Les enfants sont aussi touchés par l'arthrite

le 27 juil. 2016 • sur Figaro Santé

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C'est heureusement rare, mais cette maladie aux visages multiples est difficile à diagnostiquer et très handicapante.

Bien que frappant majoritairement les adultes, l'arthrite fait aussi des victimes chez les moins de 16 ans. D'après la Haute Autorité de santé (HAS), cette arthrite juvénile, que l'on dit idiopathique en raison de sa cause non clairement élucidée, touche entre 16 et 150 enfants sur 100 000 dans les pays occidentaux, soit environ 4 000 jeunes concernés en France. C'est donc une maladie relativement rare, que les médecins ont peu l'habitude de diagnostiquer. Une maladie complexe qui peut démarrer très tôt dans la vie (avant l'âge de 2 ans), persiste environ une fois sur deux chez l'adulte et recouvre en réalité pas moins de sept formes différentes.

Dans 27 à 56 % des cas, moins de quatre articulations sont atteintes, d'où l'adjectif d'oligoarticulaire. Cette forme d'arthrite juvénile idiopathique concerne majoritairement des petites filles, au moment de l'acquisition de la marche. Elle peut se compliquer par de graves inflammations oculaires, évoluant par ailleurs une fois sur deux vers une polyarthrite: celle-ci représente d'emblée 11 à 28 % des cas, généralement des enfants de plus de 8 ans. Une autre forme, la spondyloarthrite, affecte aussi les enfants (20 % des cas) et peut rester longtemps méconnue, particulièrement chez les jeunes adolescents, avec des douleurs des talons ou du dos.

Enfin, un peu à l'opposé, la maladie peut commencer par des signes généraux très marqués: pics de fièvre, douleurs musculaires, éruptions cutanées… Il s'agit alors de la forme systémique (10 % des cas), qui relève d'un mécanisme particulier (auto-inflammatoire) et dont les manifestations articulaires apparaissent secondairement, voire jamais. Cette forme touche majoritairement des enfants d'environ 3 ans et évolue de façon variable au cours du temps: une fois sur quatre, elle peut faire place à une polyarthrite très sévère.
Un parcours de soins personnalisé

Au cours des dix dernières années, les traitements de cette maladie très sérieuse ont considérablement évolué du fait d'une prise en charge dans des centres hospitaliers de référence, qui peuvent offrir une équipe multidisciplinaire (orthopédiste, ophtalmologiste, radiologue, kinésithérapeute, infirmières…) mais aussi un plateau technique propice aux investigations nécessaires. L'arrivée des biothérapies, avec des traitements ciblés (anti TNF, anti IL6, etc.), a ainsi pratiquement fait disparaître les complications liées soit au contrôle insuffisant des arthrites, soit à la toxicité de certains médicaments comme les corticoïdes. Reste que, comme le souligne Isabelle Koné-Paut, pédiatre et rhumatologue à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, «ces traitements plus complexes et personnalisés renforcent la nécessité d'un suivi par des équipes expertes pour offrir à tous les patients les mêmes chances de recevoir le traitement optimal. D'autant que l'éducation thérapeutique du patient est devenue une nécessité pour sécuriser au maximum son traitement au quotidien.»

Pour éviter l'arrêt du suivi et ses conséquences désastreuses, les pédiatres rhumatologues programment la transition des soins avec les rhumatologues adultes quand le jeune atteint l'âge de 15-18 ans. Et dans la région d'Ile-de-France, un réseau de soins dédié (Resrip) permet la mise en place d'un parcours de soins personnalisé même pour les cas les plus complexes.

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