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Les cures ont encore la cote

21 janv. 2016 • 38 commentaires

Les cures ont encore la cote
Comme Chantal, 67 ans, plus d'un demi-million de Français partent chaque année en cure. Et leur nombre ne cesse d'augmenter. Les raisons de ce come-back.

Avant, elle ne savait plus à quel traitement se vouer, avalant des antiinflammatoires à la chaîne. Quinze ans et jamais un mois sans, pour venir à bout des douleurs qui lui vrillaient mains, cou, dos, genou. Aujourd'hui, dans un rire joyeux, Chantal dit sans hésiter qu'elle « recommande[rait] les cures à tous ceux qui souffrent de rhumatismes ». Entre-temps, l'ex-attachée commerciale âgée de 67 ans a découvert les cures, prescrites par son rhumatologue : puisqu'elle aurait le temps, avec la retraite... Chaque année depuis huit ans, elle quitte donc Angoulême et prend le chemin de Dax (Landes) pour trois semaines. « Dès la première année, mes mains ont dégonflé et je retrouvais de la dextérité. Depuis la troisième année, j'en ai ressenti les bienfaits dans le cou et le dos. Désormais, je ne prends plus que très rarement des médicaments. »
 
Le ras-le-bol des cachets est l'un des facteurs qui poussent un jour à envisager une cure thermale. Une tendance à la « défiance médicamenteuse » qui va de pair avec le désir croissant de patients d'être pris en charge « comme un tout plutôt que comme un organe à soigner », analyse Claude-Eugène Bouvier, délégué général du Conseil national des établissements thermaux (CNETh).
 
La courbe démographique, qui voit la part des seniors et de leurs maux augmenter, joue aussi, lorsque l'on sait que la moyenne d'âge du curiste est de 64 ans. Alors que s'ouvre ce matin le 34e salon les Thermalies à Paris*, le résultat est là. La cure n'a rien de has been. Certes, poussé par les 105 établissements (90 stations) qui multiplient et diversifient les offres, le concept plaît même de plus en plus. Depuis 2009, la fréquentation croît. 560 000 Français ont ainsi opté pour une cure l'an dernier : rhumatologie (66,78 %), problèmes veineux et affections respiratoires constituent toujours de trio de tête des soins les plus prisés.

Tant pis pour les détracteurs, qui affirment que ce sont juste « des vacances au frais de la Sécu ». « Les idées reçues ont la vie dure », soupire le docteur André Monroche. Rhumatologue à Angers, il assume de prescrire cette « médecine complémentaire » à ses patients et se réjouit de les voir gagner en qualité de vie : « Pour une fibromyalgie, sans traitement efficace, c'est tout de même mieux que de gaver de médicaments qui assomment le malade ! Lorsque j'ai été formé, confie-t-il, la médecine générale avait déjà du mal avec la médecine thermale. Aujourd'hui, la médecine dite de preuves, qui fonctionne à l'anglo-saxonne, peine également à admettre son efficacité parce qu'elle est difficilement démontrable. » Aux propriétés avancées de chaque eau s'ajoute en effet un ensemble : être loin de chez soi, se faire dorloter, apprendre à prendre sa santé en main.
 
Depuis vingt-cinq ans, les instances du thermalisme multiplient études médicales et enquêtes pour prouver — à la Sécurité sociale entre autres — que la cure est « une option thérapeutique d'actualité ». L'une d'elles, menées sur 10 540 curistes entre 2006 et 2011 en partenariat avec la mutualité de la fonction publique, relève une baisse de 185 € de leurs dépenses de santé dans les six mois qui suivent la cure. L'observatoire de l'Association française pour la recherche thermale (Afreth) pointe qu'un curiste sur deux parvient à réduire son traitement de fond à ce stade. Et neuf mois après la cure, 64 % des patients ont réduit le recours aux anti-inflammatoires.
 
 
Remboursé ? Oui mais pas tout ! 
 
Contrairement à ce que dénoncent leurs détracteurs, la Sécu n'est pas le plus grand financeur des cures. Le thermalisme ne représente que 0,15 % des dépenses de l'Assurance maladie. « C'est essentiellement aux patients qu'il en coûte », sourit le docteur André Monroche, rhumatologue prescripteur à Angers. Le remboursement ne couvre en effet que 65 % des soins inclus dans la cure, liés à l'affection pour laquelle elle a été prescrite (soit 72 soins pour une cure de rhumato de trois semaines, facturés 529,45 €), et 70 % des trois visites médicales du séjour. 35 % de ces dépenses restent donc à charge du curiste (sauf prise en charge par sa mutuelle). Auxquelles il faut ajouter les soins annexes et les ateliers d'éducation thérapeutique par exemple, qu'il envisage de suivre, également le transport, le logement sur place...
 
