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Patients Trouble bipolaire

Bipolarité et l'ennui


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@anipeps : sans hésitation, je m'associe au dernier post de Laurence pour rejoindre tous tes supporters dans les jours, les semaines et les mois à venir. La chaîne de solidarité est en place pour t'accompagner ici et maintenant. Je peux comprendre tes diverses interrogations comme "être ou ne pas être opérée" par exemple. Prends le temps de mûrir ta décision avec les avis des professionnels de santé à ton écoute concernant tes craintes et tes espoirs. Il me semble de par ton parcours et tes attitudes adaptées que tu est bien armée dorénavant pour prendre les bonnes décisions tant du point de vue de ta santé que du point de vue de ton avenir professionnel. Sans oublier ta vie familiale. Alors pour tout ça,  je croise les doigts pour toi. Bien sincèrement. Sylvain

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Anipeps

tous ces projets , toutes ces batailles devraient éroder cette mauvaise image de toi ....tant d'embûches , tant de douleurs passées et présentes , tant de décisions à prendre même pour un cheval de courses c'est "essoufflant" , pas plus fragile et déterminé qu'un cheval de courses , une fois parti , rien ne l'arrête .Il se blesse parfois , on prend soin de lui , on le soigne et il continue une fois qu'on s'est bien occupé de ses maux , de ses handicaps à suivre son chemin .Il lui faut le temps de la reconstruction , lui laisser le temps de repos indispensable , le temps des soins pour lui éviter souffrance et abattement .Et quoi de plus beau alors que cette crinière au vent et cette détermination à franchir tous les obstacles même les plus douloureux , même les plus improbables .

Prends soin de toi surtout , même si je comprends tes hésitations et tes peurs d'opérations lourdes .Elles semblent indispensables , surtout si elles pouvaient te permettre de souffrir moins .

La team Anipeps sera toujours là pour t'encourager et te coiffer la crinière quand tu en auras besoin .

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Merci @Tibanem surtout pour la comparaison avec les chevaux, je suis cavalière, propriétaire d'une jument donc ça me parle ;)....

J'avoue que j'apprècie énormément vos messages, qui sont fort empathique et sympathique;...

Je suis allée sur un forum qui parle du sevrage des médicaments psy, et cela m'a juste énervée, j'y cherchais des aides, des solutions a mon problème de sevrage et je ne trouve que des personnes qui subissent et pleurnichent sans chercher de solution (bon du coup je me suis un peu énervée, et ne suis pas encore retourner voir les réponses), je suis devenue assez intolérante aux personnes qui se plaignent sans se bouger pour que ça change, on clairement le droit de se plaindre quand on est pas bien, oh ça oui et c'est légitime, mais a condition a côté de réagir et de chercher des solutions....mais il est vrai que mon caractère de battante que vous avez découvert n'est peut être pas a la porté de tous.....Subir et survivre ou Agir et vivre....Pour moi la différence est là....

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Subir , oui , la maladie les handicaps que nous n'avons pas choisis .Quelquefois survivre , les médocs sont parfois là pour nous maintenir la tête hors de l'eau et parfois à force de nager dans des vagues trop hautes trop fortes on peut s'épuiser et lâcher et vouloir se laisser couler .Agir vivre parfois oui , avec une volonté et une énergie qui décapiteraient le mont Everest .cA C'EST LA BIPOLARITE , subir la phase down plus ou moins longue selon les cas , subir les psychotropiques qui vous ramollissent le cervelet et font de vous un pantin immobile ,  un petit animal sans poil et sans carapaces sans dents et sans griffes pour se défendre .

Et le temps passant , les années s'enchainant comme un manège qui va trop vite ou qui vous éjecte , certains n'ont plus envie d'agir , ou de vivre .A quoi bon se disent-ils ? 

Je comprends que cela puisse t'énerver toi qui a tant de ressources vitales , mentales et cette envie de vivre et d'avancer malgré tout ce que tu as vécu , ce que tu vis .Malgré les embûches ( de taille ) sur ton chemin difficile . Surtout ne jamais se languir dans cet esprit peu constructif , l'esprit victimaire .Pire que tout ! D'accord , victime d'une maladie , victime d'accident de la vie , victime de soi-même .Mais quand on est victime d'un cancer , ou d'une autre maladie grave, potentiellement mortelle , on peut choisir de se battre ou on peut choisir de laisser tomber les rênes et se laisser glisser .La bipolarité est une sorte de cancer de l'âme et des émotions , on ne peut faire de cerveauctomie , mais on peut tenter de lutter avec la chimio , avec les hauts les bas , la fatigue et les effets néfastes des molécules , on peut serrer les dents et les poings , et ne pas accepter l'inéluctable , garder en tête et vivre avec , pas subir sans réagir .

