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Une campagne de désinformation sur un vaccin crée la polémique

29 mai 2015 • 6 commentaires

Une campagne de désinformation sur un vaccin crée la polémique
Portée par le Pr Henri Joyeux, une pétition signée par 470.000 personnes avance des arguments infondés contre les dangers de la vaccination.

Deux mois après l'avis du Conseil constitutionnel confortant l'obligation vaccinale, le sujet fait à nouveau l'actualité. Cette fois, la polémique vient d'un chirurgien-oncologue. Dans une pétition adressée à la ministre de la Santé, le Pr Henri Joyeux dénonce la pénurie des vaccins ne protégeant que contre les maladies à vaccination obligatoires (diphtérie, tétanos, poliomyélite). Le seul produit désormais disponible, affirme-t-il, coûte «sept fois plus cher» et exposerait les enfants à des dangers «inutiles». Mais ce texte au ton alarmiste, qui avait déjà recueilli jeudi soir près de 470.000 signatures, est contesté par les experts. D'autant que le Pr Joyeux, ex-président de l'association Familles de France, s'est déjà fait connaître pour ses positions non consensuelles sur la nutrition et sa méfiance envers les vaccins. Il s'exprime au nom de l'Institut pour la protection de la santé naturelle, un organisme privé controversé basé à Bruxelles.

• Ruptures de stock et pénuries

Le seul vaccin disponible contre les trois maladies à vaccination obligatoire (diphtérie, tétanos, poliomyélite), dénonce le Pr Joyeux, serait l'Infanrix hexa de GSK, qui contient trois vaccins supplémentaires (coqueluche + haemophilus + hépatite B).

Le vaccin couvrant uniquement les trois maladies obligatoires, le DTPolio de Sanofi Pasteur, a effectivement été retiré du marché en 2008 avec l'accord de l'ANSM, en raison de réactions allergiques. Quant aux vaccins tétravalents (DTPolio + coqueluche ) et pentavalents (tetra + haemophilus ), ils souffrent de difficultés d'approvisionnement en raison d'une hausse de la demande d'antigène coquelucheux lié à une épidémie mondiale, et les autorités ont adapté la stratégie vaccinale début mars.

Le vaccin hexavalent est certes le plus facile à se procurer, mais il n'est pas le seul disponible: un kit couplant le DT Vax et l'Imovax Polio peut être fourni gratuitement par Sanofi Pasteur MSD à la demande du médecin traitant. Le premier produit étant en rupture de stock depuis janvier, l'Agence du médicament a fait savoir début mai qu'un produit de substitution, importé du Canada, était mis à la disposition des patients français aux mêmes conditions.

• Une vaccination superflue ?

En France, seules les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont obligatoires. Les autres vaccins (rougeole, coqueluche, hépatite B…) sont «recommandés». Mais le Haut Conseil à la santé publique a remis en cause en septembre la pertinence de cette distinction qui peut donner l'impression que ces derniers sont superflus, alors qu'ils sont «indispensables», rappelait alors au Figaro le Pr Jean-Louis Koeck, responsable du centre de vaccination de l'hôpital d'instruction des armées Robert-Picqué (Bordeaux) et fondateur du site mesvaccins.net. La coqueluche et l'haemophilus représentent désormais une menace plus forte pour les nourrissons que la diphtérie ou la poliomyélite, rappellent le Dr Koeck et le Dr Odile Launay, vice-présidente du comité technique des vaccinations. «Il faut les vacciner dès que possible, à partir de 8 semaines», explique cette dernière. Quant à l'hépatite B, un nourrisson présente peu de risques d'infection, mais vacciner tôt permet une meilleure immunité et participe à l'effort d'éradication de la maladie.

• Un risque médical ?

Henri Joyeux reproche à l'Infanrix hexa de contenir aluminium et formaldéhyde, «deux substances dangereuses», et de contenir le vaccin contre l'hépatite B,« soupçonné d'un lien avec la sclérose en plaques». Enfin, vacciner des enfants contre six maladies à la fois augmenterait le risque de réaction immunitaire «incontrôlée» ou de maladie auto-immune.

Utilisé en adjuvant, l'aluminium est accusé de pouvoir provoquer une myofasciite à macrophages, une maladie rare. Mais le Haut Conseil à la santé publique a récusé tout lien de causalité dans un rapport, en août 2013. L'Agence du médicament a toutefois accordé des fonds à un chercheur, Romain Gherardi, pour qu'il poursuive ses études sur cette maladie qui a probablement des causes génétiques.

Le formaldéhyde «est présent dans le vaccin en quantités infinitésimales et sert à inactiver certains micro-organismes. Cela a toujours existé et les données montrent que c'est sans danger», réagit le Dr Launay.

Les soupçons de lien entre le vaccin contre l'hépatite B et la sclérose en plaques, nés au début des années 1990, ont fait l'objet d'une enquête officielle lancée en 1994 par l'Agence du médicament et d'études internationales dont aucune n'a «établi de lien causal entre ces événements indésirables et la vaccination contre le VHB», rappelait l'ANSM sur son site en 2012.

Du côté des risques immunitaires, le Pr Koeck précise que les vaccins les plus récents «sont mieux tolérés et contrôlés que les anciens». «Il n'y a aucun lien entre le nombre de maladies contre lesquelles protège un vaccin et le nombre d'antigènes» (qui induisent la réaction, NDLR), ajoute le Dr Launay. «Faire ce type de raccourci montre une totale méconnaissance du sujet», s'insurge le Pr Koeck.

Le Figaro santé

Commentaires

le 29/05/2015

merci pour toutes ces explications Julien!!!après,chacun choisit de faire les vaccins ou pas,sachant que cetaines maladies infantiles osnt en recrudescence. bien cordialement

le 30/05/2015

Merci Julien. 

le 02/06/2015

qui pourrait nous dire sur ce forum quels sont les vaccins disponibles en France..par exemple si je souhaite faire juste un rappel du tétanos ? merci et intéressant à savoir..

alyzée.

le 03/06/2015

J'ai suivi de très loin cette polémique car je ne me sens pas concernée.
Je sais seulement qu'en 1956 ou 57, à la suite du BCG de l'époque j'ai eu une drôle de réaction. (J'avais entre six et sept ans, en cours élémentaire, et je m'en souviens encore !)
Sur d'autres vaccins plus tard (fièvre jaune etc...) je n'ai jamais eu de problèmes manifestes.
Je crois surtout que les laboratoires auraient intérêt à mieux communiquer car le public ne leur fait plus trop confiance. Il y a eu trop d'affaires ces dernières années et les problèmes de pénuries de plus en plus fréquentes dérangent énormément. Dire que la demande est trop forte c'est un peu court. La demande ça s'anticipe, les approvisionnements aussi...

le 03/06/2015

Il vaut mieux prévenir que guérir ! Ce dicton peut prêter à confusion.

Des vaccins sensés nous prémunir de maladies, peuvent parfois provoquer de graves effets inattendus, il suffit de se rappeler du vaccin pour prévenir du cancer de l'utérus chez les jeunes adolescentes, le Gardasil et qui a eu des conséquences dramatiques pour certaines d'entre elles.

En des temps plus anciens, je me rappelle qu'à l'époque ou j'ai développé mon diabète  on ne savait pas vraiment donner d'explication lorsque la maladie survenait, et les médecins avaient cette réponse : après une vaccination ;un choc ..... et je m'étais fais vacciner quelque temps auparavant alors.....

Comme quoi difficile de savoir le vrai du faux encore aujourd'hui et hésiter à prendre la bonne décision ou ...mauvaise.

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