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Cancer du sein : “Exposer mon parcours sur les réseaux sociaux m’a donné une force incroyable pour affronter la maladie !”

Publié le 22 oct. 2020 • Par Candice Salomé

Mélanie, auteure du blog Les Karnets de Mel et atteinte du cancer du sein, a accepté de témoigner pour Carenity. Au travers de son témoignage, elle nous dévoile son parcours face à la maladie. Elle l’a d’abord craint puis a très vite rebondi afin de devenir actrice de son cancer.

Cancer du sein : “Exposer mon parcours sur les réseaux sociaux m’a donné une force incroyable pour affronter la maladie !”

Bonjour Mélanie, vous êtes atteinte d’un cancer du sein et avez accepté de témoigner pour Carenity. Nous vous en remercions. Vous tenez un blog “Les Karnets de Mel” où vous écrivez sur votre quotidien face à la maladie selon 3 thématiques : “Rester féminine”, “Du temps pour moi” et “Gestion de la maladie”.

Tout d’abord, pourriez-vous nous en dire plus sur vous (qui vous êtes, ce que vous aimez faire dans la vie, votre profession, vie de famille…) ?

Je suis Mélanie, 41 ans, je suis mariée et j’ai 2 filles de 7 et 10 ans. Suite à un burnout en 2017, après près de 15 ans dans une banque, j’ai quitté mon poste de responsable rémunérations et j’ai repris des études de décoration d’intérieur en septembre 2018.

Je suis passionnée par le beau et l’esthétique. J’aime la mode, la décoration, l’art, la nature, les voyages. J’adore créer et embellir.

Cela m’a beaucoup aidé tout au long de mon parcours de soin, ainsi que le sport et les médecines douces.

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Qu’est-ce qui vous a poussé à consulter pour votre cancer du sein ? Quels ont été les premiers symptômes ressentis ? Et qu’avez-vous ressenti à l’annonce du diagnostic ?

Fraîchement diplômée en mars 2019, j’étais sur le point de créer mon entreprise lorsque j’ai découvert par hasard, en prenant ma douche, une boule dans mon sein gauche. L’univers s’est alors écroulé sous mes pieds, car j’ai vite compris que ma vie allait basculer. Les examens médicaux (mammographie, échographie, IRM et biopsie) se sont vite enchaînés, ne faisant que confirmer mes craintes.

Après une attente de 10 jours qui m’a semblé interminable, ma gynécologue m’envoie un simple mail : «Chère Mélanie, je reçois ce jour les résultats de ta biopsie qui montre la présence de cellules irrégulières. Une intervention est nécessaire. As-tu choisi un chirurgien ?» Pas un appel, pas une explication.

Une fois les résultats de la biopsie entre les mains, je découvre le jargon «carcinome infiltrant» et je découvre seule que j’ai un cancer, affectée par le manque d’explication et d’accompagnement. Je prends alors rendez-vous à l’institut Curie, où je prends une 2e gifle : le traitement nécessite 5 mois de chimiothérapie, une mastectomie totale, de la radiothérapie et des injections d’Herceptin pendant presque 1 an.

La colère, la tristesse et la culpabilité m’envahissent. Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? L’année de mes 40 ans, l’année de ma création d’entreprise, de mes 10 ans de mariage !

Quel impact l’annonce du cancer du sein a eu sur votre vie professionnelle et personnelle ? Quel était votre état d’esprit à ce moment-là ?

Un tsunami, un énorme coup de frein, une 2e fois… Burnout, cancer du sein, au moment où je changeais mon orientation professionnelle. J’étais dans un entre deux : je n’étais plus salariée, et pas encore entrepreneure… Créer mon entreprise, décorer des maisons, c’était devenu impossible face à ce qui m’attendait.

L’annonce a été l’aspect le plus compliqué psychologiquement pour moi. J’ai eu 2 mois de sidération totale entre la découverte de cette boule et le début des traitements.

L’annonce à l’entourage, à mes 2 filles de 5 et 9 ans à l’époque, a été une étape très éprouvante sur le plan émotionnel, j’ai ressenti beaucoup de culpabilité et la peur de les laisser. Mais j’ai eu la chance de recevoir énormément de soutien et de bienveillance. Se sentir soutenue, épaulée donne une force incroyable. Et les enfants ont ce pouvoir de dédramatiser les événements.

Comment avez-vous réussi à rebondir ? A reprendre confiance en vous et en l’avenir ?

J’ai mis du temps à accepter que j’étais malade. Car je ne sentais rien dans mon corps, aucune douleur. Je me remettais doucement de mon burnout. J’avais repris le sport et changé mon alimentation. J’étais en forme. Puis les traitements m’ont rendu malade et m’ont fait prendre conscience de la maladie. Et j’ai entamé un travail sur les messages que mon corps m’envoyait. Burnout, cancer, ce n’est pas anodin et j’ai négligé beaucoup d’alertes.

