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Mon corps (re)connecté

27 nov. 2015 • 2 commentaires

Mon corps (re)connecté

Pour le cofondateur de dmd Santé, Guillaume Marchand, la santé connectée pourrait profondément modifier notre rapport à nous-mêmes.

Tracking, Quantified Self, auto-mesure, santé connectée, e-santé et même transhumanisme, le monde de la santé tremble à l’arrivée de ces nouveaux barbarismes. Pourtant, entre les pourfendeurs du Big Brother de la santé et les adeptes du corps amélioré voir du corps dématérialisé, il semble que la véritable (r)évolution échappe encore à certains : le corps (re)connecté !

De fait, la santé connectée est d’abord et avant tout porteuse d’une nouvelle valeur : notre corps. Il s’agit bien d’une nouvelle valeur et non de la redécouverte d’une valeur. Le corps connecté n’est pas un ultime avatar du «mens sana in corpore sano», mais avant tout la découverte d’un nouvel objet : nous-mêmes.

Retrouvez le programme du forum Mon corps connecté de Grenoble

Pour la deuxième fois dans l’histoire de l’humanité, la santé connectée nous permet de nous connaître, de nous comprendre et donc d’agir en tenant compte – ou non – de nous-mêmes ou tout du moins des conséquences directes de nos actions (pour mémoire, la première fois date de l’époque pré-médicale, celle où la conséquence d’une action reposait sur un rapport binaire : vivre ou mourir).

Il ne s’agit pas d’une évolution mineure comme certains aiment à le dire. L’autonomisation du patient et de la personne en pleine santé ne peuvent se concevoir qu’autour d’une personne en pleine conscience d’elle-même et de ses actes.

Se connecter, mais pourquoi ?

La santé connectée est un bouleversement, une (r)évolution profonde qui peut - doit si on lui en donne la chance – modifier profondément notre rapport à nous-mêmes. Évidemment, le corps (re)connecté est une chance : celle de se redécouvrir et d’être conscient de soi, mais aussi une chance pour la médecine. Je ne peux m’empêcher de croire qu’une personne qui se connaît est un patient potentiel en moins.

De fait, le corps (re)connecté est, au-delà de l’autonomisation, porteur d’un nouveau système de santé, d’une nouvelle médecine : celle de la prévention. Depuis l’heure où la médecine est devenue science, technique, technologique et hyperspécialisée, règne le dogme du soin, du curatif. Nous, médecins notamment, mais également décideurs et payeurs, avons perdu l’objet même de la médecine : la santé dans sa globalité. Nous sommes focalisés sur une excellence du soin, et avons écarté du cœur des préoccupations l’être humain.

Vers une ère de la prévention

La santé connectée ne va pas déshumaniser la médecine. Tout au contraire. Elle va redonner aux médecins la place qu’ils doivent avoir : celle d’un passeur de message, d’un chaman. La santé connectée, le big data et la génomique sont des domaines où les algorithmes sont et seront présents et le médecin sera celui qui pourra les donner à comprendre.

Il ne s’agit pas de construire une médecine des chiffres, mais une médecine du dialogue. Un dialogue fondé sur la connaissance de soi, une connaissance éclairée. Le corps (re)connecté est donc d’abord et avant tout la promesse d’un monde en mutation, un monde où la prévention – qu’elle soit primaire, secondaire ou tertiaire – se fondera sur une relation médecin-patient enrichie de la connaissance même de ce dernier par lui-même.

Liberation.fr

Commentaires

le 27/11/2015

Très intéressant. Merci. 

le 28/11/2015

Depuis le temps que tout le monde se plaignait de la parcellisation de la médecine, un spécialiste pour chaque partie de notre corps et des généralistes dépassés pour faire la synthèse... nous n'allons pas faire la fine bouche sur les perspectives annoncées de santé connectée. Faudra-t-il, quand même, que certains médecins, totalement perdus face à un ordinateur, acceptent d'être formés...   

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