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Aujourd'hui, 80 % des enfants guérissent d'un cancer

3 juin 2015

Aujourd'hui, 80 % des enfants guérissent d'un cancer
Les traitements peuvent toutefois être responsables des maladies qui émergent plus tard dans la vie.

L'annonce d'un cancer chez un enfant est toujours vécue comme un drame. L'augmentation du taux de guérison chez les petits malades, illustrée par des données américaines présentées dimanche au congrès annuel de la société américaine d'oncologie clinique à Chicago (Asco), est donc encourageante. Aujourd'hui, 80 % des enfants de moins de 15 ans atteints de cancer finissent par guérir.

«Il y a cinquante ans, seul un enfant sur cinq réchappait de son cancer», a rappelé le Dr Gregory Armstrong, auteur de l'étude conduite sur 34.000 patients. Aujourd'hui, les proportions sont inversées. Autre indicateur positif, la mortalité quinze ans après le diagnostic a été divisée par 2, passant de 12,4 % à 6 %.

Bien que l'on puisse se réjouir de ces chiffres, la survie à cinq ans (c'est ainsi que l'on définit la guérison en oncologie) n'est pas le seul paramètre à prendre en compte pour évaluer les progrès qui restent à faire. Comme l'a rappelé le Dr Armstrong, invité à présenter ses recherches lors de la plus importante session du congrès de l'Asco, l'espérance de vie en bonne santé est une autre donnée essentielle, sur laquelle des progrès ont certes été faits, mais qui mérite toutefois une attention soutenue. Et ce d'autant plus que les rangs de ces «rescapés» ne cessent de gonfler - ils seraient aujourd'hui 400.000 aux États-Unis, soit plus d'une personne sur 1000.

Le fruit d'une réflexion sur les pratiques de soin

Là encore, il faut saluer les progrès qui ont été enregistrés ces dernières décennies. Mais les traitements donnés aux enfants pour les sauver, toxiques pour la tumeur, le sont aussi, malheureusement, pour l'organisme tout entier. Ils sont paradoxalement les premiers responsables des maladies qui pourront les emporter plus tard.

La mortalité causée indirectement par les traitements anticancéreux dans les quinze années qui suivent le diagnostic a toutefois sensiblement baissé, passant de 3,1 % à 1,9 % entre le début des années 1970 et le début des années 1990. Le développement d'une autre tumeur et celui des troubles cardiaques (maladie coronarienne, insuffisance cardiaque) sont les causes les plus fréquentes de ces décès précoces. On observe une même tendance au recul pour la mortalité liée à des pathologies engendrées par le cancer lui-même.

Ces progrès sont entre autres le fruit d'une réflexion sur les pratiques de soin. Des enquêtes cliniques ont par exemple montré l'inutilité de la radiothérapie dans le cas des lymphomes hodgkinien et non hodgkinien, ou pour la plupart des enfants atteints d'une tumeur du rein (tumeur de Wilms). Dans le cas des leucémies lymphoblastiques aiguës, les enfants ne subissent plus d'irradiation au niveau de la tête. Les doses de certains médicaments comme les agents alkylants et les anthracyclines ont aussi été réduites, et l'administration de médicaments cardioprotecteurs ajoutée en présence de ces derniers.

Comprendre qui sont les enfants les plus vulnérables à la toxicité

Pour autant, «le prix de la guérison reste élevé», pointe le professeur d'oncologie pédiatrique Michael Link (université de Stanford, Californie), invité à commenter ces résultats lors du congrès. Un rescapé sur quatre sortira de sa maladie avec une autre pathologie grave ou potentiellement mortelle ; 2 sur 3 souffriront d'une maladie chronique.

Les efforts sont donc à poursuivre. Pour le Pr Link, l'amélioration de la qualité de vie des malades après leur cancer reposera notamment sur une meilleure identification par des moyens génétiques ou biologiques des enfants vulnérables aux effets toxiques des traitements (car ils ne sont pas tous égaux à ce niveau), et/ou de ceux qui répondent plus ou moins bien aux traitements de façon à pouvoir adapter les doses.

«Nous devons faire avancer les recherches pour comprendre qui sont les enfants les plus vulnérables à la toxicité et élaborer des traitements moins toxiques», confirme le Dr Birgit Geoerger. Médecin référent en recherche clinique pédiatrique à l'Institut Gustave-Roussy à Villejuif, elle déplore que la recherche sur les traitements du cancer de l'enfant soit à la traîne par rapport aux adultes, «même si cela s'améliore». «On commence à sentir l'effet positif de la réglementation européenne de 2007 (qui oblige les laboratoires pharmaceutiques à développer une forme pédiatrique pour tous les nouveaux médicaments, NDLR)», ajoute-t-elle.

Le Figaro santé

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