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Comment la dépression affecte-t-elle physiquement le cerveau ?

Publié le 17 sept. 2021 • Par Courtney Johnson

La dépression est l'une des maladies mentales les plus répandues de nos jours. L'Assurance maladie précise que, pour l'année 2017, près de 10 % des personnes de 18 à 75 ans ont connu un épisode de dépression dans l'année. Ce trouble peut non seulement vous affecter psychologiquement, mais il peut également avoir un impact physiologique sur le cerveau, en affectant le centre de contrôle de notre système nerveux. 

Comment la dépression peut-elle affecter notre cerveau ? Comment éviter ces modifications physiques du cerveau ?  

On vous dit tout dans notre article !

Comment la dépression affecte-t-elle physiquement le cerveau ?

Lorsque l'on pense à la dépression, ce qui vient à l'esprit, ce sont les émotions ou, dans certains cas, l'absence d'émotions. Mais, pour vraiment comprendre et donc mieux traiter la dépression, il est important de reconnaître l'impact physique qu'elle peut également avoir sur le cerveau. 

Jusqu'à aujourd'hui, la recherche a reconnu le rôle des déséquilibres chimiques des neurotransmetteurs dans le développement de la dépression, mais ces dernières années, les scientifiques se sont rendu compte qu'il s'agissait d'un problème beaucoup plus physique et complexe.

>> Pour en savoir plus sur le lien entre la dépression et le dysfonctionnement du cerveau, consultez notre article ici <<

Lisez la suite pour en savoir plus sur la façon dont la dépression peut affecter le cerveau physique ! 

Diminution de l'oxygène 

Un certain nombre de liens ont été établis entre la dépression et la réduction des niveaux d'oxygène dans l'organisme. Les scientifiques ont émis l'hypothèse que ce phénomène pouvait être causé par des modifications de la respiration au cours d'un épisode dépressif, mais l'ordre d'apparition et les causes ne sont pas encore clairs. 

Chez les personnes atteintes de trouble dépressif majeur (TDM) et de trouble bipolaire, les chercheurs ont pu observer dans leurs cellules immunitaires, des niveaux élevés d'un facteur cellulaire particulier produit en réponse à l'hypoxie (manque d'oxygène) dans le cerveau. 

Le cerveau est très sensible à l'hypoxie, dont il a été prouvé qu'elle entraîne une inflammation, ainsi que des lésions et la mort des cellules cérébrales, ce qui peut provoquer des symptômes touchants le développement, l'humeur, la mémoire et l'apprentissage. 

La bonne nouvelle est que le traitement par chambre à oxygène hyperbare (souvent utilisé pour traiter le mal de décompression chez les plongeurs, certaines infections, les plaies qui ne guérissent pas à cause du diabète, etc.) a un effet bénéfique sur les symptômes de la dépression chez l'homme et peut constituer une option thérapeutique viable pour certains patients. 

Inflammation du cerveau 

Les chercheurs ont commencé à établir des liens entre l'inflammation et la dépression, bien qu'il ne soit pas encore clair si l'inflammation cause la dépression ou vice versa. 

Cependant, les scientifiques ont pu déterminer que l'inflammation du cerveau observée pendant la dépression est liée à la durée de la dépression. Une étude menée par des chercheurs de l'université de Toronto a révélé que les personnes déprimées depuis plus de 10 ans présentent une inflammation cérébrale 30 % plus importante que celles qui ont été déprimées pendant une période plus courte. 

Étant donné que l'inflammation du cerveau peut entraîner la mort des cellules cérébrales, une inflammation cérébrale prolongée chez les personnes souffrant de troubles dépressifs majeurs peut entraîner un certain nombre de complications potentielles, notamment un rétrécissement du cerveau, un dysfonctionnement des neurotransmetteurs et une réduction de la neuroplasticité (capacité du cerveau à évoluer avec l'âge). Ces complications peuvent entraîner des problèmes de développement du cerveau, de mémoire, d'humeur et d'apprentissage. 

Rétrécissement du cerveau 

Des recherches menées en 2018 ont observé un rétrécissement de certaines zones spécifiques du cerveau chez les personnes souffrant de dépression. Des travaux supplémentaires sont nécessaires pour identifier les raisons et l'ampleur de ce rétrécissement, mais un certain nombre d'études menées ces dernières années ont identifié que les zones cérébrales suivantes peuvent être affectées : 

  • L'hippocampe, qui joue un rôle majeur dans l'apprentissage et la mémoire ; 
  • Le thalamus, qui relaie les impulsions sensorielles de tout le corps au cortex cérébral (responsable de l'interprétation du toucher, de la température ou de la douleur) ; 
  • L'amygdale, le centre d'intégration des émotions, du comportement émotionnel et de la motivation ; 
  • Les lobes frontaux, la région du cerveau responsable d'importantes aptitudes cognitives telles que l'expression des émotions, la résolution de problèmes, la mémoire, la prise de décision, etc ; 
  • Le cortex préfrontal, partie du lobe frontal spécifiquement impliquée dans les comportements complexes (planification, développement de la personnalité, etc.). 

