«
»

Top

90 praticiens cosignent une tribune pour « sortir l’hôpital public de la crise »

11 juin 2015 • 6 commentaires

90 praticiens cosignent une tribune pour « sortir l’hôpital public de la crise »
Inquiets des contraintes budgétaires qui pèsent sur les hôpitaux et de l’effort de trois milliards d’euros d’économies réclamé au secteur public hospitalier d’ici à 2019, près de 90 praticiens hospitaliers appellent « à redonner du temps et de la liberté aux équipes soignantes en desserrant l’étau actuel qui empêche ou retarde l’adaptation du fonctionnement hospitalier ».

Redistribuer les lits hospitaliers

Gel des investissements, suppression des activités non rentables, recours aux contrats temporaires, politique du « travailler plus sans gagner plus »… Sous la houlette du Pr Bernard Granger, psychiatre à l’Assistance publique – hôpitaux de Paris (AP-HP), les signataires (dont certains sont membres du mouvement de défense de l’hôpital public) proposent une série de mesures pour « sortir l’hôpital public de la crise ».

Les lits hospitaliers ne doivent pas être supprimés mais « redistribués avec plus de lits pour l’aval des urgences et pour les soins de suite », expliquent les médecins.

Soucieux de conditions de travail permettant « un travail d’équipe stable », les PH insistent sur la nécessité de voir médecins et cadres de santé coordonner le travail d’équipe en concertation avec l’administration.

Les hôpitaux doivent également être libres de constituer ou non des pôles de gestion ou des départements médicaux, sans que cela soit une obligation pour tous. « L’unité de base de l’hôpital rest[e] les structures où travaillent les équipes de soins : services ou unités fonctionnelles », précisent les médecins.

En finir avec la « dictature » du tout T2A

Concernant les gisements d’économies, les signataires suggèrent aux pouvoirs publics de changer de braquet. En finir « au plus vite avec la dictature du "tout T2A" » reste prioritaire à leurs yeux. Utiliser conjointement T2A, dotation et prix de journée en fonction des activités apporterait une souplesse bienvenue aux établissements.

Autre piste, une plus grande prescription des génériques pourrait générer un gain de deux milliards d’euros par an pour la Sécurité sociale, insistent les PH.

« Il appartient aux pouvoirs publics de défendre l’intérêt général au lieu de choisir la solution de facilité : réduire le déficit de la sécurité sociale en augmentant celui de l’hôpital public, qui n’a plus les moyens d’assurer ses missions », concluent-ils.

Lequotidiendumédecin.fr

Commentaires

le 17/06/2015

Difficile d'émettre un avis sur un sujet pareil. Je me contente de le faire remonter. 

le 17/06/2015

La nécessité de lits supplémentaires aux urgences est une évidence.

Les lits pour les soins de suite aussi. Ce sont des services qui demandent moins de personnel et qui permettent un palier entre l'hospitalisation, chirurgie ou médecine, en toute sécurité. Ca évite de renvoyer chez elles des personnes ayant besoin d'un suivi important et n'ayant que peu accès au personnel médical (déserts médicaux) ou incapables de se prendre en charge seules.

Actuellement, les hôpitaux sont payés un tarif fixe, en fonction d'une opération par exemple, quelque soit le nombre de jours d'hospitalisation. Résultat, ils vous mettent dehors rapidement. "tout T2A"

Francine

le 18/06/2015

Merci des explications @pseudo-masqué , j'ignorais que les hospitalisations pour des raisons diverses et variées et donc nécessitant plus ou moins de technicité et de personnel étaient toutes facturées au même prix, ou presque et ce tout au long du séjour. C'est aberrant. Une opération c'est lourd le premier jour, les jours suivants c'est de l'observation, du suivi... et c'est pourtant facturé au même prix ? Est-ce que c'est pareil dans les cliniques privées ?

le 18/06/2015

Non, @pseudo-masqué le prix d'une journée d'hôpital n'est pas le même dans tous les hôpitaux ! Il varient de 1 à 7 ! Voir  et là Je n'en suis pas certaine à 100%, mais il me semble qu'ils peuvent aussi varier d'un service à l'autre.

Je me suis même battue pendant des mois avec la sécu à cause de ça. Ma maman avait dû être hospitalisée en urgence à Paris où elle était en visite chez des amis. La sécurité sociale ne voulait pas prendre en charge le séjour parce que l'hôpital près de son domicile, dans l'Isère, était moins cher.

Avant d'arriver à leur faire comprendre qu'une infection rénale qui avait évolué en septicémie était une urgence, il a fallu du temps et de l'énergie.

Francine

le 18/06/2015

 Du temps  pour admettre qu'une  septicémie est une urgence ! la nouvelle avancée n'est pas pour demain! quel contraste dans ce pays!.

Ce qui m'étonne  le plus encore c'est de parler de l’hôpital comme d'un secteur marchand , alors qu'il  fonctionne à coût de budget!

Va comprendre... 

Vous aimerez aussi

Notre guide pour un rendez-vous réussi chez le médecin

Notre guide pour un rendez-vous réussi chez le médecin

Lire l'article
Troubles du sommeil : quand et comment peut-on les traiter ?

Troubles du sommeil : quand et comment peut-on les traiter ?

Lire l'article
Cancer de l'ovaire : quels sont les traitements ?

Cancer de l'ovaire

Cancer de l'ovaire : quels sont les traitements ?

Lire l'article
NASH, ou maladie du foie gras : comprendre le traitement

Obésité
Stéatose hépatique non alcoolique et NASH

NASH, ou maladie du foie gras : comprendre le traitement

Lire l'article