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Quand faut-il se faire dépister pour le glaucome ?

8 mars 2016 • 18 commentaires

Quand faut-il se faire dépister pour le glaucome ?
AVIS D'EXPERT - Le professeur Philippe Denis, chef du service d'ophtalmologie de l'hôpital de la Croix-Rousse (Lyon), souligne que le dépistage précoce du glaucome est primordial pour stopper son évolution.
 
Le glaucome est une maladie oculaire grave, le plus souvent due à une augmentation de la pression qui règne à l'intérieur de l'œil. Celle-ci entraîne une destruction progressive du nerf optique, pouvant lentement et sans douleurs conduire à la perte de la vue. Cette pathologie constitue la première cause de cécité absolue, la deuxième étant la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge) qui respecte la périphérie de la vision. C'est pourquoi des professionnels de santé comme la Société française du glaucome (SFG) et des associations de patients comme l'Union nationale des aveugles et déficients visuels (Unadev) organisent la semaine mondiale du glaucome du 7 au 11 mars afin de sensibiliser le grand public à cette pathologie. Le Pr Philippe Denis, président de la SFG, fait le point sur ces questions.
 
LE FIGARO. - Le glaucome est-il une maladie rare ?
 
Pr Philippe DENIS. - Non, car le glaucome concerne un million de personnes en France. Dans notre pays, seules quelque 600.000 personnes sont aujourd'hui dépistées et traitées, et un tiers l'ont été à un stade tardif. C'est parce que les signes visuels du glaucome sont relativement tardifs et que son évolution se fait sans douleur que le glaucome n'est pas assez diagnostiqué. Son dépistage précoce est primordial car il existe des traitements qui permettent de stopper son évolution. Mais ces traitements ne permettent pas de restaurer la vision lorsque la maladie est déjà évoluée. Plus le dépistage est précoce, plus les traitements seront efficaces et plus la vision sera préservée.
 
Quels sont ces signes ?
 
L'atteinte visuelle en cas de glaucome touche d'abord la périphérie du champ visuel central, dans les 30 degrés centraux, puis s'étend très progressivement vers son centre. Lorsque le glaucome est débutant, la personne atteinte ne s'en rend généralement pas compte. Elle ne s'en rend compte que lorsque la vision centrale est atteinte et que le glaucome est à un stade déjà très évolué. Le handicap visuel est alors irréversible et affecte beaucoup d'actes de la vie.
Quand faut-il se faire dépister ?
 
Dans la majorité des cas, cette maladie reste asymptomatique pendant plusieurs années et ne peut être diagnostiquée que lors d'un examen ophtalmologique de dépistage. Le risque de glaucome augmente avec l'âge, surtout après 40 ans. Il est majoré chez les personnes apparentées à un patient atteint de glaucome, chez les personnes de peau foncée (risque 2 à 4 fois supérieur) et chez les myopes. Une visite chez l'ophtalmologiste tous les deux ans après 40 ans est recommandée.
 
En quoi consiste ce dépistage ?
 
Il consiste à réaliser quelques examens simples et indolores de l'œil. Le premier est la mesure de la pression intraoculaire qui se fait de manière rapide et indolore par un simple jet d'air sans contact avec l'œil et sans anesthésie. On pratique aussi l'examen dit du fond d'œil qui consiste en un examen direct du nerf optique permettant de voir s'il présente des signes de glaucome. Ces examens systématiques sont éventuellement complétés par d'autres comme des photographies du fond d'œil, l'examen du champ visuel et l'OCT a vraiment révolutionné le diagnostic et le suivi du glaucome. Cette technique (OCT pour «Optical Coherence Tomography» ou tomographie par cohérence optique) utilise un rayon laser qui balaye le fond d'œil, renvoyant une lumière réfléchie qui sera analysée par un ordinateur et reconstituée en une image interprétable.
 
Existe-t-il des traitements efficaces ?
 
La majorité des glaucomes est contrôlée par un simple traitement médicamenteux. Ils permettent de ralentir la progression de la maladie ou mieux de la stopper. Mais ils ne peuvent pas, par contre, la guérir, cela signifie que les lésions déjà constituées sont irréversibles. L'ophtalmologiste peut proposer un ou plusieurs traitements sous forme de collyres, comme les prostaglandines ou les bêtabloquants, seuls ou en association. Il s'agit d'un traitement chronique que le patient devra prendre à vie. L'observance du patient au traitement prescrit est donc fondamentale. Par contre, il est possible de modifier le traitement durant le suivi, soit en le renforçant (si le glaucome s'aggrave), soit, plus rarement, en l'allégeant. Les traitements permettent de contrôler le glaucome dans 80 % des cas lorsque la maladie est diagnostiquée suffisamment tôt.
 
Enfin, les techniques chirurgicales les plus récentes sont plus simples, plus sûres, et peuvent être réalisées sous anesthésie locale et en ambulatoire (séjour de quelques heures à l'hôpital ou à la clinique). Elles sont surtout indiquées lorsque le patient n'est plus bien contrôlé par les collyres ou qu'il ne les supporte plus.
 

Le Figaro Santé

Commentaires

titims
le 08/03/2016

Si on ne peut pas s en rendre compte au depart et qu on s en apercoit a un stade avance c est quand meme grave !! Autant aller chez l ophtalmo une fois par an ! Encore une maladie complexe!!!

le 08/03/2016

Je vais chez l ophtalmo ts les ans. 

maritima
le 08/03/2016

Je trouve surprenant que l'article ne mentionne pas les 2 formes de glaucomes : glaucome à angle ouvert et glaucome à angle fermé. Il semblerait qu'ici seul le glaucome à angle ouvert( le plus fréquent) soit évoqué.

titims
le 08/03/2016

C bien angelina chapeau! Par contre moi pas et c est une erreur!!

le 08/03/2016

Je suis obligée d y aller car ma vue baisse. 

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