J’ai continué le sport et une alimentation équilibrée. J’ai visualisé l’efficacité des traitements, je mettais mon corps et mon mental au défi, je me suis découverte des ressources au-delà de mes peurs, cela m’a donné confiance en moi.

Et j’ai tenu à rester féminine : j’ai accessoirisé mes tenues, ma tête avec frange et turban, je me suis maquillée. Ma féminité réinventée a été ma principale arme dans l’estime de moi. Je me suis parfois surprise à me trouver plus jolie qu’avant. Certainement parce que j’osais enfin exprimer ma créativité et ma personnalité. Et je ne voulais pas de pitié, je voulais être actrice, avoir un temps d’avance sur la maladie.

Sur votre blog, vous dites avoir reçu beaucoup de conseils et astuces pour faire face aux effets secondaires des traitements, par qui étiez-vous entourée à ce moment-là ? Était-ce l’équipe médicale ? Ou avez-vous rejoint des groupes de parole ? Des associations ?

C’est au moment d’aller choisir ma perruque et mes turbans, juste avant la pose de mon cathéter, alors que j’étais terrifiée par tout ce qui m’attendait, que mes 1eres appréhensions se sont envolées. J’ai reçu pleins de conseils et astuces pour faire face aux effets secondaires d’ordre esthétique et je me suis sentie armée et prête à affronter, voir à accepter l’inacceptable.

L’équipe médicale évoque aussi les autres effets secondaires, un peu froidement, avec une liste d’effets possibles et quelques ordonnances de médicaments pour y remédier. Nous sommes toutes différentes face à eux. Certaines les accumulent, d’autres y échappent. J’avais une valisette de médicaments au cas où.

Lors de mon parcours de soin, l’infirmière, avant le début des traitements, m’a informé sur la meilleure façon de se faire accompagner par les associations autour de l’hôpital et dans ma région. Et puis j’ai assisté aux journées portes ouvertes de l’AFSOS (Association Française des Soins Oncologiques de Support) au sein de l’hôpital.

J’ai la chance de vivre en région parisienne et d’avoir des associations proches de chez moi qui proposent diverses activités : socio-esthétique, yoga, sophrologie, automassages, nutrition, art thérapie… entre autres.

Ces soins de support et ces associations sont essentiels dans mon parcours. Cela m’aide énormément à gérer le stress, ma féminité, ma condition physique et à faire de très belles rencontres humaines qui auraient été tout simplement impossibles avant.

Vous avez décidé de vous raser la tête avant même de perdre vos cheveux, qu’est-ce qui vous a motivé dans ce choix ? Qu’avez-vous ressenti ensuite ?

J’ai choisi de raser mes cheveux 15 jours après ma 1ere injection de chimiothérapie. Je ne voulais pas voir mes cheveux tomber dans la baignoire ou sur l’oreiller alors j’ai pris les choses en main. Et paradoxalement, je me suis sentie fière, forte et courageuse, presque pour la première fois de ma vie.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer votre blog “Les Karnets de Mel” ? Est-ce que cela vous fait du bien d’écrire et de partager vos astuces beauté et bien-être ainsi que votre gestion de la maladie à d’autres personnes atteintes du cancer du sein ?

J’ai choisi très vite d’exposer mon parcours sur les réseaux sociaux. Cela me permettait d’écrire mes ressentis quotidiens, d’avoir un carnet de bord, de rester en contact avec mes proches. Je me suis vite sentie soutenue, épaulée, parfois remerciée par une communauté de femmes vivant les mêmes épreuves et cela m’a donné une force incroyable.

J’avais énormément de questions sur mes activités, sur ma manière de gérer mon parcours alors j’ai décidé de les diriger vers mes articles de blog, plus complets que mes posts quotidiens.

Quelle est votre routine beauté au quotidien ? Qu’avez-vous modifié depuis le diagnostic et l’annonce du cancer ? Quels sont les astuces que vous aimeriez partager avec les membres également atteintes ?

Pendant les traitements, la peau s'assèche, devient sensible et parfois l'acné s'installe. Il est alors nécessaire de changer sa routine de soin. J’ai changé presque tous mes produits de soin, mon maquillage. J’ai appris à bien me maquiller, les yeux et les sourcils surtout.

Le mot d’ordre est hydratation via les soins, l’alimentation et les boissons.

Le bien-être est l’un des piliers pour vous dans la gestion de la maladie, qu’est-ce que cela vous apporte ? Que conseillez-vous aux femmes atteintes de cancer du sein pour continuer à sentir belle et féminine ?

