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La dépression saisonnière touche une personne sur 10

21 oct. 2015 • 2 commentaires

La dépression saisonnière touche une personne sur 10
INTERVIEW - L'automne est là, synonyme pour certains d'un sérieux coup de blues. Le Dr Éric Charles, psychiatre, explique comment s'en remettre.

Octobre: les jours raccourcissent, et le ciel vire régulièrement au gris, tout comme, peut-être, votre humeur. Le blues de l'hiver n'est pas une légende, mais c'est surtout sa variante sévère, véritable dépression saisonnière, qui nécessite une prise en charge. Le Dr Éric Charles, psychiatre au service hospitalo-universitaire de Limoges, auteur d'un livre sur le sujet, A chacun son rythme! (éditions First), explique les raisons de ce mal-être répandu et détaille les méthodes qui marchent pour s'en sortir.

LE FIGARO.- Quels sont les signes de la dépression saisonnière ?

Dr Éric CHARLES.- Il faut distinguer le blues hivernal de la dépression saisonnière. Dans le premier cas, on se sent un peu moins bien l'hiver et on est un peu plus vite fatigué, mais rien de très gênant ni de durable. La dépression induite par le changement de saison a en revanche des symptômes clairs: la personne se sent triste, elle a des idées noires, passe beaucoup de temps au lit, abandonne ses activités préférées et voit son appétit augmenter, notamment pour les aliments sucrés, ce qui lui fait prendre du poids. C'est un phénomène cyclique qui disparaît au printemps mais revient chaque année, ou presque.

Est-ce fréquent ?

On pense que la dépression saisonnière pourrait toucher une personne sur 10 en moyenne en France, avec des différences régionales. C'est d'autant plus fréquent que l'on remonte vers le Nord. Par exemple, cela concernerait une personne sur deux au Canada ou en Scandinavie. Les femmes semblent être plus touchées que les hommes, mais c'est peut-être lié au fait qu'elles sont davantage à l'écoute de leur corps.

Est-ce que cela se soigne ?

Le traitement de référence est la luminothérapie. Elle consiste à s'exposer à une lampe spéciale diffusant une lumière de forte intensité, 10.000 lux. A titre de comparaison, la lumière du jour par beau temps est de 100.000 lux, mais celle d'une pièce éclairée artificiellement de seulement 200 à 300 lux. Le patient s'expose pendant 30 minutes, chaque jour pendant 2 semaines. Il n'est pas nécessaire de fixer la lampe, travailler ou lire à proximité suffit. Ce traitement n'est pas pris en charge par la Sécurité sociale mais comme un appareil coûte dans les 150 ou 200 euros, les personnes qui sont sensibles à ce type de trouble récurrent peuvent avoir intérêt à investir. Sinon il est parfois possible de faire les séances dans le cabinet d'un médecin. D'après une étude que j'ai conduite, la personne se sent mieux dès la première semaine et la cure de luminothérapie suffit dans 95% des cas à la soulager tout l'hiver. Les antidépresseurs, qui sont parfois prescrits lorsque le médecin n'a pas fait le lien entre la dépression et le changement de saison, sont moins efficaces et ont plus d'effets secondaires.

Comment la lumière agit-elle pour réguler l'humeur ?

La lumière est captée par des cellules spécifiques de notre rétine, dites photiques, qui la traduisent en un message nerveux envoyé jusqu'au noyau suprachiasmatique dans le cerveau, où siège l'horloge interne. Cela déclenche la production d'une hormone, la mélatonine, qui régule l'horloge d'autres organes. La mélatonine est produite pendant la nuit mais en hiver, le jour tombe plus tôt et chez certaines personnes, l'ajustement de leur horloge biologique se fait mal. C'est cette perturbation du rythme circadien qui engendre anxiété, irritabilité ou mal-être. C'est pourquoi on conseille aux personnes concernées de s'exposer à une lumière de forte intensité le plus tôt possible après le réveil le matin, pour donner un signal clair à l'organisme.

Que conseillez-vous aux personnes sentant venir le coup de blues de l'automne ?

Elles peuvent opter pour la luminothérapie mais aussi faut favoriser tout ce qui met en contact avec la lumière du jour, comme par exemple aller travailler à pied, ou sortir pour déjeuner. Éviter en tout cas de rester enfermé dans une pièce sans fenêtre. On peut se prémunir contre certains effets délétères en gardant des horaires de lever, de coucher et de repas réguliers, pour ne pas trop traîner au lit ou grignoter.

Le Figaro santé

Commentaires

le 22/10/2015

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le 22/10/2015

merci julien pour cet article ça donne envie d essayer mais il est vrai que le prix peut freiner si ça peut aider a diminuer les AD ça serait bien de pouvoir toucher une aide ou alors faire un achat pour plusieurs personnes qui en ont besoin a se  partager l utilisation

bonne nuit

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