Au total, la cure représente un véritable investissement santé d'un coût moyen de 1 000 à 1 500 €. Pour être remboursée, la cure doit en outre satisfaire à ce critère incontournable de la Sécu : durer dix-huit jours d'affilée. Les multiples options désormais proposées dans les stations thermales, pour répondre à la difficile convalescence de lourdes maladies (cures post-cancer par exemple) ou à de nouveaux maux dans l'air du temps (détox digitale), d'une durée de six jours, ne sont donc pas prises en charge.
 
 
Les enfants, eux, désertent
 
Plaques d'Eczéma, bronchites ou otites à répétition... Considérant l'augmentation des manifestations allergiques ces dernières années chez les plus jeunes, on imagine que les enfants ne sont a priori pas en reste côté maladies susceptibles d'être soignées en cure. Et pourtant. Si les quinquagénaires se souviennent tous avoir eu de petits camarades qui partaient au moins une fois dans leur enfance en cure à l'époque, les écoliers d'aujourd'hui et leurs maladies ORL grossissent de moins en moins les rangs des patients dans les stations thermales. En 2015, elles ont accueilli 7 500 patients de moins de 18 ans, l'année dernière ils étaient 8 035. « En 2010, on était encore autour de 15 000 », relève Claude-Eugène Bouvier, délégué général au Conseil national des établissements thermaux (Cneth). Pourquoi une telle désaffection ? « L'efficacité du thermalisme, particulièrement en dermatologie et pour les voies respiratoires, est indéniable », souligne-t-il.
 
En revanche, l'accueil des plus jeunes est devenu délicat pour plusieurs raisons. D'abord les structures d'accueil en station (pour l'hébergement des enfants, leur accompagnement quotidien aux soins) doivent désormais répondre aux critères administratifs des maisons d'enfants à caractère social (MECS), avec notamment infirmière à demeure. Trois stations, contre trente autrefois, en sont dotées. Difficile ensuite de caler trois semaines d'affilée avec son petit en cure, sauf à empiéter... sur les vacances.
 
Pas de remboursement pour les cures de moins de 18 jours
 
Pour contrer cet écueil de la vie moderne, à Luchon, on a imaginé des cures de six jours, orchestré l'accueil des enfants de la ville type centre de loisirs, de façon à pouvoir aussi y recevoir les petites curistes. Le hic : à moins de 18 jours, pas de remboursement par la Sécurité sociale. Barrière que le Cneth espère pouvoir abattre à l'horizon 2017 pour les enfants, « sous réserve d'efficacité similaire démontrée ». « L'Assurance maladie a accepté, souligne Claude-Eugène Bouvier, que l'on expérimente la cure scindée en deux périodes de neuf jours, sur deux cohortes d'enfants, en dermatologie et affections respiratoires. » Le bénéfice sera évalué en fonction de la réduction de médicaments obtenue.


LeParisien.fr

Commentaires

maritima
le 21/01/2016

A lire pour tous ceux et celles qui connaissent Miss Fibro et ......qui ont les moyens !

le 21/01/2016

Merci. 

G I G I
le 21/01/2016

Miss fibro présente mais le budget ne suit pas

bibi09
le 30/01/2016

A 57 ans, j'en avais assez de prendre des cachets jours et nuits avec tous les effets secondaires que cela comporte, et mon médecin généraliste m'a suggéré la cure thermale. J'en ai faite 2, et mes douleurs ont nettement diminuées. J'étais la plus jeune et un peu gênée, mais tellement satisfaite d'avoir osé ! C'est vrai que ça a un coût, les soins étant remboursés, mais plus le trajet (uniquement le lieu de cure le plus près de votre domicile), et l'hébergement pour 3 semaines n'est pas donné dans ces endroits très fréquentés....

Mais je suis persuadée que les cures ont encore de beaux jours devant eux...pour ceux qui ont les moyens.

le 30/01/2016

tout a fait ,j'ai fait ma 1er cure en2015 ce n'est pas donner cest sur mais bon il faut bien essayer pour voir  60%DE REUSITE pour moi je me suis bien redresséet un peu moins de douleur,je peu aller a probtp il font des prix intéressant pour les anciens du btp je vais a bagnère de luchon et cela me revient après toute deduction a 280 euro de ma poche( en ald)pour 3 semainespour cette année pas mal non!touti

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