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Sida : une campagne virale d'AIDES pour ne pas oublier

10 juin 2015 • 5 commentaires

Sida : une campagne virale d'AIDES pour ne pas oublier

Alors que le sida fait de moins en moins parler de lui, l'association AIDES a lancé ce lundi une campagne digitale pour lutter contre la banalisation de la maladie.

Le sida a 32 ans et aujourd’hui il a décidé d’être actif sur les réseaux sociaux. Pour éviter la banalisation ou l'oubli, l’association AIDES, de lutte contre le sida, a lancé ce lundi une campagne digitale. Antoine Henry, responsable de la communication chez AIDES, explique que l’objectif de cette campagne est de « pouvoir faire expérimenter aux gens l’intrusion du sida dans leur monde virtuelle. Il faut aussi éviter sa banalisation et donner de la visibilité à la maladie et au combat qu’il y a autour », dit-il.

La campagne a lieu sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter, Linkedin et Instagram, mais aussi sur les sites de rencontres à géolocalisation Tinder et Grindr. Tandis que l’âge moyen des contaminations est de 35 – 37 ans, la campagne digitale cible les 25 – 45 ans.

Plusieurs milliers de tweets

Depuis le 1er mai, @LeSida agit comme un spammeur et s’incruste dans les conversations de dizaines de milliers d’internautes, avec un message clair : #JeSuisLa.
« On est à l’approche de l’été et c’est une période propice à la prise de risque », rappelle Antoine Henry. La campagne virale devrait continuer jusque début juillet, mais « on va essayer de la faire durer jusque début août, sur internet », précise le responsable communication.
Antoine Henry  explique que la première phase de la campagne a très bien marché, « plusieurs milliers de personnes ont réagi aux tweets. Il y a eu beaucoup d’interactions entre le compte du sida et les tweetos (ndlr : les utilisateurs de Twitter) ».

Avec le hashtag #JeSuisLa, l’idée était de créer le débat et surtout des réactions. Et ça n’a pas loupé. « Le sida ne laisse pas indifférent », souligne Antoine Henry, qui énumère les réactions choquées, sur la défensive ou interrogatives des tweetos. Mais AIDES laisse la possibilité aux internautes de s’engager et de soutenir la lutte contre la maladie en répondant : « Pour faire taire le sida : AIDES.org ! ».

Un film choc

Dans une vidéo de 45 secondes, actuellement diffusé sur Youtube, « le sida se raconte sans vergogne avec la voix de Gaspard Proust », explique l’association. « On est en train de négocier avec les chaînes pour pouvoir le diffuser à la télévision, explique Antoine Henry. Puisque personne ne parle de lui, on va le faire parler », dit-il.

« On sait très bien que ce n'est pas une campagne qui va révolutionner les mentalités, mais ça permet à la lutte contre le sida de continuer à exister et de véhiculer les messages de prévention », conclut Antoine Henry.
Cinq affiches seront visibles sur les quais de métro parisiens et sous plus de 2000 abris – bus partout en France et ne laisseront personne indifférente. Sur le site de l'association, les internautes pourront y découvrir une pétition, dessinée par l’illustratrice et bdéiste Pénélope Bagieu, « les invitant à se mobiliser pour faire taire » le sida.

En France, chaque année, 6000 nouveaux cas sont détectés et 150 000 personnes sont porteuses du VIH, dont 30 000 qui l’ignorent. Mais une chose est sûre, ce spammeur qui envahit nos réseaux sociaux est utile pour rappeler « que le sida est toujours là, partout, tout le temps », rappelle l’association.

Pourquoidocteur.fr

Commentaires

le 10/06/2015

Effectivement, on a l'impression qu'il y a une banalisation du SIDA. Et pourtant, il est toujours là. Belle initiative de l'association AIDES avec cette vidéo.

A voir et partager

Je suis là

le 13/06/2015

Bonjour, merci de l'intérêt pour ce récit d'un événement vécu, survenu à un moment donné de notre existence.

Ce fût une expérience émotionnelle intense, la découverte du SIDA de notre fils unique et gay il y a déjà presque 20 années.

