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La France épinglée pour la situation de ses handicapés

19 févr. 2015 • 7 commentaires

La France épinglée pour la situation de ses handicapés
Outre la montée des actes racistes et homophobes et l’accueil préoccupant des migrants de Calais, le commissariat aux droits de l’homme souligne, dans son rapport publié mardi, la situation des personnes handicapées en France, renvoyant le gouvernement face à ses responsabilités. Cette instance du Conseil de l’Europe scrute les politiques publiques et leurs défaillances, dans les 47 pays membres. Le dernier rapport sur la France datait de 2008. Si les recommandations du commissaire n’ont pas de valeur contraignante, les gouvernements sont obligés d’en tenir compte s’ils veulent éviter une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les juges de Strasbourg se basent en effet souvent sur leurs travaux pour prendre leurs décisions.

Une mauvaise connaissance des besoins

En France, aujourd’hui, personne n’est en mesure de dire combien de citoyens sont handicapés, quel est leur degré d’incapacité et donc la prise en charge dont ils ont besoin. «Il en résulte un certain nombre de situations à la fois inquiétantes et paradoxales : ainsi, des personnes qui auraient pu bénéficier d’un maintien en milieu ordinaire à condition de recevoir l’accompagnement personnalisé nécessaire se trouvent placées en institutions, faute d’une évaluation pertinente de leurs besoins ou de disponibilité des services médico-sociaux adaptés», souligne le rapport. Les citoyens handicapés se retrouvent alors privés de leur liberté de choix.

L’exil forcé vers la Belgique

«Le commissaire constate que les insuffisances du système de prise en charge des personnes handicapées en France ont notamment pour conséquence le déplacement d’un nombre non négligeable de personnes handicapées vers la Belgique», comme l’ont raconté plusieurs médias, dont Libération, 6 000 Français séjourneraient ainsi en Belgique, selon le rapport. «Un chiffre qui demeurerait stable malgré une capacité des établissements français augmentant de 4 000 places par an».

Trop d’hospitalisations d’office

Par définition, les hospitalisations forcées portent atteinte aux libertés individuelles. «Malgré les nombreuses remises en cause de leur bien-fondé, ces hospitalisations involontaires restent nombreuses et ont concerné plus de 80 000 personnes en 2011 en France», pointe le commissaire. L’avis des patients concernés est «rarement recueilli et insuffisamment pris en compte».

Le commissaire Nils Muižnieks «exhorte les autorités à garantir que l’usage de toute forme de coercition à l’égard des personnes handicapées ne porte pas atteinte à l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants».

La scolarisation à la traîne

Le droit à l’éducation reste encore trop virtuel. «Les enfants autistes - dont les autorités prônent pourtant l’insertion en milieu scolaire ordinaire - sont particulièrement concernés par la non-scolarisation en milieu ordinaire.» Environ 20 000 enfants ne seraient ainsi pas scolarisés.

Le commissaire «encourage» donc la France à poursuivre ses efforts. En embauchant suffisamment d’accompagnants afin d’aider les élèves handicapés en classe. Et en formant mieux les enseignants au handicap.

Libération.fr

Commentaires

le 19/02/2015

Pas étonnant quand on sait que dans le monde du travail, les employeurs sont réticents à embaucher une personne en situation de handicap pourtant il touche une indemnisation s'il embauche une personne reconnue travailleur handicapé  et préfère passer outre,   pourtant ils ont obligation à partir d'un nombre de salariés d'en embaucher.

Oui mais voilà les vieux clichés ont la vie dure, le handicap est synonyme d'arrêt maladie, de lenteur, peur du collègue d'avoir à terminer le travail, du patron de devoir aménager le poste de travail..... la liste est longue.

Et pourtant il est avéré que ces personnes ont moins d'arrêt de travail qu'une personne ordinaire et se révèle tout aussi compétente.

En France rien n'est fait pour faciliter la vie d'une personne en fauteuil roulant qui s'apparente à un parcours du combattant dès qu'elle doit s'aventurer en milieu urbain (transports, accès aux administrations etc...).

Alors qu'en Amérique tout est beaucoup + accessible et pensé pour leur insertion dans la vie active.

Bravo la France, et bienvenue chez nous !

le 19/02/2015

Et combien même , scolarisé en cursus normal ou aménagé , c ' est enfants ,une fois devenue , adultes , sont victimes de déscriminations .

Et emplois des handicapés  , reste  trop souvent à la traine . 

De plus l aménagement du territoire et toujour , en état depuis trop longtemps     

le 20/02/2015

Bonjour,

C'est vraie que la France en matiere de prise en charge pour les enfants porteur d'un handicap est insuffisante et sont malheureusement oublier de la société , moi même maman d’un enfant autiste , c'est un parcourt du combattant pour le scolarise et trouver des AVS , sur Lyon les places dans un IME ,ou dans école ordinaire , il faut attendre minimum entre 6 et 7 ans d'attente , l’enfant est déjà adultes , quand une place se libéré . Et malencontreusement sans AVS un enfant autiste ne peut être scolariser . Pour mon autre fils atteint d'une autre maladie rare , il nous a fallut 4 ans de combat pour lui trouver un CEM. Les parents se battent contre le handicap au quotidien et doivent se battre aussi contre les administrations , pour les droits , et trouver des places dans la société. Moi c'est mes fils ma bataille , et en ce moment je me bat pour tout les enfants autiste le 2 avril a Lyon et j'ai besoin de vos soutient Merci a tous .

le 20/02/2015

Pour avoir exercé en milieu scolaire, je trouve regrettable que l'on ne fasse pas la distinction des handicaps. Il y en a des plus lourds que d'autres, certains doivent impérativement être encadrés plus que d'autres qui peuvent se trouver plus "indépendants". Je parle de l'apprentissage des connaissances basiques (couleur, écrit...). Je pense que la fermeture envisagée des SEGPA est une erreur. Des enfants qui partent avec le handicap intellectuel (réflexion, mémorisation...) ne peuvent pas suivre une classe "normale" où le programme peine déjà à être bouclé. Nous revenons au système "tu suis, tu arrives" ; si "tu suis pas..." les classes déjà surchargées ne permettent pas aux professeurs de faire de l'enseignement individualisé qui leur est donné dans les SEGPA. Et puis ce qui n'était pas négligeable était la formation professionnelle. Combien de nos élèves ont donné satisfaction aux CAP (mode, métallerie, menuiserie, mécanique), des enfants qui faisaient de très bons employés pour peu qu'ils soient guidés, que leur travail soit tracé... et ils réussissaient. La tranche d'âge était de 11 à 17/18 ans. Mais pour les plus petits il y a beaucoup de choses à faire, à mettre en place avec l'aide d'adultes formés à cet effet et de l'informatique qui peut s'avérer précieuse. 

Encore un long débat en perspective, à condition de se mettre en lieu et place de celui/celle pour qui tout doit être pensé, et sera le première concerné à se servir de ces nouveaux outils.

le 21/02/2015

Je suis soulagée de trouver enfin des commentaires qui montrent la réalité du handicap...désolée, mais je crains qu'à force de nous rendre invisibles ( nous parquer ou nous limiter dans nos mouvements), le système ne nous enterre vivant ( ou physiologiquement maintenus plutôt...)

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