbiote intestinal, il semble diminuer les désagréments liés à des problèmes de perméabilité intestinale et d’inflammation souvent présents chez les personnes obèses notamment.

De nombreuses personnes semblent avoir perdu du poids grâce au jeûne intermittent du fait que, s’il est bien pratiqué, le métabolisme s’adapte à la restriction alimentaire en puisant dans les réserves de lipides une fois que les réserves alimentaires ont été épuisées. 

D’autres effets bénéfiques peuvent être observés comme une diminution de la sensation de faim, un meilleur sommeil ou encore un gain de vitalité et de concentration.

Est-ce médicalement validé ?

9 études interventionnelles étudiant l’effet du jeûne intermittent sur plusieurs mois chez des patients souffrant de surpoids ou d’obésité ont été conduites. Parmi elles, 7 ont confirmé une perte de poids et environ la moitié a montré une amélioration des marqueurs métaboliques. Cependant, les marqueurs métaboliques ne sont pas toujours améliorés dans les différentes études. Il est assez clairement établi que le jeûne intermittent est plus bénéfique que l’abstinence alimentaire complète et que certains régimes restrictifs. Des études scientifiques ont été menées chez la souris montrant de bons résultats sur l’augmentation de la durée de vie, sur la résistance au stress oxydatif et sur la toxicité sous chimiothérapie.

Attention ! Il est important de noter que les études effectuées sur le jeûne intermittent ne sont pas toujours de haute qualité et bien contrôlées, et présentent souvent un faible niveau de preuves.

Dans quelle(s) maladie(s) est-il indiqué ?

Le jeûne intermittent permettrait d’améliorer les symptômes dans les syndromes de l’intestin irritable, améliorerait la douleur et la raideur matinale en cas de polyarthrite rhumatoïde, diminuerait significativement la douleur lors de syndromes douloureux chroniques comme la fibromyalgie. Dans le cadre de syndromes métaboliques comme le diabète, le jeûne métabolique permettrait d’augmenter la sensibilité à l’insuline, stimulerait la lipolyse et diminuerait la pression artérielle. Il améliorerait également les signes de dermatite atopique.

Le jeûne dans le cadre du cancer

Le jeûne (de manière générale) est en développement dans le domaine de l’oncologie : il améliorerait l’effet des traitements contre les cellules cancéreuses, protégerait les cellules saines, réduirait les effets secondaires sous chimiothérapie, comme les nausées/vomissements chimio-induits, les diarrhées et crampes abdominales, et reconstruirait plus rapidement le système immunitaire et hématopoïétique (qui synthétise les constituants du sang).

Le jeûne dans le cadre des maladies cardiovasculaires

On a constaté une amélioration du métabolisme des lipides ; une amélioration des marqueurs inflammatoires ; une amélioration de l’hypertension artérielle ; une diminution du poids ; une amélioration des paramètres glycémiques.

D’autres régimes comme le Fast Mimicking diet peut être indiqué dans la maladie de Crohn. Il s’agit de consommer pendant 5 jours des repas déjà préparés, faibles en calorie (restriction calorique journalière), et riches en bonnes graisses.

Cependant, aucune conclusion fondée et démontrée scientifiquement n’a permis de valider ces indications médicales. Chez des patients atteints de maladie chronique, il est indispensable d’obtenir un avis médical avant de débuter un jeûne intermittent, et il doit faire l’objet d’un suivi médical approprié, dans un centre de jeûnes par exemple.

Pour qui est-il contre-indiqué ?

Le jeûne intermittent est contre-indiqué chez les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes âgées, à risque d’hypoglycémie ou avec des déséquilibres hormonaux.

Quelques conseils avant de vous lancer dans un jeûne intermittent

  • Bien s’hydrater avec minimum 2 à 2.5 litres d’eau/tisane par jour
  • Maintenir des apports en protéines adaptés (environ 1.2 g de protéines /kg/jour)
  • Consommer des graisses de qualité, notamment les graisses végétales, entre les périodes de jeûne

Si vous ne savez pas quel type de jeûne vous correspond et comment s’y prendre, il est préférable de consulter un professionnel de santé avant de commencer le jeûne.

 

Et vous, pratiquez-vous le jeûne intermittent ? Avez-vous noté une amélioration de votre santé ?