Tout le monde n'a pas les mêmes ressources .Une fois en HP où je suis restée beaucoup trop longtemps , alors que je me sentais dépossédée de toute énergie , de toute forces musculaires , malgré les traitements exagérément puissants ,il fallait me "tasser" quel mot violent que je n'acceptais pas , alors qu'un éléphant serait tombé sur le flanc , le personnel médical me répètait "vous avez des ressources , vous avez des ressources " Je ne comprenais même pas ce qu'ils entendaient par là , moi des ressources , alors que je suis là , prisonnière de mes émotions ,de leur camisole chimique , prisonnière dans leurs murs , je ne serais pas ici si j'avais des ressources , foutaises foutaises de psy !

Et oui j'ai compris aujourd'hui ce qu'ils voulaient dire par là , j'ai compris que mes camarades reclus(es) n'avaient pas tous les mêmes ressources de batailleurs , de vouloir en découdre avec un destin qu'on n'aurais pas écrit .Ressources intellectuelles , ou ressources amicales, amoureuses, familiales entre autres .Capacités encore intactes de réflêchir , de mobiliser son sens critique , d'être acteurs lucides de sa maladie et des soins qui  sont ou non indispensables .Capaciét encore toute neuve de rêver et de faire marcher notre boîte à imaginaires .Sans perdre de vue une once de notre lucidité .

Non tout le monde n'a pas reçu les mêmes ressources , ou ces ressources se sont émoussées au fil du temps , de la vie , de l'âge , de la lassitude de vivre et de se battre .

Il ne faut pas que ça t'énerve , c'est ainsi .Ton témoignage de vie et de guerrière peut être un exemple pour nous tous qui avons si souvent la tentation de nous laisser nous noyer sans NOUS battre .

Et moi Ani tu me donnes du peps ( hahahah !!!!) !

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@Tibanem : merci Laurence pour ta nouvelle et dernière contribution au fil des échanges avec notre championne Anipeps. Tu dresses bien à mon avis aussi la problématique de ce que nous sommes avec nos travers psychopatlogiques vus par les psychiatres and co. Ayant fait de longs séjours en HP, je peux en témoigner. Comme par exemple à l'HDJ MGEN quand y revenant entre 2011 et 2012 j'ai revu quelques "pensionnaires" que j'avais quittés en 2000 avec cette impression que c'était hier avec tout le respect que je leurs dois car personne ici et moi en particulier ne peut injurier l'avenir et dire "plus jamais ça". Alors, d'où vient la niaque que d'autres n'ont pas ? Je ne sais pas sauf que pour moi, j'ai quelques idées là-dessus à partir aussi de ma comorbidité telle qu'elle est décrite dans mes dossiers médicaux d'HP que j'ai demandés à consulter grâce à la charte du patient hospitalisé. Je suis en plus une personnalité paranoïaque et obsessionnelle selon leurs critères de diagnostic. Rien que cela en plus du reste : la totale. Et d'après une de mes psychiatres, c'est ma personnalitè obsessionnelle qui m'aurait "sauvé" des affres de ma bipolarité. Â l'entendre, cela aurait joué un rôle stabilisateur/régulateur  dans mes excès. Et cela m'aurait permis de rebondir et de ne pas subir comme tu l'écris si bien Laurence. Et en revenant à notre thème chéri de l'ennui, je constate à nouveau que nos personnalités à multiples facettes font de nous des personnes avec lesquelles on ne peut pas s'ennuyer tellement nous sommes (j'étais et/ou je suis encore) déstabilisantes car super réactives (actions/réactions) et imprévues. À part cela, bon week-end à toutes et à tous (lectriches/lecteurs connectés) avec ou sans neige. (lol). Bien amicalement. Sylvain

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Sylvain

Sans neige malheureusement , la neige me redonne une joie enfantine , de boules de neige et écarquille mes yeux ...Je suis à Marseille , c'est toute la pluie du ciel qui nous tombe sur la tête , une sorte d'averse de mousson , la tiédeur de l'eau en moins .Et je confirme , impossible de s'ennuyer avec nous , trop imprévisibles , trop enthousiastes ou trop imbibés de malheurs et de larmes .Violents parfois , verbalement pour ce qui me concerne , trop épuisants aussi pour nos accompagnants de vie , ballotés par nos orages , ébouriffés par nos typhons , terriblement inquiets par nos passages à l'acte , toujours anxieux par nos drôles d'idées qui nous traversent comme un éclair .