Comme la chanson, il venait d’avoir 18 ans et assumait avec beaucoup de courage sa particularité tout en menant avec brio des études supérieures artistiques à Paris. La découverte de son attirance pour les garçons et donc de son homosexualité vers ses 12 / 14 ans fût une épreuve pour lui dans notre monde provincial, le dortoir des garçons au lycée était devenu compliqué pour lui. Il garda son secret toute son adolescence, sauf pour certains de ses vrais amis hétéros et gays, nous laissant seulement parfois quelques indices pour nous rendre enfin un jour à l’évidence vers ses 17 ans. Ma réaction fût stupide car je lui ai dit qu’il était un ingrat, comme si mon fils que j’avais désiré me devait quelque chose.

Merci à l’association CONTACT de Paris rencontrée par chance à la suite de cette révélation de nous avoir aidé et surtout de m’avoir permis de pouvoir dire à mon fils que je l’aimais très fort, nous avons vécu des moments intenses lors des nombreuses GayPrides auxquelles nous avons participé tous les trois, que de bisous avons nous reçu d'autres gays, lesbiennes et trans mêlés à la foule pour notre visibilité à cette manifestation haute en couleurs et musique pendant plus de 10 ans.

C’est un beau matin de printemps que le téléphone sonna, j’étais absent provisoirement du domicile, seule mon épouse était présente, c’est elle qui reçu l’appel et fût la première à recevoir le choc, elle lui prodigua les paroles que les mamans aimantes savent  prononcer. A mon retour je la trouvai en pleurs, elle me fit part de la terrible nouvelle, je suis resté quelques instants sans voix ne sachant que dire, j’ai enfin pu articuler quelques paroles apaisantes à mon épouse et j’ai téléphoné de suite à mon fils désespéré.

Je lui ai dit une nouvelle fois que je l’aimais et qu’il n’étais pas seul au monde, nous étions là avec lui pour faire face, sa maladie devenait la nôtre également et de la même façon que nous parlions de son homosexualité, des ses rencontres, de ses amours, de ses études et plus tard de son travail, dorénavant s’il le souhaite nous parlerons de sa maladie, de son traitement, de ses espoirs de guérison ou de son désespoir et qu'en aucun cas nous en voulions à son compagnon de l'époque et qu'ils restaient les bien-venu chez nous.

C’est à la lecture du texte de Julien que je viens de constater que déjà 20 ans se sont passés, avec des hauts et des bas, des espoirs dans les traitements, le moral parfois dans les chaussettes avec les désagréments que la maladie occasionne.

Mais surtout ces épreuves, son état de santé, le mien ensuite, nous ont soudés tout les trois, nous avons   partagé intensément  et nous nous sommes souvent encouragés mutuellement lors de la prise de nos traitements et avons beaucoup échangés, encore récemment nous avons partagé la douleur de perdre son cher compagnon depuis plus de 5 ans, notre gendre de cœur, décédé d’un cancer de la peau.

Et pourtant lui comme nous, nous trouvons la vie belle et faisons tout notre possible pour vivre.

Jolepotager

le 13/06/2015

@pseudo-masqué  J'ai du mal à trouver des mots tellement votre témoignage est beau. Merci beaucoup de l'avoir partager avec nous.  On ne peut qu'admirer votre courage, sagesse, et votre amour inconditionnel pour votre fils et votre famille.

Mes sincères condoléances pour le décès du compagnon de votre fils.

Je vous souhaite du tout coeur une bonne continuation sur votre chemin de vie qui certes n'est pas toujours facile, mais que la solidarité et l'amour des membres de votre famille aident à faire face à vos épreuves.

Très chaleureusement

le 13/06/2015

Bonsoir @pseudo-masqué,

Merci pour votre émouvant témoignage

LadyKat a tout dit, je rejoins son message !

Bon courage à votre fils et chaleureuses pensées à vous tous !

le 14/06/2015

Bonjour @pseudo-masqué,

Votre témoignage est très émouvant!

Que dire de plus, que de souhaiter à votre fils beaucoup de courage, ainsi qu'à vous qui traversez tout ces moments difficiles avec lui.

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