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Anxiolytiques : des mises en garde sans effet auprès des patients

8 juil. 2015 • 70 commentaires

Anxiolytiques : des mises en garde sans effet auprès des patients
Alors que la prise de médicaments de la famille des benzodiazépines ne devrait pas dépasser douze semaines, elle peut atteindre six ans.
En France, malgré les mises en garde qui se succèdent depuis des années, la consommation de benzodiazépines ne diminue pas vraiment. En 2014, près de 7 millions de Français ont pris au moins une fois une benzodiazépine anxiolytique. Et il est peu probable que le dernier avis émis par la Haute Autorité de santé, qui reconnaît l'intérêt médical de ces molécules dans l'anxiété tout en mettant en garde contre une utilisation prolongée, modifie en profondeur les habitudes de consommation.

«Ces recommandations sont un coup d'épée dans l'eau et n'apportent pas grand-chose de nouveau, si ce n'est l'idée importante de prévenir les patients dès l'instauration du traitement d'une durée limitée», estime le Dr Patrick Lemoine, psychiatre. Un traitement par anxiolytique ne devrait pas dépasser douze semaines de traitement. Or, selon les données de l'Assurance-maladie, la moitié des patients prend des benzodiazépines plus de 4 mois et 16 % d'entre eux ont même été traités en continu avec une durée médiane d'exposition d'environ 6 ans !

Risque de chute

Le consommateur de benzodiazépine est le plus souvent une femme (67 % des consommateurs), l'âge médian des patients est de 55 ans, un tiers d'entre eux étant âgés de plus de 65 ans et 10 % de plus de 80 %. Des populations âgées plus vulnérables, comme le rappelait l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un rapport de 2013: «La consommation de benzodiazépines expose les sujets âgés à des risques spécifiques, en raison des modifications physiologiques liées à l'âge qui accroissent le risque de surdosage et d'effets indésirables.» Ces molécules augmentent notamment le risque de tomber: selon une étude, le risque de chute est multiplié par deux lors d'une augmentation de dose de 2 mg par jour à 8 mg par jour en équivalent diazépam.
Autres effets indésirables, la perturbation de la mémoire à court terme, un ralentissement dans l'apprentissage d'une nouvelle information, mais aussi un risque de déclin cognitif. Une étude française menée par le Pr Bernard Bégaud a même pointé du doigt un lien entre la consommation au long cours de benzodiazépines et le développement d'une maladie d'Alzheimer. Patrick Lemoine s'inquiète, pour sa part, des liaisons dangereuses entre benzodiazépines et apnée du sommeil. «C'est sans doute la contre-indication la plus fréquente aux benzodiazépines, potentiellement mortelle et pourtant jamais mentionnée», souligne-t-il.

«Bons sentiments»

On ne peut pas dire que les autorités ne sont pas conscientes des dangers inhérents à ces molécules. Elles émettent régulièrement des recommandations pour en améliorer l'usage. Mais sans grand succès. «Ce type de recommandations faites de bons sentiments n'a aucun intérêt tant que ne seront pas retirées du marché les benzodiazépines inutiles, donc toutes à l'exception du Séresta, la seule benzodiazépine à demi-vie courte et sans métabolite actif, à l'exception du Xanax, mais qui est très addictif», affirme le Dr Patrick Lemoine. Une mesure radicale qui n'est pas à l'ordre du jour.

Le Figaro santé

Commentaires

le 08/07/2015

Je prends des anxiolytiques depuis plus de deux ans, dernièrement, j'ai essayé de m'en passer,  deux jours ont passés avant que je me sente vraiment très mal, depuis j'ai repris mon traitement qui je le précise m'est renouvelé  automatiquement sans aucune question au sujet de mon état actuel.

scoobidoo
le 08/07/2015

Ce ne sont pas les patients qu'il faut mettre en cause mais les médecins.

S'il est difficile d'interrompre un traitement quand la personne y est habituée, il l'est moins de ne pas renouveler une première prescription.

Francine

quesaquo
le 08/07/2015

Tout à fait d'accord avec vous Scoobidoo!

G I G I
le 08/07/2015

Je rejoins également le message de Scoobidoo !

Belle soirée à tous

serena2416
le 08/07/2015

Bonjour,

En effet, le médecin ne tient pas compte de ces 12 semaines et renouvelle automatiquement.

Les effets des anxiolytiques agissent différemment sur les personnes. Certains les arrêtent facilement quand d'autres en sont incapables.

Le pourquoi c'est au médecin d'y répondre.

Serena

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