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Comment le stress quotidien s'insinue dans nos rêves

12 déc. 2017 • 1 commentaire

Comment le stress quotidien s'insinue dans nos rêves

Des chercheurs britanniques ont réussi à associer scientifiquement les expériences stressantes de la journée avec certains types de rêves. 

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Sigmund Freud, le pionnier de l’étude des rêves, a été le premier à avancer l’idée que notre subconscient exprime son contenu pendant le sommeil. Or, plus d’un siècle après ses travaux, les scientifiques n’arrivent toujours pas à expliquer la fonction exacte des rêves. Mais la recherche avance. D’après une nouvelle étude britannique, les expériences stressantes de la journée peuvent se manifester dans nos rêves

Les frustrations de la journée

Ces travaux, publiés par la revue Motivation and Emotion, suggèrent que les pressions quotidiennes, ainsi que le sentiment de solitude et d’isolement, peuvent influencer notre sommeil. Les chercheurs de l’université de Cardiff, au Royaume-Uni, ont essayé de comprendre la frustration liée au besoin de se sentir compétents, au besoin d’autonomie, et au besoin des relations sociales. Ils ont ainsi mené deux expériences distinctes. Dans la première, ils ont demandé à un groupe de 200 élèves de se souvenir d’un de leurs rêves récurrents. Les scientifiques ont ensuite comparé ces rêves à ce qui se passant dans la vie des volontaires à ce moment, et si leurs besoins étaient satisfaits.

Au cours d’une deuxième expérience, ils ont demandé à un groupe de 110 élèves de noter leurs rêves pendant trois nuits consécutives, et de rapporter tous les événements importants survenus la veille. Conclusion : la charge émotionnelle des rêves correspond souvent à des événements frustrants liés à ces trois besoins pris en compte par les auteurs de l’étude.

"Nous avons trouvé des preuves que les rêves où l’on tombe, où on est attaqué ou poursuivi par quelqu’un, où on est enfermés, et où on essaye à plusieurs reprises de faire quelque chose en vain, seraient liés à une expérience frustrante  vécue au cours de la journée", commente la chercheuse en psychologie Netta Weinstein. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour mieux décrypter le contenu des rêves.

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Pourquoi fait-on des cauchemars ?

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Quand nous dormons, notre cerveau travaille ! Si le rêve se définit comme étant une activité cognitive produite par le cerveau endormi, il est loin d’être bienveillant, au contraire. Deux tiers des rêves seraient négatifs, affirme le Pr Isabelle Arnulf, chef de service du département des pathologies du sommeil à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Et cela ne doit surtout pas vous inquiéter. Avoir des rêves perturbés est un phénomène tout à fait normal. Voire thérapeutique, car, selon les chercheurs, il permettrait de digérer nos émotions négatives.

Digérer nos émotions négatives dans le sommeil

« Ce serait même l’une des fonctions du sommeil : reprendre les événements du quotidien et les retravailler pour les digérer sur un mode de possibilité plus embêtant, par exemple la jeune maman qui "rêve" que son bébé tombe du lit », explique le Dr Arnulf. Autrement dit, nous imaginons le pire dans notre sommeil pour pouvoir mieux y faire face dans la réalité. Simuler la menace pour la neutraliser. C’est un processus complexe, une « drôle d’alchimie » qui nous fait associer des choses qui n’ont rien à voir entre elles pour les assimiler.

Quelle différence entre le mauvais rêve et le cauchemar ?

Le mauvais rêve devient cauchemar lorsqu’il vous réveille en pleine nuit. Il traduit l’échec de ce processus de "digestion". « L’émotion est tellement forte qu’elle réveille la personne et ne peut pas être digérée. Et tant qu’elle n’est pas digérée, le cauchemar revient. » Quelque 5% des adultes feraient des cauchemars récurrents.

Cette "maladie des cauchemars" survient principalement après une agression, un stress aigu, un traumatisme. C’est l’un des symptômes caractéristiques d’un stress post-traumatique. Dans une moindre mesure, le cauchemar récurrent renvoie à un conflit entre deux personnes.

Comment faire disparaître cette "maladie des cauchemars" ?

La thérapie EMDR, basée sur la désensibilisation et le retraitement d’informations négatives par des mouvements des yeux, est généralement utilisée en cas de stress post-traumatique et donne de bons résultats. Si les cauchemars persistent, on a recours à la thérapie cognitive par répétition d’images mentales.

« La personne reprend le scénario habituel du cauchemar, et en change le cours au moment où il dégénère. Elle imagine une fin plus positive qu’elle doit visualiser et répéter deux fois par jour pendant dix minutes pendant une semaine”, explique le Pr Arnulf. Le cauchemar disparaît quand le cerveau, à force de répétition, a appris à "emprunter un autre chemin".  Quatre séances sont généralement nécessaires.

En dernière intention, en cas de résistance à cette thérapie cognitive, certains médicaments (à base d’adrénaline comme les hypertenseurs) peuvent être prescrits. A savoir : les somnifères sont inefficaces.

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Et quand le cauchemar est agité ?

Chez le jeune adulte, entre 18 et 30 ans, ce type de terreurs nocturnes avec cris ou hurlements, se focalise autour d’un danger imminent : un train qui arrive sur soi, un plafond qui s’effondre, des bêtes sur le lit qui vous attaquent. L’hypnose est généralement efficace.

Autre population particulièrement concernées : les plus de 65 ans. 8% des seniors ont ce type de cauchemars agités, pouvant aller jusqu’à la chute du lit, avec des gestes violents pouvant conduire malgré soi à se blesser ou à blesser son conjoint. La spécialiste du sommeil insiste sur le fait qu’il est indispensable de prendre en charge ces personnes car ces cauchemars traduisent aussi un risque élevé de développer dans les cinq ans une démence ou une maladie de Parkinson.

Entre ces deux tranches d’âge extrêmes, il est beaucoup plus rare d’avoir des cauchemars agités. Ils sont alors dus au manque de sommeil ou au stress. C’est notamment le cas des jeunes mamans.      

A savoir : certains médicaments, comme les bêtabloquants, ceux contenant de la dopamine, certains antidépresseurs et somnifères (Stilnox ou zolpidem), favorisent la survenue de cauchemars.                 

Et vous, faites-vous des mauvais rêves ?       

Santé Magazine

Commentaires

le 17/03/2018

Je fais beaucoup de rêves souvent oppressants, où je suis toujours avec plein de personnes et dans une situation très difficile dont je n'arrive pas à sortir. Pendant quelques mois, en rêve, je cherchais sans succès des toilettes , reflet évident de mon souci avec les diarrhées. Toute une période , les rêves m'ont remise en situation professionnelle,  avec mes anciens collègues , pressurée par le besoin de bien faire un travail que j'aimais,  mais avec des conditions impossibles. Je me suis souvent réveillée en larmes, en demandant à mon compagnon si j'avais crié en vrai...ce rêve revient souvent, alors que je ne peux plus travailler depuis 2006.

En ce moment, pas trop de cauchemars , mais des rêves en roman-fleuve où je suis souvent faible , incapable...

Je cherche à abandonner le stilnox ou Zopiclone,  mais c'est dur les nuits à tourner en rond !

Si on se donnait tous la main, la nuit, on ferait le tour du monde !

Bien à vous 

Marie-Sylvie 

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