Travail et cancer

Le cancer est une maladie très éprouvante qui amène sur le plan physique de la fatigue, des troubles de la concentration et un sentiment général de faiblesse. Sur le plan psychologique, le cancer est aussi très difficile à vivre et provoque parfois de la tristesse, de l’abattement et même la dépression.

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C’est pourquoi il est parfois difficile pour les personnes atteintes d’un cancer de continuer à travailler. En cas de rémission du cancer, la question de la réinsertion professionnelle se pose et elle n’est pas toujours évidente.

Près de 2 millions de personnes en France ont déjà eu un cancer. De plus, parmi les français qui se font soigner pour un cancer, la moitié d’entre eux est professionnellement active et est âgée de moins de 65 ans. La question travail et cancer est donc un point essentiel à ne pas négliger.

L’annonce du cancer, le traitement qui est suivi par la suite et les conséquences psychologiques du cancer (dépression, stress, perte de repères…) ont des répercussions directes sur le travail.
En effet, les symptômes du cancer (douleur, fatigue, nausée, dépression, troubles du sommeil), qui sont vécus à la fois pendant et après celui-ci, affectent directement la capacité des individus à travailler, notamment en terme de productivité. C’est pourquoi les personnes atteintes de cancer rencontrent des difficultés pour conserver leur travail ou pour le reprendre après la fin du cancer. Gérer de front un travail exigeant et un cancer est parfois un véritable défi qui oblige les individus à cesser de travailler.

A la fin du cancer, les individus peuvent de plus se sentir très fatigués, avoir des soucis de mémoire et de concentration : les tâches vont s’accumuler et le stress s’accentuer.
Ainsi seuls 24% des individus diagnostiqués d’un cancer continuent à travailler 3 mois après l’annonce. Mais 5 ans après le diagnostic du cancer, ils sont tout de même 75% à travailler.

A noter, des inégalités importantes existent en terme de travail et cancer. Les CSP+ (cadres, hauts fonctionnaires..) ont, eux, plus de chances de conserver leur emplois que les personnes qui exercent un travail d’exécution.

En outre, le regard des autres peut être pesant pour les malades qui ont parfois une baisse de l’estime de soi. Ils se sentent moins compétents et ont l’impression qu’ils doivent prouver leur efficacité en travaillant encore plus. Or, cela n’est souvent pas compatible avec la période d’après cancer en raison des douleurs post-opératoires et de l’état fragile du patient.

Aménager le travail face au cancer

Face aux exigences du cancer et aux multiples symptômes qu’il provoque, les malades ne peuvent pas toujours garder le même rythme de travail que celui qu’ils avaient avant.

Il faut savoir que les individus réagissent très différemment face au cancer, à ses symptômes et à leur intensité.

Pour certains, la fatigue liée au cancer peut perdurer bien après la fin de celui-ci (des mois ou des années). Pour les patients qui n’ont pas anticipé leur cancer et les changements qu’il impliquerait, ils peuvent alors se retrouver en porte-à-faux entre leur travail et leur cancer. Angoisse, stress, sentiments dépressifs peuvent en découler, ajoutés à un sentiment d’être dépassé par les événements. Même lorsque le cancer est dit guéri, ces individus peuvent souffrir d’un décalage et encore se sentir désorientés car ils n’ont pas prévu dans leur esprit l’évolution de leur cancer.

Pour pallier aux changements imposés par le cancer, la loi permet un aménagement des conditions de travail. Par exemple il est possible de reprendre progressivement le travail, d’opérer des aménagements dans sa fonction professionnelle ou de se faire muter à un poste moins éprouvant, et ce sans diminution de salaire. Mais, en réalité, ces aménagements ne sont pas toujours si simples.

Avant toute chose, il est important de planifier avec son employeur le retour au travail et s’assurer que celui-ci ne soit pas trop brutal pour que la transition s’effectue dans des conditions optimales. Prévenir ses collègues de travail de son retour est très important car ils peuvent apporter un soutien et une aide précieuse. Il faut aussi expliquer à son employeur et à ses collègues que même si le cancer est guéri, il existe encore des séquelles, pas toujours visibles, et que c’est pour cela que des aménagements sont nécessaires.

Néanmoins, malgré les difficultés que le patient rencontre, la reprise du travail est importante pour beaucoup de personnes car elle signifie un pas de plus vers la guérison.

Sources : INSERM

Dernière mise à jour : 27/12/2018

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