«
»

Top

Médicaments : Halte à l’overdose pour les personnes âgées

29 janv. 2015 • 17 commentaires

Médicaments : Halte à l’overdose pour les personnes âgées

Alors que la France reste la championne d’Europe de la consommation de médicaments, l’UFC-Que Choisir publie aujourd’hui les résultats exclusifs de son analyse de près de 350 ordonnances de personnes âgées(1). Devant les dangers de la surprescription dont pâtissent les patients, l’association demande que la « déprescription » soit incluse dans les critères de rémunération à la performance des médecins, et que la Haute Autorité de Santé fasse de ce sujet une priorité de travail.

Près de 350 ordonnances et 3000 médicaments analysés

Au 2e trimestre 2014, l’UFC – Que Choisir a sollicité ses bénévoles et lecteurs pour recueillir des ordonnances de personnes âgées polymédicamentées (au moins 5 lignes de prescription). Au total, ce sont 347 ordonnances de patients de plus de 75 ans, contenant près de 3000 médicaments, qui ont été anonymisées puis analysées, dans le but de quantifier le phénomène de surprescription pour les personnes âgées et ses dangers.

Une inquiétante surprescription : jusqu’à 21 médicaments par ordonnance !

En moyenne, les ordonnances collectées dans notre échantillon contenaient 8,6 médicaments, avec un maximum de 21 pour une seule personne ! A ces niveaux de prescription, les médecins sont-ils encore en mesure de s’assurer que chaque médicament est justifié et n’est pas plus dangereux que bénéfique ? Notre analyse montre le contraire.

4 ordonnances sur 10 potentiellement dangereuses pour les patients âgés

Les ordonnances collectées ont été passées au crible de la liste de Laroche, qui définit les médicaments potentiellement inappropriés pour les personnes âgées. Et les résultats sont alarmants, puisque 40 % d’entre elles contiennent un médicament déconseillé aux personnes âgées ! Or, la juste prescription est un enjeu particulièrement important pour les personnes âgées. En effet, en vieillissant, l’organisme devient de moins en moins apte à éliminer les substances absorbées. Les médicaments restent donc en plus grande quantité et plus longtemps dans un organisme âgé. En outre, les effets indésirables liés à la prise d’un médicament sont souvent plus graves pour les personnes âgées, plus fragiles.

La « déprescription », un enjeu sanitaire et financier

Au-delà des enjeux sanitaires, la surprescription a un coût pour notre système de sécurité sociale. Les dépenses de médicaments ont atteint en France 33,5 milliards d’euros en 2013, à près de 90 % pour des médicaments remboursables par l’assurance maladie. Notre pays demeure un gros consommateur, avec une consommation par habitant 22 % supérieure à la moyenne des grands pays européens(2). Il est indispensable que les professionnels de santé prennent conscience du coût sanitaire et économique de cette situation, et commencent enfin à « déprescrire ».

Devant les résultats inquiétants de son étude, l’UFC – Que Choisir presse les pouvoirs publics d’inscrire la « déprescription » pour les personnes âgées dans les indicateurs de rémunération à la performance des médecins. Par ailleurs, l’association demande à la Haute Autorité de Santé de faire de ce sujet majeur une priorité de travail pour les années à venir.

 

(1) Résultats détaillés dans le numéro 91 de février 2015 de Que Choisir Santé
(2) Source : Comptes de la Santé 2013, données IMS Health 2012. Consommation mesurée en unités standard.

Quechoisir.org

Commentaires

verveine
le 29/01/2015

Et quand c est les patients qui réclament une ordo à rallongue (oui oui ca arrive ....) si on prenait le problème à la base, nous ne sommes pas assez informés des risques de certains médicaments on en donne trop aux enfants par peur, ou par ignorance. Résultat on en fait des adultes angoissés hypocondriaques. Pas tous heureusement. Moi je suis pour la relaxation, la sophro, les huiles essentielles l'homéopathie quand il s'agit d'un petit refroidissement genre rhume. Maintenant si c est grave je comprends qu'il faut essayer d'enrayer rapidement. 

verveine
le 29/01/2015

pour me recentrer sur le sujet des personnes agées, les généralistes sont un peu perdus par rapport à tous les spécialistes que fréquentent leur patient. Pas facile pour eux, quand les salles d'attente sont bondées et qu'il faut qu'ils assurent. Il peut y avoir des interactions entre les médicaments qui passent labarrière du filet. Mais en général, les personnes agées ne sont pas trop maltraitées par leur médecin généraliste. Il faut arrêter de casser du sucre sur les médecins que ferions-nous sans eux ? 12 ans d'étude et plus!!!

le 01/02/2015

Avant de me découvrir diabétique je n'usais de présque aucun médicament.Un peu d'aspirine parfois et du baume camphré pour les coups de froid.Assortis au miel ,sauge et autres huiles essentielles sur lesquelles je suis calée pas autre chose.Et je me ortais comme un charme! Je réste pérsuadée qu'en grande partie la harmacopée est un buisness d'enfer et les labos de grands faiseurs d'argent!

Diabéqui
le 02/02/2015

J'ai une cousine médecin qui a professé en Cabinet dans la banlieue parisienne. Elle m'a souvent dit que certains patients estiment que le médecin n'est pas bon s'il ne prescrit pas et que la qualité du médecin est souvent jugée par la longueur de l'ordonnance. Alors, comme c'est un bon médecin, elle prescrivait souvent des placebos à ce type de patients.

le sage 56 44
le 03/02/2015

décidément qu'est ce que je suis d'accord avec toi ce matin diabéqui 

Vous aimerez aussi

COVID-19 et biothérapies : les patients partagent leur expérience

COVID-19 et biothérapies : les patients partagent leur expérience

Lire l'article
Le diagnostic du cancer du poumon raconté par les membres Carenity

Cancer du poumon

Le diagnostic du cancer du poumon raconté par les membres Carenity

Lire l'article
Le diagnostic de l'asthme raconté par les membres Carenity

Asthme

Le diagnostic de l'asthme raconté par les membres Carenity

Lire l'article
La sexualité avec une maladie chronique

La sexualité avec une maladie chronique

Lire l'article