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L’apnée du sommeil, tout savoir !

Publié le 4 nov. 2020 • Par Doriany Samair

Qu’est-ce-que c’est l’apnée du sommeil ? Comment savoir si on fait de l’apnée du sommeil ? Quelles sont les conséquences de l’apnée du sommeil sur la santé ? Est-ce-que l’apnée du sommeil cause des ronflements ? Comment se faire diagnostiquer ? Comment guérir l’apnée du sommeil ?

On vous dit tout dans notre article !

L’apnée du sommeil, tout savoir !

Qu’est ce que l’apnée du sommeil (physiopathologie, manifestations cliniques, épidémiologie) ?

L’apnée du sommeil aussi appelée Syndrome d’Apnées-Hypopnées Obstructives du Sommeil (ou SAHOS ou SAOS) est un trouble ventilatoire qui se manifeste par des interruptions (apnées) répétées et incontrôlées de la respiration pendant le sommeil.

Ce phénomène d’obstruction des voies respiratoires est dû, la plupart du temps, au relâchement des muscles du pharynx et de la langue pendant le sommeil. On parle d’apnée quand les voies respiratoires sont totalement obstruées et d’hypopnée quand le passage de l’air est diminué à travers elles (obstruction partielle). Les vibrations produites lors du passage “réduit” de l’air (au niveau de la base de la langue et du voile du palais) sont à l’origine des ronflements nocturnes fortement associés à ce syndrome.

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Source :Ameli.fr

Lors d’un épisode d’apnée, le corps est privé d’oxygène (hypoxie) ce qui déclenche un mécanisme réflexe permettant la réouverture des voies respiratoires. Cela induit des micro-réveils inconscients chez le patient. Ces épisodes durent 10 à 30 secondes et se produisent en moyenne 5 fois par heure de sommeil (soit jusqu’à 100 fois par nuit). C’est à cause de la fréquence des ces épisodes apnéiques qu’il est difficile voire impossible d’avoir un sommeil “reposant”. C’est pourquoi les personnes atteintes d’apnée du sommeil sont souvent sujettes à une somnolence diurne et une fatigue chronique. Certains patients présentent des troubles de la mémoire ou des difficultés de concentration, des maux de tête, une baisse de la vigilance (ces personnes sont plus fréquemment victimes d’accident du travail ou de voiture), une irritabilité voire une baisse de la libido.

La plupart de ces symptômes sont réversibles grâce au traitement des apnées censé réduire la fragmentation du sommeil.

Ce syndrome touche environ 4% de la population mais son incidence augmente linéairement avec l’âge :

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L’âge, et donc le vieillissement (accompagné d’une raideur des voies aériennes) est le principal facteur de risque des apnées du sommeil. Il faut cependant interpréter ces chiffres avec prudence en raison de l’existence de cas asymptomatiques chez certains (possible sous-estimation).

On peut noter que ce syndrome est plutôt masculin : il est deux fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme.

D’autre part, le second facteur de risque de cette maladie est l’obésité. L’excès de graisse au niveau du cou chez les personnes en surpoids ou obèses les expose à plus de risques en raison de la diminution du diamètre des conduits respiratoires. Il faut néanmoins savoir que toutes les personnes obèses ne font pas d’apnée du sommeil. Il peut y avoir une prédisposition génétique et anatomique (par exemple un faible espace derrière la langue, une taille et une morphologie de la mâchoire particulières) qui rend une personne plus susceptible de faire de l’apnée du sommeil.

Comment est diagnostiquée l’apnée du sommeil ? Comment savoir si je fais de l’apnée du sommeil ?

On parle véritablement d’apnée du sommeil quand on a une interruption de la respiration de plus de 10 secondes plus de 5 fois par heure de sommeil.

Il existe de nombreux questionnaires conduisant à suspecter une apnée du sommeil mais il faut savoir que seuls les “tests du sommeil” sont recommandés et reconnus pour poser le diagnostic du SAHOS.

