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Vers un don d'organes automatique ?

26 mars 2015 • 57 commentaires

Vers un don d'organes automatique ?

Le prélèvement d'organes sur une personne décédée pourrait devenir automatique si le défunt n'a pas exprimé de refus de son vivant. Cette nouvelle mesure, adoptée le 20 mars, n'obligerait plus le médecin à suivre la décision de la famille. Un amendement qui a pour avantage de remettre au cœur de la discussion la position de la personne décédée mais qui n'écartera pas l'avis des proches.

Un nouvel amendement, adopté dans la nuit du 19 au 20 mars, pourrait être en passe de révolutionner le don d'organes. Intégrée au projet de loi santé de Marisol Touraine, cette mesure prévoit de rendre systématique le prélèvement d'organes chez une personne décédée. Le médecin pourrait choisir sans l'aval de la famille, sauf si la personne a exprimé un refus de son vivant. Porté par le député lyonnais Jean-Louis Touraine (aucun lien avec la ministre ndlr), l'amendement, s'il est adopté à l'Assemblée, ne serait pas mis en place avant janvier 2018.

Actuellement, si la personne décédée n'est pas inscrite au registre national des refus de don d'organes, la décision est portée par la famille. Un choix difficile, qui débouche dans un cas sur trois à un refus de prélèvement. Au total, ce sont 40% des transplantations qui échouent faute d'accord. Selon le député, la mise en place de cette mesure pourrait augmenter de 25% le nombre de dons.

La position du défunt avant tout

"L'intérêt de cet amendement est de pousser les gens à s'exprimer de leur vivant" explique le Dr Julien Charpentier, médecin réanimateur et coordinateur des prélèvements d'organes à l'hôpital Cochin à Paris. "On part du principe que si la personne ne s'est pas opposée clairement alors elle est favorable au don" ajoute t-il, "le problème est que 80% des personnes n'en ont jamais parlé avec leurs proches".

Pour le Dr Charpentier, si cet amendement ne changera pas fondamentalement le don d'organes en France, il aura tout de même l'avantage de rappeler aux familles la notion de consentement présumé déjà inscrite dans la loi mais méconnue de beaucoup. "Cette mesure pourrait permettre d'aider les familles et de remettre au centre de la discussion la position du défunt, qui est la plus importante" explique le Dr Charpentier. Cependant, pas question pour les médecins de prendre des décisions contraires aux volontés exprimées par les proches. "Dans ce genre de situation, ils ont une à trois heures maximum pour se décider" indique le Dr Charpentier.

La pénurie de dons prive chaque année 18.000 personnes d'organes. Le nombre de patients en attente de greffe a triplé depuis les années 90, selon l'Agence de la biomédecine. En 2013, plus de 5.000 Français ont pu bénéficier d'une greffe.

Allodocteurs.fr

Commentaires

le 26/03/2015

Document trés intéressant, merci Julien. De toute façon quand on est mort, on sent plus rien, autant en faire profiter ceux qui ont besoin d'organes.

le 26/03/2015

Bonjour, je pense que c'est très bien !! Du moment, où l'on ne s'est pas inscrit sur le registre des refus, il est normal que nos organes reviennent à la science ! C'est formidable qu'un bout de soi vive encore après notre décès ds le corps d'un être qui en avait besoin !!

Ce qui me désole c'est le temps trop long entre les décisions de loi et leur application, pratiquement 3 ans, c'est une honte !!

le 26/03/2015

oui mais à condition qu'il y est pas de passe droit car avec le fric on achète tout

Avec les guignols qui nous gouvernent tout est possible

Bonne journée

le 26/03/2015

Bonjour à tous,

Merci Julien pour ce document très intéressant. Il est vrai que le sujet du décès et "qu'est qu'on fait après" n'est pas joyeux, mais c'est nécessaire que l'entourage soit au courant de nos souhaits. C'est un sujet tabou qui ne devrait plus être, il est temps qu'on sensibilise la population de discuter en famille et s'informer mutuellement ce que chacun souhaite.

Le sujet de dons d'organes n'était pas un sujet tabou entre mes enfants et moi. Un jour on a vu à la télé un reportage concernant une personne qui était encore en vie grâce à un don d'organe. Mes enfants étaient des ados à l'époque et je leur ai montré ma carte de donneur d'organes pour qu'ils sachent ce que je voulais au cas où je n'étais pas capable de le dire moi-même. Ensuite je leur ai posé la question s'ils étaient d'accord d'être donneur d'organes, ils ont dit oui tous les deux.

Cet amendement est applicable pour les personnes majeurs mais pour les mineurs les autorités auront toujours besoin du consentement des parents. Un choix presque impossible à faire au moment où un parent vient d'apprendre le décès subite de son enfant. L'instinct de protéger son enfant est encore présent, donc l'idée que quelqu'un le découpe pour prélever des organes est inconcevable. En plus donner son accord pour prélever les organes fait sauter des étapes de deuil, en donnant son accord veut dire qu'on a accepté l'idée que son enfant est décédé et pourtant pour le parent tout son être est en train de dire NON, ce n'est pas possible que mon enfant soit mort! .... Et pourtant il faut agir vite, ce qu'un parent en état de choc n'est pas capable de faire dans un moment pareil.

Savoir en avance que son enfant souhaite être donneur d'organes facilite une si douloureuse décision pour les parents à un moment où leur monde s'écroule. Si l'enfant n'est pas en âge pour discuter d'un sujet si grave, c'est aux parents d'imaginer l'inimaginable et de se mettre d'accord. C'est un sujet douloureux......c'est un peu comme arracher un sparadrap.....on respire bien, on tire d'un coup et c'est fini....mais c'est une bonne chose de faite, plus besoin d'y penser.

Ceci vaut également pour ceux, qui pour une raison qui ne regarde qu'eux, ne souhaitent pas être donneur d'organes. Il faut le dire à son entourage et prendre la peine de s'inscrire sur le registre des refus, pour ne pas faire perdre du temps à l'équipe médicale.

Ah oups, je viens de me relire et je vois que je dis, "il faut faire ci, il faut faire ça". J'espère qu'il n'y a pas de malentendu, je ne donne pas d'ordres, je suggère.

Bon fin d'aprèm à tous

le 28/03/2015

C'est une application de loi qui peut être lourde de conséquences, il est bien d'y penser et de prendre le temps de peser le pour et le contre avant de la voter.

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