Attention, cet article est général et ne remplace en aucun cas une prescription médicale. Il ne fait pas mention des éventuels cas particuliers qui peuvent exister. Chaque patient est différent, aussi parlez-en à votre médecin !

avatar Camille Dauvergne

Auteur : Camille Dauvergne, Junior Community Manager France

Etudiante en 4ème année de pharmacie, Camille participe à la rédaction d’articles du Magazine Santé et à la mise à jour des fiches maladies et médicaments... >> En savoir plus

Commentaires

le 10/03/2020

Bonjour super votre thème. Pourquoi pas ? Il faudrait essyar. Une amie qui fait le ramadan me dit qu'elle est bien après le jeune. C'est dur les premiers jours mais après on s'y fait. Par contre n'y a t'il pas de risques de carence ? 

le 10/03/2020

Bonjour,
Vieil adepte convaincu du jeune intermittent, je le pratique périodiquement. Actuellement, j'ai commencé un 20h/24h, il y a 2 mois.
Pendant 4 heures : de 16h à 20h, je mange tranquillement, presque normalement, (noix, grains, légumineuses, légumes, fruits, viandes, poissons, œufs,...) tout en privilégiant les légumes frais (bio si possible, très peu cuits je les préfère croquants (à la chinoise), ou vapeur 8mn), crudités, fruits peu sucrés.
Depuis quelques mois je me suis mis au "zéro glucide" (ni sucre, ni pâtisseries,...), ni féculents (ni pain, ni riz, ni pommes de terre, ni patates douces,...), que des protides et des lipides, depuis quelques mois j'évite le sel et donc tous les produits salés.
Puis, de 20h au lendemain 16h je ne prends aucun aliment solide, pas la moindre collation. Juste du liquide, ni sucré ni salé. Café sans sucre le matin vers 07h.
Au début mon poids était de 67kg. Au cours des 15 premiers jours j'ai perdu 2 kg, puis au fil des jours mon poids s'est lentement stabilisé à 63kg, pour 165cm. Je fais du sport régulièrement (marche-course tous les 2 jours et entretien musculaire simple).
Ce régime me convient parfaitement, même s'il m'arrive parfois d'avoir des baisses d'énergie en cours de journée, pas de quoi me décourager, au contraire j'aime relever les défis et les expériences...
Du coup, en même temps j'ai corrigé mon hypertension, supprimé des problèmes digestifs récurrents accompagnés de problèmes de peau, voire d'Eczéma... je ne vais (quasiment) jamais chez le médecin, je ne lui en parle surtout pas, il me le reprocherait, ce dont j'ai horreur car je suis un être libre de corps et d'esprit, je me réserve le droit de manger ou de ne pas manger quand je veux, ce que je veux... et globalement je me porte bien. Voilà !

le 10/03/2020

Bonjour,

Atteint d'une sclérose en plaques, et après 6 mois de jeûne intermittent, j'ai décidé de suivre un jeûne hydrique de 21 jours! J'en suis à mon 11ème jour... Le corps résiste bien, je n'ai aucune sensation de faim. Le résultat probant sur les effets de la SEP (spasticité jambe et pied droits, qui limitent mon périmètre de marche) ne sont pas encore totalement probants... Mais je constate déjà un léger mieux au niveau de la spasticité et de la souplesse des membres cités. C'est un jeûne encadré par un naturopathe (Après avoir décliné une 2ème injection de rituximab, pour débuter le jeûne vierge de tout traitement, mon neurologue en est informé, et je le tiens au courant de l'évolution).  Bien sûr, il faut être réaliste : le jeûne n'est pas un "médicament". Ce serait une erreur de le considérer comme un traitement... Mais il participe à une amélioration de la santé de façon puissante, par son effet sur la détoxination du corps, le nettoyage cellulaires, l'élimination des toxines, pour ne citer que ces effets là (ils sont nombreux : on peut l'assimiler à un "reboot" de l'organisme ! Il me semble que s'il ne répare pas la myéline, il facilite les reconnexion neuronales (pour la myéline, encore que?... Puisque le jeûne permet la production de cellules souches, à partir de la fin de la 1ère semaine, et même à l'issue du jeûne pendant la reprise alimentaire, qui doit être très progressive : 3 jours de jus de légumes et bouillon/jour après une semaine de jeûne => donc je ferai 10 à 12 jours de reprise alimentaire avant de passer à un repas normal. Il est même conseillé de rester ensuite sur de BONNES habitudes alimentaires [ds l'idéal 1 à 2 repas/jour avec 1 jour de jeûne toutes les semaines ou 15 jours !!!])...