 En effet, il faut réaliser une polysomnographie pour analyser le sommeil, souvent dans un centre médical spécialisé. C’est un examen complet, de référence, qui enregistre toute l’activité qui émane du corps pendant le sommeil : il capte les signaux électriques, analyse le rythme de ces signaux pour décrire les différentes phases de sommeil.

Il nécessite une série d’examens comme un électroencéphalogramme(enregistre l'activité cérébrale), un électromyogramme(témoigne de l'activité musculaire), un électro-oculogramme (reflète les mouvements des yeux), un électrocardiogramme(enregistre l’activité cardiaque).

De plus, il peut être demandé de faire une polygraphie ventilatoire nocturne, qui consiste à enregistrer la respiration (pendant au moins six heures de sommeil) le plus souvent à domicile, à l’aide :

  • d’un capteur nasal, qui mesure les variations de pression dans les voies supérieures aériennes, 
  • de ceintures abdominales et thoraciques qui suivent les mouvements respiratoires, 
  • d’un capteur de son pour analyser les ronflements,
  • d’une pulsoxymétrie qui consiste à placer un oxymètre au bout du doigt pour mesurer l'oxygénation du sang.

Pour statuer de la gravité de la maladie, on mesure notamment le nombre d’apnées/hypopnées par heure de sommeil : appelé indice d’apnées/hypopnées (IAH).

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Quels sont les risques sur la santé ? Quelles sont les complications de ce syndrome ?

Le syndrome d’apnées du sommeil ne menace pas directement le pronostic vital, il faut savoir qu’il expose les malades à des complications cardiovasculaires et cérébro-vasculaires (hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque, athérosclérose, ischémie cardiaque, insuffisance cardiaque), voire à un diabète de type 2 ou à un syndrome métabolique (obésité abdominale associée à des troubles du métabolisme). Ce type d’affections augmentent le risque cardiovasculaire global d’un patient, c’est à dire le risque pour cet individu de succomber d’une pathologie cardiaque sur une période de 10 ans. 

En effet, les épisodes d’apnées (ou d'hypopnées) privant (ou réduisant) momentanément l’organisme d’un apport normal en oxygène ont des conséquences délétères. Plusieurs fois par heure de sommeil, afin de vaincre ces épisodes d’hypoxie (manque d’oxygène), l’organisme met en place des réflexes en stimulant excessivement le système nerveux sympathique (qui contrôle la fréquence cardiaque, la force de contraction du myocarde ou muscle cardiaque) qui va libérer des facteurs influençant les paramètres métaboliques et cardiaques (comme le cortisol libéré en cas de stress ou les catécholamines par exemple l’adrénaline). Machinalement, en état d’hypoxie, l’organisme va compenser en augmentant le travail cardiaque et la pression artérielle, il se dit “si il n’y a plus d’oxygène c’est que le cœur ne pompe pas assez de sang (transporteur d’oxygène vers les organes)”. De plus, l’exposition accrue des cellules des parois vasculaires à un stress oxydatif et à une inflammation favorise et accélère le phénomène d’athérosclérose (dépôt de graisse sur les parois des vaisseaux sanguins) conduisant à la plupart des maladies coronariennes.

Comment guérir de l’apnée du sommeil (hygiène de vie, traitements et conseils…) ?

En premier lieu, l’attention est portée sur des mesures hygiéno-diététiques : on préconise des horaires de sommeil réguliers, le sevrage tabagique, l’éviction d’alcool ou de somnifères (drogues et anxiolytiques compris) pour favoriser l’endormissement naturel et la surveillance de son poids (alimentation équilibrée).

Des astuces ont pu être mises en évidence pour augmenter le confort de la nuit, notamment éviter la position dorsale qui favorise les ronflements. Dormir sur le côté réduirait le nombre d’épisodes obstructifs par nuit.

Les appareils dentaires appelés orthèses d’avancée mandibulaire sont indiqués dans l’apnée légère ou modérée (IAH entre 15 et 30) sans symptômes lourds : il s’agit de pousser la mâchoire inférieure vers l’avant (en augmentant l’espace entre la base de la langue et le pharynx) et de retenir la langue dans une position antérieure, ce qui facilite le passage de l’air. Ce sont des dispositifs sur-mesure devant être portés toutes les nuits. Ils sont parfois utilisés en cas d’échec ou d’intolérance de la ventilation par pression positive continue.

