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Les seniors de plus en plus touchés par le virus du Sida

28 sept. 2017 • 2 commentaires

Les seniors de plus en plus touchés par le virus du Sida

Entre 2004 et 2015, le nombre de séropositifs européens âgés de plus de 50 ans est passé de 2,1 à 2,6 par tranche de 100 000 personnes mais est resté stable chez les 15-49 ans…

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Les personnes de plus de 50 ans représentent une part croissante des patients séropositifs en Europe. Parmi les personnes infectées par le virus du Sida en 2015, un sur six était âgé de plus de 50 ans, d’après une étude publiée mardi dans la revue scientifique The Lancet. Entre 2004 et 2015, les taux d’infection par le VIH des personnes de plus de 50 ans sont en hausse dans seize pays européens. Seul le Portugal a connu une baisse de ce pourcentage.

Le travail des chercheurs a également montré que dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein et en Norvège, le nombre de personnes porteuses du VIH et âgées de plus de 50 ans était passé de 2,1 à 2,6 pour 100 000 de 2004 à 2015. Or sur la même période, le nombre de nouveaux malades est resté stable chez les 15-49 ans.

Un diagnostic à un stade avancé

Les spécialistes ont également constaté que les plus 50 ans avaient davantage de chance d’être diagnostiqués aux stades avancés de l’infection, dont le Sida avéré, que des personnes plus jeunes. Mais aussi qu’ils étaient plus susceptibles d’avoir contracté le virus lors de rapports hétérosexuels.

« Nos résultats illustrent un besoin évident de fournir des programmes complets de prévention du VIH… ciblés sur les personnes âgées en Europe », analyse Lara Tavoschi, auteur principal de l’étude et chercheur au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies en Suède. La scientifique appelle de ses vœux un effort de réduction des délais avant le début du traitement mais aussi une amélioration des diagnostics précoces, grâce notamment aux auto-tests.

En 2013, l’Onusida (programme de coordination de l’ONU contre le sida) estimait que 4,2 millions de personnes âgées de 50 ans et plus vivaient avec le VIH dans le monde.

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VIH : le nombre de morts divisé par deux dans le monde depuis 2005

Un million de personnes sont mortes de maladies liées au Sida en 2016 dans le monde, soit presque moitié moins que lors du pic de décès atteint en 2005, selon un rapport de l'ONU. Ce progrès est lié en grande partie à une meilleure diffusion des antirétroviraux, ces traitements qui empêchent le développement du virus, explique l'Onusida, le programme de coordination de l'ONU contre cette maladie.

« En 2016, 19,5 millions de personnes, sur les 36,7 millions qui vivent avec le VIH, avaient accès aux traitements », soit désormais plus de la moitié (53%), souligne le rapport annuel sur l'épidémie. Rien qu'en 2016, « on a pu mettre 2,4 millions de nouvelles personnes sous traitement [...]. Nous sommes en train de sauver des vies », s'est félicité Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida.

Baptisé « En finir avec le sida », ce rapport « est une démonstration très claire que nous pouvons atteindre l'objectif 90-90-90 », a estimé le dirigeant, faisant référence à l'ambition lancée il y a trois ans : que d'ici 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que parmi elles, 90% soient sous traitement, et que parmi ces dernières, 90% aient une charge virale indétectable. Fin 2016, ces proportions étaient de 70%, 77% et 82%, selon l'Onusida.

« Les progrès accomplis peuvent être facilement effacés »

Mais « nous vivons des temps fragiles et les progrès accomplis peuvent être facilement effacés », a averti Michel Sidibé. 1,8 million de nouvelles infections par le VIH ont encore eu lieu en 2016, soit une infection toutes les 17 secondes. Ce chiffre est en baisse régulière, et très loin du maximum de 3,5 millions de contaminations atteint en 1997. Mais la baisse est trop lente pour parvenir à l'objectif de 550 000 nouvelles contaminations en 2020, qui permettrait de juguler l'épidémie, avertit l'Onusida.

Il n'existe pas de vaccin contre le VIH et les personnes séropositives doivent suivre un traitement par antirétroviraux tout au long de leur vie. Ces traitements sont coûteux et entraînent des effets secondaires, mais ont transformé l'existence des personnes séropositives et allongé leur espérance de vie. Sans traitement, les personnes infectées développent le Sida, qui affaiblit le système immunitaire et expose aux infections opportunistes. La tuberculose était ainsi encore en 2016 la première cause de mortalité des personnes atteintes du VIH.

La région qui a le plus progressé est l'Afrique australe et de l'Est, qui rassemble plus de la moitié des personnes séropositives. Les décès liés au Sida y ont chuté de 42% depuis 2010 et les nouvelles infections de 29%. L'Afrique de l'Ouest et du centre est à la traîne, avec seulement 35% des personnes séropositives sous traitement, contre 60% au sud et à l'est du continent.

Explosion de l'épidémie en Europe de l'Est et en Asie centrale

L'Onusida s'inquiète aussi de l'explosion de l'épidémie en Europe de l'Est et en Asie centrale : le nombre de décès y a grimpé de 27% en six ans. « C'est mon point de déception », a confessé Michel Sidibé, citant en particulier la Russie, qui concentre 81% des nouvelles infections dans cette région.

Autres sujets de préoccupation : seulement 43% des enfants contaminés par le VIH ont accès aux antirétroviraux, contre 54% des adultes, et en Afrique subsaharienne, les contaminations chez les femmes de 15 à 24 ans sont 44% plus nombreuses que chez les jeunes hommes.

Dans un rapport distinct, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié de « menace grandissante » le développement de résistances aux antirétroviraux, souvent liées à un suivi irrégulier du traitement. Si rien n'est fait, ce phénomène pourrait entraîner 135 000 morts et 105 000 contaminations supplémentaires dans les cinq ans, selon l'OMS.  « Nous disposons de tous les outils nécessaires pour éradiquer l'épidémie [...]. Le manque de volonté politique et de moyens pour traduire les paroles en actes est l'obstacle majeur », a estimé Coalition plus, groupement d'associations de lutte contre le Sida.

20 Minutes Santé

Commentaires

le 28/09/2017

Alors maintenant on devient "personne âgée" ou "senior" à 50 ans???

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