... MAIS.. au delà du jeûne, pendant mon séjour actuel, le naturopathe fait intervenir plusieurs personnes qui travaillent dans des domaines divers et variés : Naturopathie, soins de toutes sortes (énergétiques, massages, plantes, et outre des approches du domaine du développement personnel et de la communication, techniques comme l'EFT, le décodage biologique... ). Petite précision pour les lecteurs : il n'y a rien d'esotérique la dedans ( j'ai beau être psychologue du travail dans un domaine bien identifié qu'est l'orientation professionnelle, je n'en suis pas moins assez réaliste et cartésien pour ne prendre que ce que je pense bon pour moi).

Celà me fait donc prendre conscience qu'au delà du jeûne et de ses bienfaits, je dois chercher ailleurs : comment est arrivé le symptôme, pourquoi, à moment donné le corps a-t-il lâché. C'est un travail personnel pas forcément facile, mais auquel je vais continuer à m'atteler. L'intéressant dans la démarche de notre animateur, est qu'il propose à ses Jeûneurs une palette d'approches. A nous de prendre, puis d'adopter, AVEC DISCERNEMENT, celle-s qui nous convien-nen-t le mieux.

Voilà pour ce -long- témoignage (très actuel. Je pourrai mettre un mot après mon séjour... Bonne lecture ! 🙂

le 10/03/2020

... Petit ajout :

Le jeûne est super puissant pour "TRAITER" les problèmes d'arthrose, arthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante... Et fibromyalgie. Mais il m'a semblé comprendre que pour qu'il y ait un bienfait, il faut plus d'une semaine... C'est le corps qui, sans nourriture, choisit l'ordre dans lequel il nettoie les toxines...

Bien à vous ! Daniel 😉

le 10/03/2020

Bonjour

Peut-on pratiquer le jeune intermittent quand on est bipolaire et atteint de sep et  ayant un by pass. J'ai beaucoup de médicaments à prendre le matin....

Merci

Christine

Vous aimerez aussi

Diabète : comprendre le régime à index glycémique bas

Diabète avec surdité de transmission maternelle
Diabète de type 1
Diabète de type 2
Diabète gestationnel
Diabète insipide
Diabète insipide néphrogénique
Diabète néonatal

Diabète : comprendre le régime à index glycémique bas

Lire l'article
Ostéoporose et alimentation : nos conseils

Ostéoporose

Ostéoporose et alimentation : nos conseils

Lire l'article
Mieux s’alimenter quand on est atteint d’une hépatite

Hépatite A
Hépatite B
Hépatite C
Hépatite D
Hépatite de l'enfant
Hépatite E
Hépatite H
Hépatite médicamenteuse
Hépatites autoimmunes
Hépatites et maladies du foie
Stéatose hépatique non alcoolique et NASH

Mieux s’alimenter quand on est atteint d’une hépatite

Lire l'article
Cancer et alimentation : les conseils d’une diététicienne (2/2)

Adamantinome
Cancer
Cancer colorectal
Cancer de l'anus
Cancer de l'endomètre
Cancer de l'estomac
Cancer de l'ovaire
Cancer de la peau
Cancer de la prostate
Cancer de la thyroïde
Cancer de la vésicule biliaire
Cancer de la vessie
Cancer du col de l'utérus
Cancer du foie
Cancer du larynx
Cancer du pancréas
Cancer du poumon
Cancer du poumon à petites cellules
Cancer du rein
Cancer du sein
Cancer du testicule
Cancer endocrinien
Carcinome épidermoïde de la tête et du cou
Corticosurrénalome
Leucémie
Lymphome à cellules du manteau
Lymphome anaplasique à grandes cellules
Lymphome cutané
Lymphome de Hodgkin
Lymphome diffus à grandes cellules B
Lymphome folliculaire
Lymphome non hodgkinien
Lymphome T cutané
Macroglobulinémie de Waldenstrom
Maladie d'Ollier
Mastocytose systémique
Mésothéliome
Myélome multiple
Néoplasie endocrinienne multiple
Néphroblastome
Neuroblastome
Ostéosarcome
Phéochromocytome
Pseudomyxome péritonéal
Sarcome d'Ewing
Sarcome de Kaposi
Syndrome de Sézary
Tumeur au cerveau
Tumeur de Merkel
Tumeur gliale
Tumeur maligne de la trompe
Tumeur neuroendocrine
Tumeur neuroendocrine entéropancréatique
Tumeur osseuse rare
Tumeur péritonéale primaire
Tumeur rhabdoide
Tumeur sécrétrice de cathécolamines
Tumeur stromale gastro-intestinale
Tumeurs du coeur

Cancer et alimentation : les conseils d’une diététicienne (2/2)

Lire l'article