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« Je me suis dit que ce n’était qu’un passage » : mon parcours face au lymphome

Publié le 17 juin 2026 • Par Candice Salomé

Une boule inhabituelle au fond de la bouche, qui ne disparaît pas malgré les antibiotiques. Puis un diagnostic : lymphome non hodgkinien.

Dans ce témoignage, EL Aïd JEDLY raconte son parcours face au cancer, de l’annonce de la maladie aux traitements par chimiothérapie R-CHOP, en passant par les effets secondaires, les examens PET scan et les périodes de suivi médical. Il partage également l’importance de l’acceptation, du soutien de ses proches, de sa foi et de l’espoir dans cette épreuve.

« Je me suis dit que ce n’était qu’un passage » : mon parcours face au lymphome

Bonjour, vous avez accepté de témoigner pour Carenity et nous vous en remercions.  

Tout d’abord, pourriez-vous commencer par vous présenter ? 

Je suis EL Aïd JEDLY, né en janvier 1969 (57 ans). J’ai travaillé comme ingénieur pendant 24 ans dans l’industrie, dans un environnement marqué par la présence de nombreux produits chimiques, notamment des résines, peintures et colles néoprène.

Aujourd’hui, je suis prêt à participer volontairement à toute « guerre » contre les pesticides et les dérivés chimiques, que je considère comme des sources de maladies cancéreuses.

Pouvez-vous revenir sur le moment où vous avez reçu le diagnostic ? Qu’avez-vous ressenti face à cette annonce ?

Après une simple grippe virale, une boule jaunâtre est apparue au fond de ma bouche. Malgré un traitement antibiotique, cette boule était toujours présente et son volume continuait de grandir, mais sans douleur.

Personnellement, j’ai rapidement envisagé une forte probabilité de tumeur. Mon raisonnement était le suivant : une chose étrange qui ne disparaît pas avec les médicaments et qui ne génère aucune douleur pouvait correspondre à une malformation des cellules. C’est ainsi que j’ai analysé la situation.

Après les analyses, le diagnostic de lymphome non hodgkinien a été confirmé.

J’étais préparé, en tant que musulman croyant que tout ce qui nous affecte de mal est une épreuve envoyée par Dieu pour tester notre patience. Après la confirmation du lymphome, j’ai fait des recherches pour mieux comprendre ce type de cancer et les traitements possibles.

Réellement, je pense que le plus important a été mon degré d’acceptation de la maladie ainsi que la patience que j’avais.

Quelles ont été vos premières inquiétudes ou questions concernant l’avenir après ce diagnostic ?

Franchement, je n’avais qu’un seul souci : ma femme, qui était extrêmement démoralisée par la situation. Cela m’a obligé à ne montrer aucun signe de faiblesse.

À cette occasion, je tiens à saluer très chaleureusement ma femme, mon seul et unique amour éternel.

Comment votre famille et vos proches ont-ils réagi à la nouvelle de votre lymphome ?

Je n’ai informé personne avant le début du traitement par R-CHOP. Ma stratégie était d’annoncer moi-même la nouvelle aux membres de ma famille, en face à face, afin qu’ils puissent voir que j’allais bien et que je suivais simplement un traitement. Mon objectif était aussi de les rassurer et de les calmer.

Peut-être que cette manière d’« éliminer les signes négatifs de l’entourage » a été un facteur positif pour moi tout au long du traitement.

Pouvez-vous nous parler du protocole de chimiothérapie R-CHOP que vous avez suivi et de ce que chaque étape représentait pour vous ?

Mon traitement s’est déroulé en deux phases de quatre cures chacune.

Après la quatrième cure, un PET scan a montré une évolution positive du traitement. Puis, après la huitième séance, un nouveau PET scan a confirmé la guérison, marquant ainsi la fin de la chimiothérapie.

J’ai ensuite été soumis à des contrôles périodiques tous les trois mois, puis, dans une deuxième phase, à un suivi semestriel.

Quels ont été les défis physiques et émotionnels les plus difficiles à traverser pendant vos traitements ?

Les moments les plus difficiles ont été les jours de traitement, et plus précisément l’après-traitement, avec les effets de la chimiothérapie : le relâchement, l’absence de goût, les vomissements

Quelles stratégies ou ressources vous ont aidé à tenir face à la fatigue, aux effets secondaires et au stress liés à la maladie ?

La clé, pour moi, était la croyance qu’il s’agissait d’un passage et que tout finirait par aller bien. Je me disais donc que je devais tenir.

Ensuite, il y avait aussi le régime alimentaire. J’ai principalement constaté que les poissons et la salade verte étaient les aliments les plus acceptables pour moi.

Vous mentionnez l’importance de la patience et de votre foi. Comment votre spiritualité a-t-elle influencé votre quotidien pendant cette période ?

En tant que musulman, je crois profondément aux épreuves imposées par Dieu : « {أَحَسِبَ النَّاسُ أَنْ يُتْرَكُوا أَنْ يَقُولُوا آَمَنَّا وَهُمْ لَا يُفْتَنُونَ} », comme il est écrit dans notre Saint Coran.

Cette croyance agit pour moi comme un véritable « condensateur » : elle m’aide à ne pas me laisser submerger par des problèmes dont les causes sont indépendantes de nous.

Quels enseignements ou prises de conscience personnelles tirez-vous de cette expérience ?

Cette expérience m’a profondément reconstruit.

D’ailleurs, j’avais un projet de ferme agricole qui était encore en phase d’étude. Après cette épreuve, j’ai décidé de l’orienter vers un projet agroécologique, et non vers une agriculture conventionnelle.

Je me suis également engagé dans la vie associative à travers la création de clubs étudiants, que j’oriente vers la « Genentech » et l’agroécologie.

Depuis, je ne cesse de parler partout des risques liés aux produits chimiques.

Aujourd’hui que vous êtes en rémission, comment décririez-vous votre relation avec la médecine, vos soignants et vos proches ?

Pendant mon parcours de traitement, cette « phase noire », j’ai pu découvrir les « bougies » qui ont éclairé cette période, à savoir le staff médical et les médecins traitants, qui travaillent parfois dans des conditions peu favorables.

À cette occasion, je suis très reconnaissant envers Docteur Mme SYRINE et toute son équipe du service d’hématologie de l’hôpital Hôpital Farhat Hached.

Pour un patient, les ondes positives générées par l’entourage familial et médical représentent un facteur extrêmement important pour surmonter sa souffrance.

Quel message d’espoir ou de soutien aimeriez-vous transmettre à d’autres personnes qui traversent un lymphome ou une maladie grave similaire ?

Un simple message : sachez que vous êtes dans la vie, et qu’il est donc très probable que vous traversiez des accidents de parcours, des moments de souffrance ou des épreuves.

Dans ces moments-là, gardez toujours à l’esprit qu’il ne s’agit que d’un passage, et essayez de regarder positivement la phase qui viendra après.

Ne cédez pas. Restez debout, avec de l’espoir.

Un dernier mot ?

Merci à vous de me fournir cet espace de partage d’expérience. J’espère sincèrement que mon témoignage pourra aider d’autres personnes.

Le message que je souhaite transmettre est le suivant : la souffrance dans la vie ne doit jamais freiner notre espoir de vivre.


Un grand merci à EL Aïd JEDLY pour son témoignage !

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Prenez soin de vous !

avatar Candice Salomé

Auteur : Candice Salomé, Rédactrice Santé

Créatrice de contenus chez Carenity, Candice est spécialisée dans la rédaction d’articles santé. Elle a une appétence particulière pour les domaines de la psychologie, du bien-être et du sport.

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