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Cancer du poumon : vers un nouveau traitement anti-récidive ?

Publié le 6 mai 2022 • Par Candice Salomé

En France, plus de 46 000 nouveaux cas de cancer du poumon sont diagnostiqués chaque année. Ce cancer représente ainsi 15% de tous les nouveaux cas de cancers chaque année et reste, à ce jour, le plus mortel. 

Une étude coordonnée par l’Institut Curie en France associant immunothérapie et chimiothérapie avant une chirurgie du poumon a démontré une réduction importante des risques de rechute. 

Mais alors, comment fonctionnent les poumons ? Qu’est-ce que ce nouveau protocole représente en termes d’avancée scientifique dans la prise en charge du cancer du poumon ? 

On vous dit tout dans notre article ! 

Cancer du poumon : vers un nouveau traitement anti-récidive ?

Qu’est-ce que les poumons ? 

Le fonctionnement des poumons 

Les poumons se situent au niveau de la poitrine, de chaque côté du cœur. Ils sont protégés par la cage thoracique et sont séparés par une région que l’on appelle le médiastin.  

Le poumon de droite comprend trois lobes : le lobe supérieur, le lobe inférieur et le lobe moyen. A contrario, le poumon gauche n’est composé que de deux lobes : le lobe supérieur et le lobe inférieur. 

Leur rôle est d’assurer les échanges de gaz carbonique et d’oxygène entre l’air que l’on respire et le corps humain. Lorsque nous inspirons, l’air arrive par la trachée et se répartit dans les bronches, puis dans les bronchioles et, enfin, dans les alvéoles des poumons, qui se remplissent d’air. 

Le déplacement du dioxygène se fait donc de l'alvéole pulmonaire vers le capillaire sanguin (vers la circulation sanguine). Ce gaz se lie à l'hémoglobine contenue dans les globules rouges pour ainsi circuler dans les vaisseaux sanguins. 

Pendant ce temps, en sens inverse, le gaz carbonique rejeté par les cellules de l’organisme travers les alvéoles, puis les bronchioles et enfin les bronches. Il s’échappe ensuite par la trachée, puis par le nez et la bouche. C'est l’expiration. 

Le cancer du poumon 

Également appelé cancer bronchopulmonaire ou cancer bronchique, le cancer du poumon se développe principalement à partir des cellules de la paroi des bronches et des bronchioles (conduits qui assurent le transport de l’air extérieur aux poumons). Plus rarement, il est possible que le cancer se développe au niveau des alvéoles (petits sacs où se déroulent les échanges gazeux avec le sang) ou encore de la plèvre (membrane qui entoure le poumon). 

Les symptômes du cancer du poumon 

À un stade précoce de la maladie, il est possible qu’aucun symptôme ne soit observé ou que les symptômes semblent ordinaires chez un fumeur ou un ancien fumeur. 

Les symptômes fréquents du cancer du poumon combinent des problèmes respiratoires et une altération inexpliquée de l'état de santé général. Par exemple : 

  • L’apparition d’une toux ou une majoration d’une toux de bronchite chronique, 
  • Des expectorations (crachats) sanguinolentes (hémoptysie), 
  • L’apparition ou l’aggravation d’une difficulté à respirer (dyspnée ou essoufflement), en l’absence de problème cardiaque avéré, 
  • Une infection pulmonaire (bronchite ou pneumonie) à répétition, 
  • Des douleurs importantes aiguës ou chroniques (comme un point de côté évoquant un déchirement musculaire, des douleurs de l’épaule évoquant un rhumatisme) ; 
  • Une fatigue inhabituelle et persistante ; 
  • Une perte d’appétit ; 
  • Une perte de poids. 

>> Pour en savoir plus sur le cancer du poumon, son diagnostic et ses traitements,
découvrez vite notre fiche maladie dédiée <<
 

Récidive du cancer du poumon 

On parle de rechute ou de récidive de cancer du poumon lorsque celui-ci réapparaît dans les poumons après avoir été traité une première fois. Sa réapparition peut se faire précisément au même endroit, dans la même zone, ou dans une autre zone du corps. 

Ainsi, il ne s’agit pas d’un nouveau cancer mais, dans la plupart des cas, de cellules cancéreuses qui auraient résisté à la chirurgie ou aux traitements du cancer du poumon.  

Cela peut être le cas lorsque : 

  • Les cellules cancéreuses se situent dans des zones difficiles d’accès, 
  • Ou si les ganglions du médiastin ont été atteints par la tumeur. 

C'est justement pour limiter le plus possible les risques de rechute que les différentes méthodes (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, immunothérapie) sont combinées. 

Quelle est cette nouvelle découverte qui réduirait significativement les risques de rechute du cancer du poumon ? 

Une nouvelle étude, coordonnée par l’Institut Curie, préconise une nouvelle manière de combattre le cancer du poumon. 

D’après les résultats de cette étude, 15 000 patients parmi les 46 000 nouveaux cas recensés chaque année pourraient être concernés par ce nouveau traitement qui améliore de façon significative la survie des patients et réduit le risque de récidive

Ce nouveau traitement pourrait être efficace sur les cancers du poumon non métastatiques, localisés et opérables (le cancer du poumon non à petites cellules). 

Actuellement, ces derniers sont traités d’abord par chirurgie suivi d’une chimiothérapie. La chimiothérapie est un traitement dit “curatif” mais très éprouvant pour les patients et pas toujours efficace sur le long terme. En effet, 30 à 55% des patients guéris développent une récidive du cancer du poumon. 

Ainsi, depuis 2017, le Professeur Nicolas Girard et son équipe de l’institut du Thorax Curie-Montsouris, travaillent sur une étude portant sur un traitement avant la chirurgie. Ce traitement est la combinaison de trois cures d’immunothérapie et de chimiothérapie

Les résultats ont été présentés le lundi 11 avril 2022 au congrès de l’AACR à la Nouvelle-Orléans aux Etats-Unis.  

Après cinq années de recherche, les résultats de la phase 3 changent véritablement la donne pour les patients touchés par le cancer du poumon non à petites cellules. 

Ainsi, les premiers résultats de l’étude montrent que ce nouveau protocole réduit de 37% le risque de récidive de la maladie. De plus, la survie des patients est également améliorée avec une réduction du risque de décès de 43%.  

Pour 24% des patients, il n’y a plus de cellules cancéreuses dans ce qui est enlevé lors de la chirurgie contre 2% seulement auparavant (chimiothérapie seule). 

De plus, il a été démontré que les effets secondaires liés au traitement sont aussi diminués grâce au temps très court sur lequel il est administré (3 doses en 2 mois).

Par ailleurs, moins de complications chirurgicales ont été reportées et cela grâce à l’immunothérapie qui diminue la taille des tumeurs et facilite l’opération chirurgicale. 

Ce nouveau protocole a été validé aux Etat-Unis par le Food and Drug Administration le 2 mars.  

En France, il est encore au stade de l’étude mais les patients pourraient bientôt pouvoir en bénéficier selon le Professeur Nicolas Girard. 


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avatar Candice Salomé

Auteur : Candice Salomé, Rédactrice Santé

Créatrice de contenus chez Carenity, Candice est spécialisée dans la rédaction d’articles santé. Elle a une appétence particulière pour les domaines de la psychologie, du bien-être et du sport.

Candice est... >> En savoir plus

Qui a revu : Alizé Vives, Pharmacienne, Data Scientist

Alizé est docteur en pharmacie et diplômée du mastère spécialisé en stratégie et commerce internationale de l’ESSEC Business School. Elle a plusieurs années d’expérience en travaillant auprès des patients et auprès... >> En savoir plus

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