Se sentir belle et féminine va au-delà des cheveux et des seins, qui sont 2 symboles forts de féminité. Faire sans m’a permis de réinventer ma féminité et l’assumer beaucoup plus : mon look, mes turbans, les couleurs. C’est quelque chose que je n’assumais pas du tout avant.

Apprendre à me connaître, à travailler sur mes émotions, à écouter mes ressentis, à introduire la notion de joie et de plaisir dans tout ce que je fais, à me faire du bien, tempérer mon hyperactivité au profit de mon intériorité, m’a énormément aidé dans l’estime de soi.

On ne guérit pas le corps sans guérir l’âme et l’esprit. Les soins de support et une approche holistique de la maladie sont pour moi des enjeux de demain. Ne soignons pas que les symptômes. Soignons notre équilibre, notre être dans sa globalité.

Où puisez-vous votre énergie pour mener de front l’écriture de votre blog, votre vie familiale, le cancer du sein mais aussi votre entreprise “Aime ton intérieur” ?

Mon entreprise est actuellement entre parenthèses. Je me fais coacher pour redéfinir mon projet professionnel. Mais son nom « Aime ton intérieur » résonne encore fort en moi. Il y avait déjà cette notion de bien-être, de bienveillance et d’amour.

Concernant mon énergie pour le reste, j’ai instauré une hygiène de vie autour du sport et une alimentation végétale.

La reconstruction physique et psychologique reste mon objectif de chaque jour, à travers mes activités, mes soins et ma famille.

Mais j’ai encore beaucoup de moments de fatigue. Dans ces moments-là, je suis à mon écoute, je ralentis, je recharge mes batteries.

Êtes-vous soutenue par vos proches ? Pouvez-vous échanger sur la maladie avec eux ? Comment ont-ils réagi à l’annonce du diagnostic ?

L'annonce de sa maladie : une épreuve dans l'épreuve.

Je me souviens du sentiment de culpabilité qui m'a envahie : je vais faire souffrir mes parents, les rendre tristes. Mon mari ne mérite pas cela, comment va t'il trouver la force de rester et de m'épauler. Mes enfants ? Ah quelle douleur! comment leur annoncer et leur expliquer que les traitements vont me faire perdre mes cheveux, vont me fatiguer et me rendre malade. Comment leur dire que cette maladie est potentiellement grave, que des femmes en meurent ? Parce que la peur de ne pas voir grandir ses enfants est réelle, nous envahit.

Mon mari et mes parents ont été très présents dès la découverte de la boule dans mon sein. Ma maman m'a accompagné aux examens, mon mari aux rendez-vous d'annonce. Nous avons vécu ensemble les différentes étapes et nous avons beaucoup discuté sur la façon dont on allait gérer la situation au quotidien, sur mon accompagnement durant les soins. 

L’après-traitement est plus compliqué. Notre vulnérabilité ne se voit plus physiquement mais elle est bien là, sur le plan physique et psychologique. Tout le monde veut nous voir avancer et reprendre notre vie d’avant comme si de rien n’était. Mais plus rien n’est comme avant !

Enfin, qu’aimeriez-vous dire aux membres Carenity atteintes du cancer du sein ?

Ma devise : ne pas subir. Être actrice de sa guérison.

J’ai pris la responsabilité de mon bonheur, j’ai décidé de vivre dans l’instant présent, et de suivre beaucoup plus mon intuition et mon cœur plutôt que mon mental.

Vous êtes votre priorité, investissez sur vous et aimez-vous.

Et venez découvrir toutes mes astuces sur mon blog : www.leskarnetsdemel.com

 

Un grand merci à Mélanie pour avoir accepté de témoigner pour Carenity.

Et vous, quelle attitude adoptez-vous face à la maladie ?

N'hésitez pas à en parler dans les commentaires, nous sommes là pour nous soutenir !

Si vous aussi, vous désirez témoigner, cliquez juste ici !

Bon courage à tous, prenez soin de vous !

avatar Candice Salomé

Auteur : Candice Salomé, Community Manager France

Candice Salomé est Community Manager France chez Carenity. Elle participe également à la rédaction d’articles du Magazine Santé. Responsable de l’engagement des membres... >> En savoir plus

2 commentaires


Hookette
le 23/10/2020

 Bonjour Très beau témoignage 


Maina3
le 05/11/2020
Bonjour, merci pour ce beau témoignage, cela me donne du courage... Et que sûrement, à mon rythme, comme toutes les épreuves difficiles que j'ai traversées dans ma vie... Je vais avancer et rebondir.... Un gran d merci ça fait du bien de lire autant de positivité dans des moments terribles... Encore merci 💕

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