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Push Doctor, la santé version mobile et 100% privée

10 juil. 2015 • 12 commentaires

Push Doctor, la santé version mobile et 100% privée
Bastion du système public de santé et de la gratuité des soins médicaux, le Royaume-Uni voit se multiplier les services de santé privés à l'image de la nouvelle application Push Doctor. Décryptage.
 
Et si vous pouviez solliciter les services d’un médecin sans vous déplacer et en un clic? C’est ce que propose l’application Push Doctor, moyennant finance. Le principe est simple, il vous suffit de vous y connecter et de prendre rendez-vous pour une consultation à votre convenance. Push Doctor vous met ensuite en contact avec l’un des médecins agréés de leur réseau via une transmission vidéo. Pas d’examen médical, mais la possibilité d’obtenir un diagnostic, une prescription valable dans toutes les pharmacies et même un arrêt maladie. L’application tient également à jour un dossier médical pour chaque patient, auquel l’accès est gratuit et communiqué au médecin traitant pour un meilleur suivi.

Payer pour se faire soigner
 
Contrairement aux soins dispensés par un médecin traitant dans le cadre du NHS (National Health Service) – le service de santé national – avoir recours à Push Doctor a un coût : 25£ (près de 35€) pour une consultation de 10 minutes, le double pour une consultation de 20 minutes et 55£ soit près de 75€ pour un temps maximal de 30 minutes. Il faut également compter des frais supplémentaires pour l’obtention d’une prescription ou d’un arrêt maladie. L’application offre donc une prestation payante pour ses utilisateurs, en rupture avec les principes d’universalité et de gratuité garantis par le NHS.
 
Un système public en crise
 
Pourtant le recours à ce genre de services payants est croissant au Royaume-Uni, où les patients sont souvent confrontés à des délais d’attente trop importants. En 2003 les dépenses privées (assurances santé privées et participation financière directe des usagers aux services de santé) représentaient 1,4% du PIB contre 6,6% pour les dépenses publiques.
 
A l’origine de ces changements de comportements, la crise du système public de santé. Mis en place en 1948, le NHS a été souvent remanié par les différents gouvernements en vue de réduire son coût. La réforme de Margaret Thatcher en 1991, qui introduit la concurrence entre les fournisseurs de services médicaux, a encouragé ces derniers à rentrer dans cette logique de contrainte budgétaire sans trop se soucier de la satisfaction des patients. Depuis 2010 les coupes budgétaires entraînées par les politiques d’austérité ont encore dégradé la qualité du service public de santé britannique et par ricochet accru le recours à des organismes privés.
 
Alors faut-il craindre une privatisation du système de santé britannique ? On en reste malgré tout très loin, et le Royaume-Uni conserve son encore son glorieux héritage beveridgien du nom de William Beveridge, l'inventeur de l'Etat-providence moderne en pleine seconde guerre mondiale. Surfant sur la demande de services mobiles encore assez peu appliqués à la santé, Push Doctor est une réponse 100% marchande face aux difficultés que traverse le NHS. Proposer aux patients - devenus ici des consommateurs de prestations de santé - un service à distance combinant efficacité et rapidité pourrait presque passer pour une forme de concurrence déloyale. Encore faut-il avoir les moyens de s’offrir des vidéo-consultations de 10 minutes.

Liberation.fr

Commentaires

Ellipse
le 11/07/2015

Innovation technologique certes mais un pas de plus dans la médecine à 2 vitesses.

dawa
le 12/07/2015

Je suis d’accord avec Ellipse, de plus le contact humain me parait déshumanisé par le coté "virtuel" de la rencontre... C'est triste de ne plus pouvoir rencontrer physiquement une personne.
Cependant dans certaines situations , urgence de diagnostic , éloignement d'un centre médical cela peut-être utile pour un premier contact avant de rencontrer une équipe médicale "en chair et en os". Dawa

Chris31
le 12/07/2015

Bonjour juste quelques mots à ce sujet c'est une hérésie et une honte ! Il y aura des accidents sans nul doute et des dérives aussi car un examen complet est indispensable à la 1ère visite. 

Bonjour les tarifs. ... et on appelle ça de la médecine ? 

Même le 15 (SAMU) vous conseille et rassure préalablement à une redirection vers le service d' urgence qui doit vous recevoir...

Pour moi encore une fois c'est une connerie énorme oú non seulement on prend les gens pour des imbéciles  (coût,  qui est véritablement en ligne....?) mais d'une grande dangerosité ! 

je rajouterai @dawa  oui et ça existe déjà !  Fais tout simplement  le 15 urgences SAMU et on te conseille rassure et vient te chercher si ta vie est en danger ! Dans tous les cas on te voit et c pas du virtuel  !

le 12/07/2015

Bonjour, je rejoins entièrement Chris31, tout est dit . 

Faire un diagnostic sans voir le patient, génial !!!! mais où va t-on ???

le 12/07/2015

Tout cela se passe au Royaume-Uni où le service de santé de base gratuit montrait déjà ses limites dans ma jeunesse...

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