Clash

Si parfois je ressens le vide en moi , je sais que bouillonnent de vie dans ma coquille toutes sortes de petits Bernard l'ermite qui s'agitent , et si je j'y rêflèchis un peu ( beaucoup , beaucoup trop selon ceux qui me connaissent) même dans ces périodes de morte saison , il n'y pas vraiment d'ennui , de vide .Il se passe toujours quelque chose dans mon PC cérébral , pas forcément rigolo c'est vrai, pas forcément très occupé , sociophobe , je ne peux me distraire de ce qui peut venir de l'extérieur .Oui je vois ça comme une morte saison, comme pour les végétaux , pas d'arrosage , les branches dénudées et l'air bien misérable , comme une période indispensable et nécessaire pour commencer à bourgeonner , à déployer petit à petit bourgeons naissant en feuilles toutes neuves , vert tendre et luisant ..Alors c'est vrai , mon corps s'immobilise, je frissonne à la seule perspective de mettre un pied en dehors de ma serre chauffée , je panique à l'idée de croiser des passants maladroits ou agressifs , et je languis de cet hiver pourtant indispensable , trop long , immobile , sans intérêt .La perspective du passage à l'acte me semble La solution .Pas l'ennui non pas ça ! Mais si je me retourne vers ces périodes passées de ma vie , sur mon aujourd'hui , même si je me trouve bien pitoyable ainsi recluse et mutique , je ne crois pas m'être ennuyée une seule fois .Mon cerveau un peu ralenti par des surdoses d'anxyo chaque jour , travaille à mon insu , il n'a jamais cessé de travailler à mon insu ce petit "salaud" .Mais je crois que c'est un temps utile absolument nécessaire de repos pour éviter que nos racines ne s'épuisent trop etne se déssèchent .On ne s'ennuie pas avec soi-même en fin de compte , malgré l'apparente apathie et notre retrait du monde extérieur , il se passe des petits gloup gloup qui mijotent doucement , trop doucement à notre goût , mais qui mijotent .Ne serait-ce pas le temps indispensable pour réflêchir , pour penser à la prochaine étape ? Et mûrir des idées dont on n'a même pas conscience ?

Il y a deux jours, j'étais presque contente d'avoir fait une attaque de panique c'est dire , alors que depuis des semaines  tout me semblait vain , plus une larme ne coulait , et après une épreuve trop violente , sortir avec mon amoureux à la médiathèque, faire des courses ce que je déteste toujours , la machoire inférieure est devenue terriblement douloureuse , il fallait que je rentre , vite , je suis en train de tourner en vrille .Bingo! avant même de me cloîtrer dans mon nichoir , l'attaque m'a fait un sale croche pied et je n'ai pu contrôler ce tsunami mental et physique .Au milieu des gens , dehors ! Une fois terminée , exsangue , enfin j'avais eu une réaction , pas des plus confortables , sacrément douloureuse et interminable , mais une réaction .La bête n'était pas encore morte .

Non je ne pense pas que cette période que l'on appelle l'ennui , cette longue alternance de journées et de nuits où rien ne semble bouger , cette latence qui nous leurre en nous faisant croire que rien ne se passe , que rien nous interesse ce n'est pas de l'ennui .Cherchez les signes même infimes de vie intérieure , le seul fait de poser la question , l'ennui est-il inévitable , cet ennui comme une mer d'huile qui ne convient pas à notre petit bateau qui n'avance plus , faute de vent , nous permet un temps de pause indispensable .Les questions posées , les SOS lancés dans ce forum nous démontrent bien que un , nous ne sommes pas vides , et deux que nous ne nous résignerons pas à l'immobilité, la routine , à cette fausse apparence d'indifférence aux autres et au monde qui nous entoure .

Bon week end , il n'y aura pas de neige ce dimanche , le soleil, la douceur et le vent enfin calmé nous laisse entrevoir quelques rayons de soleil faiblards , mais les oiseaux chantent se racontant leur joie de ne plus être secoués par la pluie et la tempête .