Les scientifiques ont pu établir un lien entre la durée et la gravité de ce rétrécissement et celle de l'épisode dépressif

Lorsqu'une partie du cerveau rétrécit, il en va de même pour les fonctions associées à cette zone particulière. Par exemple, l'amygdale et le cortex préfrontal travaillent en parallèle pour contrôler la reconnaissance des signaux émotionnels chez les autres et notre réponse émotionnelle. Lorsque ces zones rétrécissent, cela peut contribuer à une réduction de l'empathie, ce qui peut être observé chez les personnes souffrant de dépression post-partum. 

Modifications structurelles et connectives 

Comme mentionné précédemment, la dépression peut entraîner un rétrécissement de certaines zones spécifiques du cerveau et donc provoquer leur dysfonctionnement.  

Par exemple, une fonctionnalité réduite du cortex préfrontal peut affecter les fonctions exécutives et l'attention, un dysfonctionnement de l'amygdale peut affecter la régulation émotionnelle et l'humeur, et une fonctionnalité réduite de l'hippocampe peut entraîner des problèmes de mémoire. 

Ces changements prennent généralement un minimum de 8 mois pour se développer et peuvent persister plus longtemps après des épisodes dépressifs de plus longue durée, affectant particulièrement la régulation émotionnelle de la mémoire, l'humeur et l'attention. 

Que pouvons-nous faire pour prévenir ces modifications physiques du cerveau ? 

Bien que cela puisse sembler effrayant ou inévitable, voici quelques moyens utiles qui peuvent aider à prévenir les changements durables du cerveau. 

Demandez de l'aide : Thérapie et gestion du stress 

Bien que ce ne soit pas toujours facile, l'un des meilleurs moyens de protéger son cerveau est de demander de l'aide.  

Plus nous comprendrons que la dépression n'est pas seulement un "problème émotionnel", mais qu'elle a un impact neurochimique et physique important sur le cerveau, plus nous pourrons éliminer la stigmatisation qui empêche les gens d'obtenir l'aide et le soutien mental dont ils ont besoin. Il est important de se rappeler que la dépression n'est pas de votre faute et que vous n'êtes pas seul.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et la thérapie de groupe intégrant des techniques de gestion du stress ou de pleine conscience peuvent être des outils utiles pour surmonter la stigmatisation et trouver du soutien. De plus, de nombreuses études ont montré que ces techniques contribuent à améliorer les symptômes de la dépression

Antidépresseurs

Les antidépresseurs peuvent être un outil important pour gérer les épisodes dépressifs et les symptômes qu'ils peuvent provoquer. Ces médicaments équilibrent les neurotransmetteurs dans notre cerveau, ce qui contribue à prévenir les changements physiques qui peuvent survenir. 

Il est important de parler à votre médecin ou à un professionnel de la santé mentale, car il ou elle peut vous aider à trouver la combinaison de thérapie et/ou d'antidépresseurs qui vous aidera à mieux gérer votre dépression. 

 
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3 commentaires


maryco
le 20/09/2021

Article très intéressant .  Depuis de longues années  j'ai essayé de comprendre  le fonctionnement de la dépression sévère , et  chronique ; J'ai toujours pensé que le moral et les émotions n'avaient rien à voir .  Je suis très heureuse , que la science étudie ce phénomène , afin les malades soient compris  .  Je vous remercie pour cet exellent article . Ceux qui pensent que c'est le l'ordre de l'émotion , ne s'y reconnaitrons pas ; je leur conseille de vous lire  .  maryco @


Soso93
le 21/09/2021

Bonjour 

freud avait raison sur toute la ligne 

il a compris et a tenté de faire comprendre au monde la psychiatrie… 

paix à son âme 


lys66700
le 29/09/2021

Je viens de lire cet article et quelque chose m a frappe .Je suis bipolaire diagnostiquee depuis 2012 mais malade depuis certainement beaucoup  plus longtemps .(cataloguee comme depressive chronique ) .Je prends depuis un regulateur de l humeur (Depakote ) .Il y a presque un an mon psychiatre a diminue la posologie de ce medicament car j allais mieux .Apres reflexion je pense qu a la meme epoque j ai commence a ressentir des douleurs musculaires ,des tendons et des nerfs qui n ont fait qu augmenter .A ce stade je souffre enormement et suis diagnostiquee fibromyalgique (tous les nombreux symptomes concordent ) .J ai lu qu il y avait des points  concordants entre bi polarite et fibromyalgie !Et si la cause de ma fibromyalgie etait la baisse du Depakote ?C est peut etre fou mais pourquoi pas .Je vois mon psy bientot et vais lui poser la question .L espoir fait vivre !Bon courage a tous et toutes .

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