L’après cancer

Le jour de la fin du traitement et le terme de « rémission » sont deux éléments que les patients touchés par le cancer espèrent et attendent. Mais une fois le traitement terminé, il peut arriver que les malades ne se sentent pas prêt pour la vie après le traitement.

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On pense souvent que le plus difficile est de vivre avec un cancer, mais la période de rémission nécessite une réadapation également. Pendant son traitement le malade est en contact fréquent avec son équipe de soin et il est suivi de près. La fin du traitement peut alors sembler stressante car ces contacts tendent à s’espacer de plus en plus.

Le fait de récupérer du traitement du cancer ne se limite pas seulement à la récupération « physique » - il s'agit aussi de récupérer émotionnellement. Il est donc important que le malade prenne le temps de reconnaître sa peur, son chagrin et sa solitude qui sont des sentiments normaux après ce type de maladie.

La peur de la récidive est très fréquente chez les rescapés du cancer. Même si plusieurs années peuvent passer sans aucun signe de reprise de la maladie, les rescapés du cancer ont toujours à l’esprit la peur de la rechute du cancer. Face à cette peur, les malades doivent prendre conscience de leurs sentiments. Ils ne doivent pas se sentir coupable d’avoir ces sentiments ni les ignorer dans l'espoir qu'ils vont s'en aller. Demander à son médecin ce que l’on peut faire pour réduire le risque de récidive du cancer est un moyen d’y faire face.

Voici quelques mesures qui sont également bénéfiques pour le patient dans la phase de l’après cancer:
- Prendre soin de son corps : Avoir une alimentation saine (fruits, légumes) et pratiquer une activité sportive régulière. L’alimentation doit parfois être adaptée notamment en cas de stomie. Un diététicien conseille alors le patient. La reprise du sport après le cancer doit être progressive pour ménager l’organisme. Le sport permet ainsi de mesurer ce « nouveau » corps et d’appréhender ses limites, ses capacités… L’alcool et le tabac sont aussi à éviter en particulier s’ils sont responsables du déclenchement du cancer (cancer du poumon, cancer du foie).
- Avoir un sommeil équilibré et réparateur : Le sommeil est indispensable à l’organisme et lui permet notamment de se remettre du traitement du cancer et aussi d’être équilibré psychologiquement.
- Aller à tous les rendez-vous de suivi : Les patients peuvent être angoissés d’aller à leurs rendez-vous de suivi, par peur d’une mauvaise nouvelle. Cela ne doit pas les empêcher d’y aller. En effet, ce rendez-vous peut être l’occasion pour le patient de mentionner à son médecin les signes et symptômes qui l’inquiètent. Le spécialiste est aussi là pour informer le patient sur ses risques de récidive et sur les symptômes à surveiller.
- Parler ouvertement de ses craintes : Il faut pouvoir exprimer ses inquiétudes à ses amis, à sa famille, à son médecin ou conseiller et à d’autres malades en rémission. Si le malade ne se sent pas suffisamment à l'aise pour faire part de ses craintes, il peut aussi les noter dans un journal. Mais il est important de ne pas garder pour soi ses inquiétudes car cela peut vite devenir un fardeau et favoriser la déprime.

Les difficultés d'adaptation sont fréquentes après un cancer

Lorsque le malade a été diagnostiqué d’un cancer, il peut avoir porté toute son attention et énergie à son traitement afin de guérir. Une fois le traitement terminé, tous les projets qui avaient été mis de côté s’accumulent et demandent du temps. Cela peut apporter du stress et le sentiment d’être dépassé et débordé.

Le malade ne doit pas se sentir obligé de tout réaliser en même temps. Il est nécessaire de s’accorder des temps de repos et de remettre en place une routine quotidienne pour retrouver ses repères. Prendre le temps pour des activités relaxantes, faire partie d’un groupe de soutien et faire du sport sont des moyens de reprendre un rythme actif tout en se ménageant.

Des sentiments persistants de tristesse et de colère peuvent interférer avec la vie quotidienne du malade. Pour beaucoup de gens, ces sentiments se dissipent. Mais pour d'autres, ces sentiments peuvent se transformer en dépression. Il faut alors informer son médecin qui, si besoin, prescrira des médicaments ou orientera le patient vers un psychologue. Un diagnostic précoce et un traitement rapide sont essentiels pour surmonter avec succès la dépression.

Si la chirurgie ou d'autres traitements ont changé l’apparence physique des malades, ceux-ci peuvent se sentir désorientés et en proie au doute. Les changements de couleur de la peau, le gain ou la perte de poids, la perte d'un membre, ou la mise en place d'une stomie peuvent chez certaines personnes amener à un repli sur soi et à l’isolement. La baisse de l’estime de soi a parfois des conséquences sur les relations conjugales.
Reprendre confiance en soi n’est pas chose aisée, et les malades ont aussi besoin de laisser s’exprimer leur tristesse. Tout dépend de l’impact des changements et séquelles sur la vie et de la réaction propre à chaque personnes. C’est lorsqu’ils reprennent confiance en eux et en leur apparence que leurs relations sociales sont plus apaisées. Le soutien de la famille et des amis est essentiel.

Les malades pensent parfois que les autres ne peuvent pas comprendre ce qu’ils ont vécu. Cela rend difficile les rapprochements avec d'autres personnes et peut conduire à la solitude.
Envisager de rejoindre un groupe de soutien avec d'autres rescapés du cancer qui ont les mêmes émotions est un moyen de combattre cet isolement.

Dernière mise à jour : 07/06/2017

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