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Fibromyalgie et problèmes génito-urinaires : tout comprendre !

Publié le 24 août 2021 • Par Candice Salomé

Souvent ignorée ou mal comprise, la fibromyalgie concerne 1,6% de la population française dont 80% de femmes. La fibromyalgie associe douleurs musculaires et articulaires permanentes, troubles du sommeil, fatigue chronique, troubles anxieux et symptômes dépressifs. D’autres symptômes tels qu’une envie fréquente d’uriner, une incontinence ou encore des cystites peuvent y être associés.  

Mais, quel est le lien entre fibromyalgie et problèmes génito-urinaires ? Quelles en sont les causes ? Comment traiter ces symptômes ? 

On vous dit tout dans notre article ! 

Fibromyalgie et problèmes génito-urinaires : tout comprendre !

La fibromyalgie représente un défi pour la science et la médecine. Cette pathologie est, en effet, difficile à diagnostiquer en raison des symptômes cliniques très divers qu’elle représente. Les troubles génito-urinaires peuvent en faire partie. 

Quel est le lien entre fibromyalgie et problèmes génito-urinaires ? 

A priori peu répandus, les troubles génito-urinaires touchent 5% des femmes fibromyalgiques. Ces dernières présentent des douleurs de la sphère génito-urinaire comme : 

  • Une vulvodynie, c’est-à-dire des douleurs à la vulve avec des démangeaisons et des brûlures au niveau des petites lèvres (aussi appelé vulvite) ou de l’orifice vulvaire et de sa périphérie (aussi appelé vestibulite) sans cause apparente. Les muqueuses peuvent être irritées ou non. 
  • Des spasmes vaginaux ou des crampes vaginales
  • Des douleurs ressenties pendant et après les rapports sexuels (appelé dyspareunie) avec ou sans sécheresse vaginale. 
  • Un besoin d’uriner très fréquent (de jour comme de nuit) avec une urine souvent concentrée (vessie hyperactive). 
  • Des picotements urinaires
  • Des difficultés lors de la miction (dysurie). 
  • Des brûlures urinaires avec ou sans infection. 
  • Des infections urinaires à répétition dans le cadre d’une cystite interstitielle chronique. 
  • Et enfin, des spasmes de la vessie

Tous ces troubles génito-urinaires présentent une aggravation prémenstruelle

L’apparition de symptômes génito-urinaires chez les patients atteints de fibromyalgie a conduit au développement d’un outil d’évaluation sensorielle connu sous le nom de Fibromyalgia Bladder Index

Cet outil de classement permet aux patientes atteintes de fibromyalgie et aux médecins d’évaluer les symptômes de la vessie. 

Quels sont les causes des problèmes génito-urinaires ? 

Certains scientifiques expliquent que les problèmes vésicaux causés par la fibromyalgie pourraient être neurologiques. En effet, les troubles neurologiques affectent le système nerveux du corps. Ce dernier joue un rôle important dans la régulation du stockage de l’urine dans la vessie et peut ainsi entraîner des incontinences urinaires. 

De plus, les douleurs et les contractions musculaires que subissent les personnes touchées par la fibromyalgie pourraient être un autre facteur en cause dans l’incontinence urinaire. En effet, ces douleurs musculaires pourraient créer une impression d’avoir un besoin pressent d’uriner ou de devoir uriner fréquemment. 

Les problèmes digestifs souvent causés par la fibromyalgie peuvent également provoquer des signaux contradictoires envoyés à la vessie. 

Enfin, il est reconnu que les personnes atteintes d’une maladie caractérisée par les douleurs chroniques, comme la fibromyalgie, sont plus touchées par la cystite interstitielle, par le syndrome du côlon irritable ou encore par une vulvodynie. Chez les personnes atteintes par ces différents problèmes de santé, les neurones responsables de transmettre les messages de douleur au cerveau ont une activité accrue. La conséquence serait alors une plus grande sensibilité à la douleur. 

Comment traiter les problèmes génito-urinaires ? 

Traiter l’incontinence urinaire

Afin de prévenir les problèmes d’incontinence urinaire, il ne faut surtout pas limiter son hydratation mais éviter certaines boissons comme l’alcool, les boissons contenant de la caféine, les boissons gazeuses et les jus de fruits. 

Certains aliments sont également à éviter tels que les agrumes, les fruits, les aliments épicés, le vinaigre ou encore le chocolat. 

Un autre conseil : ne buvez plus après le dîner et allez systématiquement aux toilettes avant de vous coucher afin de limiter les envies nocturnes d’uriner. 

De plus, plusieurs moyens permettent de limiter les problèmes liés à une vessie hyperactive. Les voici : 

Faire des exercices de rééducation de la vessie : 

Ces derniers permettront de limiter les envies d’uriner. Les exercices de Kegel peuvent vous aider : couché sur le dos, genoux fléchis, à l'expiration, contractez les muscles du plancher pelvien au maximum comme pour retenir l'urine et les gaz. Tenez la contraction 5 secondes en respirant normalement, puis relâchez avec un repos de 10 secondes entre chaque contraction. 

Les traitements médicamenteux : 

Certains traitements spécifiques peuvent vous aider à réduire le nombre de fois où vous devez uriner et permettent également de limiter les fuites. Ces traitements font partie d'une classe pharmaceutique particulière, les anticholinergiques

Si vos troubles de la vessie vous handicapent au quotidien, parlez-en à votre médecin. Il recommandera, dans un premier temps, ce qu’on appelle des mesures conservatives (rééducation de la vessie, changement de mode de vie…). Néanmoins, si ces mesures s’avèrent inefficaces, la prise d’un médicament peut être la prochaine étape. Enfin, si les symptômes persistent ou s’aggravent, des procédures chirurgicales existent. 

Traiter une vulvodynie

Souvent appelée “dépression du vagin”, la vulvodynie peut-être traiter grâce à des anti-dépresseurs (amitriptyline et nortriptyline) pour soulager la douleur nerveuse. Les médicaments antiépileptiques appelés gabapentine et prégabaline peuvent également aider, dans la mesure où les analgésiques conventionnels comme le paracétamol sont inefficaces dans ce cas précis. Des injections d'anesthésiques locaux et de stéroïdes sont également envisageables, tout comme, dans de très rares cas, une chirurgie destinée à enlever une partie de la vulve.   

Traiter la cystite interstitielle

Le traitement des cystites interstitielles utilise des anti-douleurs : des analgésiques et des anti-inflammatoires non-stéroïdiens réduisent considérablement les douleurs. Des antispasmodiques peuvent être administrés voire des antihistaminiques en cas de cystites allergiques.  

De plus, afin de calmer les cystites, il peut être intéressant de suivre un entraînement vésical qui utilise des techniques de relaxation pour entraîner la vessie à se vider à des moments précis. La rééducation pelvi-périnéale peut aider à soulager les spasmes musculaires dans la cavité pelvienne, d'où son intérêt dans le traitement de la cystite interstitielle. 


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avatar Candice Salomé

Auteur : Candice Salomé, Rédactrice Santé

Créatrice de contenus chez Carenity, Candice est spécialisée dans la rédaction d’articles santé. Elle a une appétence particulière pour les domaines de la psychologie, du bien-être et du sport.

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