anonymous avatar • Animatrice de communauté
Posté le 13/09/2017 à 10:55
Bon conseiller

Afin de lutter plus efficacement contre un cancer cérébral, des chercheurs américains proposent une approche originale : utiliser le virus Zika !

Moustique Plante

Sur le papier, cela a tout d'une mauvaise idée : se servir du vecteur d'une maladie terrifiante pour en soigner une autre. En l'occurence, utiliser les caractéristiques du virus Zika pour lutter contre une forme très agressive et mortelle d'un cancer du cerveau: le glioblastome. C'est pourtant la piste de recherche envisagée par une équipe américaine et publiée dans le Journal of Experimental Medicine. Le but : cibler spécifiquement des cellules souches tumorales difficiles à éradiquer par les méthodes classiques de chimio ou de radiothérapie à l'aide du virus Zika qui, lui, les affectionne. Car, c'est l'une des caractéristiques de ce Flavivirus véhiculé par les moustiques et responsable de plusieurs épidémies depuis 2007 en Asie et sur le continent américain : son appétence pour les cellules progénitrices neurales parce qu'il se trouve stimulé par une protéine spécifique fabriquée par ces cellules. De plus, à l'abri du système immunitaire dans ces cellules nerveuses, le virus peut aisément proliférer et se propager.

On perçoit le risque d’une telle approche expérimentale : que le virus zika ne puisse faire la différence entre les cellules progénitrices cancéreuses et celles qui sont saines et attaquer tous azimuts avec les conséquences désastreuses que l’on connait. En effet, ce virus, et notamment au Brésil qui répertorie déjà plus d’1,5 million de cas, cause des dommages irréversibles dans le cerveau de fœtus en donnant naissance à des enfants avec un crâne réduit (microcéphalie).

Eliminer les cellules souches malignes

Mais, c’est justement l’espoir des chercheurs : en effet, un cerveau adulte, à l’inverse d’un organe en pleine croissance, compte très peu de cellules souches progénitrices. Les seules qu’ils hébergent seront celles à l’origine d’une tumeur comme le glioblastome. Injecter un virus Zika atténué dans des cerveaux adultes souffrants de glioblastome permettrait en théorie d’éliminer ces cellules souches malignes plus radicalement qu’avec les méthodes traditionnelles. Cancer cérébral le plus fréquent puisqu’on le retrouve dans 15% des cas, le glioblastome peut s’observer à tous les âges de la vie y compris à l’adolescence. Toutefois, sa fréquence augmente avec l’âge et il touche essentiellement les personnes entre 45 et 70 ans. Trois mille nouveaux cas sont diagnostiqués tous les ans en France avec seulement 3% des malades qui survivent plus de quatre ans. La survie moyenne est plutôt estimée entre neuf et quinze mois. De l’avis des spécialistes, c’est le cancer cérébral le plus délicat à traiter notamment parce qu’il a une fâcheuse tendance à récidiver très vite à cause de la présence de ces cellules progénitrices tumorales. 

Pour le moment, le travail a été mené sur la souris et est encourageant. Comme le souligne Milan Chheda, de l’école de médecine de l’université de Washington (Etats-Unis) l’un des auteurs : “D’ici un an et demi à deux ans, nous pourrons tester cette approche chez l’homme. Et probablement sur d’autres types de cancers qui possèdent également des cellules souches.“ Et le chercheur de préciser que ce n’est pas la première fois qu’on envisage d’utiliser un virus pour contrer le cancer. “Au milieu des années 1900, les chercheurs ont déjà tenté de traiter le lymphome de Hodgkin au moyen du virus de l’hépatite B. Un demi-siècle plus tard, c’est le virus du Nil qui était testé.“ Comme quoi, l’approche virale pour lutter contre les tumeurs n’est pas si hérétique que cela...

Source : Sciences et Avenir

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