La prise en charge et le remboursement (effectif au bout de 2 ans pour un renouvellement) de ce type d’appareils sont conditionnés par l’efficacité (diminution de l’IAH d’au moins 50%) et le bon suivi de la prescription.

La ventilation nocturne est indiquée en cas d’apnée sévère (IAH >30) ou modérée si les symptômes sont lourds (maladie cardiovasculaire sous-jacente). Elle utilise des appareils à pression positive continue (dits APPC) : il s’agit d’envoyer de l’air (légèrement en surpression) via un masque facial dans les voies respiratoires pour maintenir les voies aériennes ouvertes durant le sommeil. Ce type d’installation est contraignante mais offre de très bons résultats. Il existe différents types de masques (narinaires, couvrant le nez et/ou la bouche), d’appareils et d’accessoires afin d’aider les patients à trouver le modèle le plus confortable.

La prescription doit être renouvelée chaque année. La prise en charge et le remboursement par l’Assurance Maladie sont conditionnés par un usage minimum de 3 heures par nuit (sur 24 heures) avec une constatation évidente de l’efficacité de ce traitement.

On peut noter que les deux traitements ont une efficacité comparable. En effet, malgré des résultats plus évidents pour les APPC, les patients portant un appareil dentaire nocturne ont tendance à le garder plus longtemps, ce qui fait que l’efficacité globale est relativement similaire.

En dernier recours, et en cas d’échec des autres traitements de l’apnée du sommeil, on peut recourir à la chirurgie. En revanche, on réserve cette option à des patients ayant des anomalies anatomiques de la sphère ORL et maxillo faciale.

L’apnée du sommeil expose les malades à des risques cardiovasculaires importants d’où l’enjeu de diagnostiquer cette pathologie chronique. 

Les objets connectés semblent aider l’utilisateur à prendre conscience de l’importance de l’hygiène du sommeil et de sa santé.

On peut citer les montres connectées Fitbit, l'Apple Watch, la montre Polar Sleep + qui génèrent des données à partir de vos activités physiques et de votre sommeil ou la montre française “Withings Scanwatch”, véritable outil de surveillance médicale (ayant reçue la validation médicale CE) car elle est capable d’enregistrer un ECG (électrocardiogramme). 

Même s’ilsne se substituent pas à un véritable diagnostic médical de l’apnée du sommeil, on espère que ce type de dispositifs connectés aideront les utilisateurs à être attentifs aux premiers signes de la maladie.


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Auteur : Doriany Samair, Assistant Marketing Digital

Au sein de l'équipe Marketing Digital, Doriany est en charge de la rédaction de fiches maladies et d'articles scientifiques. Elle s'occupe également de la modération et l'animation de la communauté sur le forum, afin... >> En savoir plus

11 commentaires


aquarella
le 04/11/2020

très intéressant mais ça répond pas à ma question, est ce que chanter peut remuscler la gorge ?


pomme123
le 04/11/2020

bonjour, apnée du sommeil depuis 14 ans appareillée, j'ai eu du mal à le supporter pendant un an ,il a fallu adapter le bon narinaire depuis ça va, l'article est  bien fait merci


le 05/11/2020

bonjour,

j'ai fait les tests durant 3 jours en milieu hospitalier il y a 3 ans, résultat je dois porter le masque ou la lunette, mais j'ai refusé.

cela fait des décennies que je suis insomniaque, je vis avec.

bonne journée


PierreD
le 05/11/2020

Bonsoir, très bon article.Appareillé avec une PPC depuis février je commence juste a m'y habituer mais je me réveil encore fatigué.... sinon ma tension a nettement baissé c'est déjà pas mal.


CATCAT5
le 05/11/2020

Bonjour,

Impossible de supporter le masque. L'orthèse mandibulaire m'a décalé les dents. Mais je l'a garde. Depuis 8 ans je prenais des médicaments pour la tension.  Ma tension de 19 est descendue à 11 et même plus basse. Maintenant je ne prends plus de médicaments

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