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Merci Laurence pour le partage de tes pensées du jour car cela confirme ce que je pense  aussi au sujet du thème de l'ennui qui nous réunit ici et maintenant par cette série de textes très personnels depuis plusieurs jours de suite. C'est ce qui en fait sa richesse par son authenticité. Â mon niveau, ce n'est pas l'ennui que je redoute car comme toi Laurence, je n´en ai même pas peur puisque je ferais même l'éloge de la lenteur pour mieux réfléchir afin d'éviter des passages à l'acte trop impulsifs. Non, ce que je crains c'est plus la solitude. C'est paradoxal puisque il m'arrive souvent d'être mutique  presque en état de phobie sociale à mes heures. En fait, ayant toujours en tête mon histoire et ses (re)chutes à répétition sans préavis, je vis sur la défensive. Je me suis mis en mode de protection individuelle à l'affût de tous signes annonciateurs de l'orage (ce qui pourrait s'apparenter à ton clash ?). C'est flippant au quotidien. Je ne sais jamais quand le ciel va me (re)tomber sur la tête. Au-delà de toutes ces considérations personnelles, j'applaudis à ton annonce que le soleil revient sur Marseille dimanche. Bonne fin de week-end Laurence.

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@anipeps : En lisant ton dernier post, je me réjouis pour toi qui est en possession d'une jument. Car en plus de pratiquer l'équitation avec la possibilité de sortir du manège du centre équestre (simple supposition de ma part) pour partir en randonnée équestre en pleine nature, tu sais parler aux chevaux. Toutes choses que je ne sais pas faire. Ce qui est en soi un handicap car je n'ai pas cette richesse de communication dans les conditions qui sont les tiennes dans ton contexte avec ta jument et tous les soins que tu dois lui prodiguer. Quant à moi, j'ai bien un VTT plus un VTC et un VAE mais cela n'a rien d'humain et ce ne sont que des "machines" qui facilitent mes déplacements en ville ou à la campagne. Rien à voir. Il n'y a pas photo. Alors Anipeps, profite un maximum de ta jument pleine de tendresse à ton égard je suppose. Bien amicalement. Sylvain

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Oui je ne fais que de la balade, je compte faire une formation  dans les chevaux justement en relationnel, ils sont tellement le miroir de ce que nous sommes émotionnellement.....

L'ennui je n'en ai jamais...car je sais utilisé les moments de pause pour me faire des activités relaxante, genre un bon bain avec musique de relaxation etc...prendre le temps de se poser est essentiel, j'ai encore souvent du mal, un peu hyer active que je suis....150 projets a la fois voilà voilà..besoin de me nourrir et de nourrir mon cerveau intellectuellement sans cesse...impression que la vie est trop courte pour réaliser tout ce que je voudrais, trop d'envie de vivre comme dirais ma psy (peut on l'avoir trop?)..

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@anipeps : Ta réponse me renvoit à mon histoire et à mes souvenirs de ma personnalité état-limite en particulier sur le registre de l'hyperactivité même s'il est difficile pour moi de différencier cela avec les effets de ma bipolarité. En tout cas, j'ai donné dans le domaine des activités multiples tout azimut. De sous-officier de réserve chef de groupe dans l'infanterie jusqu'au grade de lieutenant de réserve comme chef de section avec des raids commando le week-end avec en plus des séances de tir le dimanche et des stages militaires à l'ex-école d'application de l'infanterie à Montpellier pendant les vacances de salarié en parallèle de la vie de famille chahutée un maximum avec deux mariages et deux enfants x 2 suivis par deux divorces. Sans évoquer dans les détails les implications avortées dans les partis politiques et dans les syndicats. De quoi me faire tourner la tête à en perdre le nord de ma boussole. Â l'extrème, c'est presque devenu à certains moments du tout et du n'importe quoi. Pas brillant en somme mais cela a été ma façon de ne pas sombrer dans le vide borderline ou cela correspondait à mes phases maniaques de la bipolarité. Va savoir. Idem du point de vue professionnel : aide de laboratoire - employé de banque - agent de sécurité - aide chimiste - chimiste - infirmier - visiteur médical - délégué hospitalier - directeur régional - professeur des écoles - éducateur d'internat - délégué technico commercial  (liste non exhaustive) pour finir comme chômeur senior longue durée avant la mise en invalidité en 2012. Pour les études supérieures, c'est une copie conforme de mon histoire pleine de rebondissements : 1 an en DEUG physique chimie puis 3 ans pour le DE d'infirmier en IFSI puis plus tard  2 ans pour le professorat des écoles en IUFM puis à la fin une licence professionnelle santé en UFR de pharmacie à 56 ans. Et si c'était à refaire, je ne sais pas comment je pourrais car cela me semble avec le recul tellement  irrationnel à n'y rien y comprendre moi-même trop sous l'emprise de mes émotions et de mon impulsivité combinée à mon hyperactivité. Voilà en quelques lignes un résumé synthétique de ma vie. Pas de quoi s'ennuyer en y regardant de plus près. Maintenant à la retraite pour inaptitude, c'est une autre histoire. Sylvain

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