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Sommeil : comment faire un bon usage de la mélatonine

12 janv. 2018 • 23 commentaires

Sommeil : comment faire un bon usage de la mélatonine

Alors que les ventes explosent depuis cinq ans, la Société de recherche en médecine du sommeil vient de mettre au point des recommandations pour limiter le mésusage de cette hormone du sommeil.

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Présentée — à tort — comme un "médicament miracle" paré de toutes les vertus, la mélatonine a rempli les rayons des pharmacies dès son lancement dans les années 1990. Elle y est toujours vendue sans ordonnance sous la forme d’un complément alimentaire ou sur prescription médicale au-delà de 2 mg. Mais "l’hormone de la nuit" a été plus ou moins boudée par la recherche. Les rares études menées pour mesurer son efficacité ont montré qu’elle peut améliorer le sommeil dans des situations particulières, à condition de respecter une heure de prise et un dosage précis. "Les résultats de ces recherches sont méconnus et une certaine anarchie règne dans la consommation de cette substance naturelle", observe le Pr Carmen Schröder, pédopsychiatre et spécialiste du sommeil au CHU de Strasbourg.

C’est ce constat qui a conduit la Société française de recherche et médecine du sommeil (SFRMS) à mettre au point des recommandations, les premières en France, sur la prescription de mélatonine. Le travail vient d’être présenté au Congrès du sommeil à Marseille et sera publié dans les mois à venir. "L’objectif était d’abord de rappeler son mode d’action sur l’horloge biologique afin de limiter les mésusages, précise le Pr Schröder, qui a copiloté l’écriture des lignes directrices. Les médecins sont finalement peu formés aux rythmes circadiens pendant leurs études."

"Léger effet soporifique"

Le rôle de la mélatonine, produite par une glande située à l’arrière du cerveau, est de préparer le corps humain au sommeil. Sa sécrétion débute quand la lumière décline et se prolonge tout au long de la nuit, avec un pic vers 3 heures du matin. Un passage en "mode veille" qui entraîne une série de changements dans l’organisme, dont une baisse de la température corporelle, du taux de cortisol et de la pression sanguine.

"Elle produit un léger effet soporifique immédiatement après la prise, si la dose est importante (2 à 5 mg)", souligne le chercheur Bruno Claustrat, qui a passé trente ans à étudier ses effets. Mais l’intérêt principal de cette hormone est dû à son action de reprogrammation de l’horloge biologique, qui en fait une parade efficace contre le retard de phase de sommeil. Sont concernés tous les "couche-tard" qui, pour des raisons génétiques ou conjoncturelles, subissent dans la journée les effets indésirables de leur décalage - fatigue, irritabilité, absentéisme, etc. Sans oublier ceux qui pâtissent régulièrement des décalages horaires.

Selon la société savante, la mélatonine peut ainsi être indiquée à l’adolescence, une période où le rythme physiologique se déplace naturellement vers le soir. "Un traitement peut être envisagé si le manque de sommeil a des répercussions graves à l’école ou en famille, précise le Pr Schröder. Il faut alors la prendre deux à quatre heures avant de se coucher, à une dose inférieure à 1 mg et en libération immédiate." Avant ce recours à l’ordonnance, des approches comportementales doivent être proposées, dont la suppression des écrans en deuxième partie de soirée, la relaxation et les rituels du soir.

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Peu d’effets secondaires

Avec le recul, les effets de l’hormone sur l’insomnie du quotidien se sont avérés moins probants. La Haute Autorité de santé juge "modeste" l’efficacité du Circadin, seul médicament contenant de la mélatonine (2 mg) à libération prolongée. La SFRMS, elle, tranche en sa faveur, notamment chez les personnes âgées de plus de 55 ans. "Plusieurs études montrent que ce traitement réduit le temps avant l’endormissement et améliore la qualité subjective du sommeil", justifie le Dr Marie-Françoise Vecchierini, neurologue au Centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu (Paris). Le groupe d’experts la recommande aussi en cas de démence, notamment d’Alzheimer, en l’associant à une luminothérapie.

Vendue librement aux États-Unis, la mélatonine a peu d’effets secondaires (essentiellement des céphalées) et n’entraîne ni accoutumance, ni syndrome de sevrage. "Mais elle peut entrer en interaction avec d’autres médicaments, comme les antidépresseurs et les anticoagulants, et provoquer des réactions inattendues", relève Bruno Claustrat. Les études de sécurité sur le long terme sont rares. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui s’est autosaisie après une série d’effets indésirables, doit d’ailleurs se prononcer prochainement sur son innocuité.

Cette évaluation est d’autant plus attendue que la consommation de mélatonine connaît depuis cinq ans une augmentation impressionnante. 1,4 million de boîtes de compléments alimentaires se sont écoulées en 2016 et les ventes du médicament ont quasi doublé en trois ans. Sauf exception, le traitement n’est pas remboursé. Pour Élise Haro, pharmacienne, il semble que "la recherche de solutions ‘‘naturelles’’ pousse les Français à se tourner vers cette substance pour dormir, en remplacement des benzodiazépines".

Et vous, prenez-vous de la mélatonine ? 

Le Figaro Santé

Commentaires

le 17/01/2018

Article très intéressant, merci de m’avoir appris ce qu’était la melatonine , j’utilise tous les jours ma tablette de luminotherapie qui est facile pour l’emporter partout.Je vais en parler avec mon médecin pour savoir s’il n’y a pas d’interraction avec mes médicaments.

le 18/01/2018

article à lire je prends des gélules de mélatonine depuis à peu près 1 an et j'en suis très satisfaite j'ai désormais un sommeil réparateur

le 22/01/2018

Merci pour cet article très intéressant. Mon sommeil n'est pas récupérateur et cette mélatonine serait peut-être une solution !

J'en parle à mon médecin demain

le 25/01/2018

J EN AI PRI MAI SELA NA SERVIT A RIEN

le 27/01/2018

@pseudo-masqué bonjour, pourriez vous m'aider à choisir une tablette de luminothérapie,  il y a plein de propositions,  sans doute plus ou moins efficaces. Comme vous avez cette expérience,  vous pourriez m'éviter de faire une erreur. 

Je vous remercie d'avance, je vais chercher aussi du côté de la Mélatonine,  car j'ai une insuffisance rénale sévère et je dois être très prudente.

Portez vous le mieux possible, très chaleureusement. 

Marie-Sylvie 

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