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Médicaments : la pénurie en partie due à la pratique du "contingentement"

1 sept. 2015 • 7 commentaires

Médicaments : la pénurie en partie due à la pratique du
Une part des ruptures de stock de médicaments serait liée à une pratique qui a cours dans l’industrie pharmaceutique : le contingentement.

Le problème n’est pas nouveau : en France, des pénuries de médicaments se déclarent ça et là. Bien souvent – et de plus en plus –, des pharmacies ne parviennent pas à délivrer certains médicaments à leurs patients, faute de stocks. Le quotidien Le Parisien revient ce matin sur ce phénomène, qui, bien que maîtrisé, n’en est pas moins alarmant.

Car ces tensions d’approvisionnement ont des causes multiples, dont certaines sont évitables. Elles révèlent toute la difficulté qu’il y a à concilier les impératifs de santé publique et ceux de l’industrie pharmaceutique, fondés sur une économie de marché.

Éviter les distorsions concurrentielles

En effet, outre le manque de matières premières, l’augmentation de la demande ou encore les incidents survenus dans les chaînes de production et de distribution, les ruptures de stock trouvent leur cause dans un procédé employé dans le secteur pharmaceutique : le contingentement des médicaments.

Cette pratique, instaurée dans les années 1990 par les laboratoires pharmaceutiques, consiste à limiter les stocks vendus aux grossistes-répartiteurs, qui distribuent les médicaments aux officines. L’objectif : empêcher que ces grossistes ne revendent le surplus de marchandise à l’étranger, où ils pourraient se faire des marges et concurrencer les laboratoires.

Une forme d’omerta entoure ces quotas, selon les grossistes qui les attaquent régulièrement devant les tribunaux et dénoncent l’opacité qui régit ces restrictions. Plusieurs centaines de médicaments – entre 500 et 600, selon Le Parisien – seraient concernés par cette pratique.
 
Médicaments d’intérêt thérapeutique majeur

Selon l’Ordre des Pharmaciens, les traitements pour les pathologies du système respiratoire, digestif et cardiovasculaire, ainsi que les antibiotiques, sont les plus concernés par les pénuries, toutes causes confondues. Selon un calcul mené auprès de 2 700 officines, il y aurait eu 347 déclarations en mai 2015, dont 35 concernant des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MTIM).

Difficile, pour autant, de quantifier la part imputable au contingentement imposé par les laboratoires. Il y a fort à parier que les médicaments les plus vendus en officine sont aussi ceux qui subissent ces quotas. Ainsi, une décision du Conseil de la Concurrence rendue en 2007 suite à une plainte de la Chambre syndicale de répartition pharmaceutique, met en lumière cette pratique au sein du laboratoire Pfizer. Le système de contingentement y a été instauré à partir de janvier 2001 « pour un médicament, puis pour 6 médicaments, qui représentent ensemble, en 2003, 53 % de ses ventes totales en officine », précise le compte-rendu.

Ceci étant, selon l’ANSM, les difficultés de production seraient à l'origine de la majorité des ruptures qui affectent le territoire national. Le projet de loi santé prévoit de pallier, en partie, ces pénuries en instaurant une liste des MTIM, qui devront faire l’objet d'un plan de gestion des pénuries de la part des industriels.

Pourquoidocteur.fr

Commentaires

le 01/09/2015

@JulienP,il est vrai que regulierement,qd il manque des produits,les grossistes nous marquent "rupture selon quotas"!!et qd on tel au laboratoire,ils nous le confirment bien,en nous disant qu il y a une liste d attente et pas de listes "d urgences"!!!

le 01/09/2015

Bonjour,

En fait, quel que soit le niveau (du fabriquant au détaillant), quelle que soit le domaine (industrie textile ou pharmaceutique), on ne veut plus faire de stock. Pas question de laisser dormir l'argent !

Francine

le 02/09/2015

 L’objectif : empêcher que ces grossistes ne revendent le surplus de marchandise à l’étranger, où ils pourraient se faire des marges et concurrencer les laboratoires.
Voilà ce que je lis dans le texte... Une simple mention "réservé à la commercialisation en France" par exemple devrait suffire à éviter toute dérive non ? Et permettre, éventuellement des contrôles...
Je pense que le raisonnement de @pseudo-masqué est probablement plus proche de la vérité. Faire des stocks et les gérer a un coût dont les laboratoires préfèrent s'affranchir... 
On doit avoir, là encore, de la part des grandes firmes pharmaceutiques, un raisonnement à court terme qui ne prend absolument pas en compte l'intérêt des patients.

le 02/09/2015

@pseudo-masqué Bonjour,

Parce que tu t'étais imaginé que les firmes pharmaceutique se souciaient de notre intérêt !

Les enquêtes et les recherches ne sont faites que dans le but de gagner de l'argent. Si les maladies orphelines n'ont pas de traitement, c'est plus parce qu'il y aurait peut d'acheteurs pour les médicament que par difficulté à les trouver.

Je pense que tu as entendu parler du principe de flux tendu, pas de stock. Pour que ça marche, il ne faut pas la moindre défaillance dans la gestion et quand on dépend de pays plus ou moins stables pour l'approvisionnement, ça coince souvent.

Il y a encore 20 ou 30 ans, le patron, c'était le client. Maintenant, le patron, c'est l'actionnaire.

Francine

le 03/09/2015

@pseudo-masqué , tu me connais, je suis extrêmement naïve et bisounours ! 

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