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700 génériques retirés du marché : concrètement, ça change quoi ?

2 sept. 2015 • 87 commentaires

700 génériques retirés du marché : concrètement, ça change quoi ?

Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, revient pour Sciences et Avenir sur les conséquences du retrait massif de médicaments génériques du marché européen.

Vendredi 21 août 2015, 700 médicaments génériques à travers l'Europe ont été retirés des officines. Un retrait des autorisations de mise sur le marché décidé en juillet 2015 par l'Agence européenne du médicament (EMA). Une décision prise après plus d'un an passé à réévaluer quelque 1.000 génériques dont les tests de bioéquivalence menés en Inde avaient révélé des entorses aux bonnes pratiques cliniques. Ces tests sont conçus pour évaluer la conformité pharmacologique du générique avec le médicament princeps. Une procédure dont nous vous expliquions les tenants et les aboutissants à l'annonce de l'Agence européenne du médicament.


"Il y a des alternatives pour chacun des génériques retirés du marché" - Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens

Mais concrètement, comment ces retraits vont-ils se traduire pour les patients concernés ? "En France, ce n'est vraiment pas un souci, explique Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l'Ordre des Pharmaciens (CNOP). Il y a des alternatives pour chacun des génériques retirés du marché. Par ailleurs, il y a déjà eu une première alerte il y a quelques mois, à la suite de laquelle les laboratoires concernés avaient agi", précise-t-elle, confirmant ainsi les dire de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui avait prévenu qu'en France, ces retraits n'auraient pas d'impact. Par ailleurs, "sur cette liste de 700 génériques retirés, la France n'est concernée que par une infime partie, une trentaine je crois", ajoute-t-elle.

Cet épisode montre que les génériques sont surveillés de la même façon que les princeps" - Isabelle Adenot

La présidente du CNOP voit même un motif de satisfaction dans ces retraits successifs l'année passée (25 génériques retirés en décembre 2014, puis 8 en janvier 2015 et, donc, 700 en août 2015) : "Je me réjoui d'une chose : c'est que les grandes agences du médicament (Etats-Unis, Australie, Europe, Canada...) fonctionnent main dans la main et se font mutuellement confiance. Ce qui me rassure, c'est que le mode de contrôle a fonctionné. Tout n'est pas parfait bien évidemment, mais cet épisode montre que les génériques sont surveillés de la même façon que les princeps ; et c'est plutôt rassurant", fait-elle valoir.  Une façon peut-être légitime mais optimiste de voir les dysfonctionnements survenus dans les tests de bioéquivalence menés en Inde.

Dans le reste de l'Europe, certains pays sont néanmoins touchés à plus grande échelle par ces retraits : "En Angleterre ou en Allemagne, ce sont entre 100 et 200 médicaments qui sont concernés", précise Isabelle Adenot. Mais même là, "la possibilité de continuer à recevoir un des traitements retirés est envisageable sur dérogation si jamais il existait des cas sans alternative", ajoute-t-elle. Les dysfonctionnements constatés dans les tests de bioéquivalence ne mettant pas en jeu une éventuelle dangerosité des produits.

Sciences et Avenir

Commentaires

le 02/09/2015

bonjour

c'est assez rigolo vous avez du remarquer que la société Mylan (touché par ses retraits) spécialiste des génériques fait justement de la pub à la télé en précisant et vantant la bonne qualité de ses exipients...

le 02/09/2015

Malheureusement Mylan n'est pas le seul labo touché par la mauvaise qualité des exipiants ! Ils ont qu'à arrêter de se fournir en Chine et faire travailler les labos européens plus fiables !! Mais money is money !!!!

le 02/09/2015

Moi je ne fais pas confiance au générique sauf si c'est mon docteur qui les prescrit.

le 02/09/2015

Et bien cela, je l'apprends et c'est une très bonne nouvelle. Car si dans un médicament générique,la molécule est identique, il faut savoir que certains excipients à effet notoire sont différents et peuvent causer de gros problèmes comme des allergies cutanés.

Le générique du lévothyrox n'est pas du tout apprécié par les endocrino, ni par moi même car désormais je ne dois plus prendre aucun générique.

le 04/09/2015

Je ne suis pas du tout "générique", mais malheureusement, je n'ai pas le choix. Surprise, je viens d'apprendre @pseudo-masqué qu'il y a un générique du levothyrox, c'est le seul que je n'ai pas ! Ouffffffffff

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