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Patients Trouble bipolaire

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Sujet de la discussion


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Bonjour,

Je me lance après quelques hésitations...

Voilà, en Octobre dernier je suis tombée bien bas suite à un surmenage au travail ainsi qu'une relation amoureuse toxique. 
Cela s'est traduit du jour au lendemain par des pleurs incontrôlables, une perte de plaisir, une perte d'envie, l'incapacité à faire quoi que ce soit, une perte de poids assez importante...
Mon médecin traitant m'a prescrit un antidépresseur qui a mis 3 semaines à agir.

A partir du mois de Décembre, encore une fois du jour au lendemain, je me suis sentie devenir complètement une autre personne. Je me suis jamais sentie aussi heureuse qu'à ce moment-là. J'étais invincible, j'avais des idées en fusion, des projets énormes (que je n'ai bien-sûr pas réalisés), je pleurais "de joie" devant un simple coucher de soleil, j'ai dépensé sans compter et surtout jusqu'à me retrouver à découvert, j'ai enchaîné les partenaires sexuels sans forcément utiliser de protection... Bref, et j'en passe.
Le pire, c'est que je ne me rendais absolument pas compte que tout ça, c'était "trop".

Et là, début Janvier, sans prévenir, le rechute... Tellement violente et inattendue. C'était reparti pour les pleurs, l'angoisse, l'anxiété...
Mon médecin m'a alors parlé d'un éventuel trouble bipolaire et m'a orientée vers une psychiatre que je vois actuellement.

Elle aussi me parle de troubles de l'humeur et m'a prescrit du Lamictal depuis à peine 2 semaines. C'est tout récent...

Il y a des jours où je suis tellement au fond du gouffre que je ne me reconnais plus, où je côtoie le pire de moi-même. Ces moments sont indescriptibles, j'ai qu'une seule envie, celle de me tuer. C'est si violent, si douloureux... que je ne peux pas m’empêcher de me scarifier, j'ai tellement besoin de voir le sang couler... Dans ces moments, j'ai peur de moi-même, peur de ce que je pourrais me faire... J'ai failli partir aux urgences pour hurler mon besoin d'aide... Et je sais que lors d'une prochaine crise aussi violente, je vais finir par le faire.

Mais voilà, aujourd'hui, je ne sais plus qui je suis. Je n'arrive pas à accepter ce diagnostic parce qu'il y a des moments où tout va bien.
Alors je me dis que non, ce n'est pas possible, je ne suis pas malade et ça ne sert à rien que je prenne un traitement.
J'ai l'impression de marcher sur une corde en permanence, d'être un funambule en équilibre au dessus de ma propre vie... 

Comment avez-vous fait pour accepter les choses ? Comment arrivez-vous à prévenir les phases "up" et "down" ? Est-ce que vous aussi, vous vous dites parfois que non, vous n'êtes pas bipolaire ? Et surtout... comment en parler à l'entourage qui ne s'en doute pas forcément (pour certains) ?

Merci d'avance pour vos retours, pour votre temps...

Camille

Début de la discussion - 06/03/2019

Besoin d'échanger, de comprendre et d'être comprise

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Bon conseiller

@Camille_d8 Bonjour  je viens  de  t'envoyer  un mp  

Bonne journée  

Besoin d'échanger, de comprendre et d'être comprise

Posté le
Camille, ce que tu décris ressemble fort à la bipolarité. Tu devrais peut être effectivement te faire hospitaliser, même si je sais pour l'avoir vécu, que c'est une démarche difficile. Prends soin de toi, et vient sur le forum pour discuter.
Besoin d'échanger, de comprendre et d'être comprise

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salut @Camille_d8‍ 

J'ai beaucoup lutté pour accepter ma maladie. Le premier test que tu peux faire, c'est attendre 2-3 mois de prise de Lamictal, si tu sens vraiment la différence, tu peux être sûre que le médicament t'aide à te contrôler.

S'il te convient, je te recommande de ne pas l'arrêter. Erreur que j'ai commise après 4 ans de prise... j'étais tellement stabilisée que je croyais avoir guéri (car je n'acceptais toujours pas). J'ai quand même tenu 3 ans sans crises après l'arrêter (je connais quelqu'un qui n'a duré qu'un mois). Sauf que bien sûr, plus tard j'ai eu 3 grandes crises très très fortes dans l'espace d'un an! C'était vraiment l'enfer, je me suis fais du mal, j'ai fais du mal à mon entourage et j'ai dû recommencer presque de zéro ma carrière professionnelle.

Il faut se rendre compte que les médecins ont fait une dizaine d'années d'études pour nous aider, ils ne sont pas là pour nous faire souffrir (or ils peuvent se tromper comme tous les êtres humains). Fais confiance, c'est le premier pas.

Quand tu seras à ce stade là, tu devras comprendre que ce qui va te libérer de toute souffrance n'est pas que le médicament, aucun n'est magique. C'est ta volonté de vouloir vivre de la bonne façon qui va te permettre d'avancer devant n'importe quel souci. Il ne faut pas penser aux moments dans lesquels on tombe, mais mettre en avant les moments dans lesquels on s'est relevé.

Penser que après la vie on va être mieux... franchement, on en sait rien au sujet. La seule chose de laquelle on est sûrs, c'est qu'on est vivant et qu'on est sur terre pour profiter au maximum.

(Et c'est vrai, les bipolaires ne doivent pas prendre des antidépresseurs.)

Besoin d'échanger, de comprendre et d'être comprise

Posté le

bonjour @Camille_d8‍ 

étant moi même bipolaire, malheureusement ce que tu décris si bien  correspond exactement à un trouble bipolaire, je crains que ton médecin ne ce soit pas trompé. et comme toi j'ai renié ce diagnostic au début tellement il est stigmatisant :  j'ai une licence je me disais je ne peux pas être fou et pourtant je me suis rendu compte que je souffrais bien de cette maladie "mentale" et qu'il fallait apprendre à faire avec. j'ai compris que c'était un disfonctionnement du cerveau qui ne préjuge en rien du reste de la personnalité ou de l'intelligence. le meilleur conseil que je puisse te donner pour l'instant c'est de parcourir le net et de faire tes propres recherches sur cette maladie les symptômes, les réactions face à cette maladie. tu peux aussi te renseigner sur la schizophrénie qui est la même maladie avec des hallucinations en plus. rien dans ce que tu as décris n'indique que tu souffres de cette dernière rassures toi  c'est juste pour que tu trouves plus de témoignages. ensuite le parcours de soin est compliqué car pour évaluer correctement le résultat d'un traitement toi et ton psy auront besoin d'un recul de minimum 6 mois à chaque changement. en tout cas une excellente nouvelle c'est que tu décris très bien ce que tu ressens et tu es en mesure ainsi d'en faire part au corps médical. c'est une démarche qui va être payante à terme car elle te permettra d'avoir le traitement optimal avec le meilleur rapport possible  effets secondaire/médicaments. je ne peux que t'encourager à continuer tes échanges constructifs avec les médecins

comme nous tous tu seras tentée de te dire à un moment donné que tu es guérie. on ne guéri pas malheureusement, on est  bien parce que l'on prend son traitement avec assiduité. arrêter les médocs c'est la rechute à plus ou moins long terme.

prends soin de toi et n'hésites pas à continuer à revenir sur carenity pour nous voir, pour des réponses complémentaires ou pour le plaisir de discuter avec des pipelettes, (si si j'en ai vu )

bises