Comment guérir de la schizophrénie
Schizophrénie

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La schizophrénie est une maladie d'amour

Voici le témoignage de Shizo guéri, 72 ans, membre de Carenity et atteint de schizophrénie. A travers son histoire et ses expériences, découvrez comment il a su apaiser ses troubles psychiatriques pour vivre heureux. 

Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis né en 1945, de parents de la classe ouvrière. J’ai exercé la profession d'employé de banque de 1965 à 1997. Je suis marié (sans enfant) depuis 1973. Ma belle-mère - qui a souffert de paranoïa et ensuite de la maladie d’Alzheimer - a vécu trente ans sous notre toit.
J’ai eu six ans et demi d’arrêts de travail et seize hospitalisations pour raisons de santé psychiatrique. Les deux premières pour schizophrénie en 1966-1967 et la dernière pour dysthymie en 2000. Ma femme et moi vivons actuellement une retraite bienheureuse sur la Riviera française.

Depuis combien de temps souffrez-vous de schizophrénie ?

Je pense souffrir de schizophrénie depuis ma naissance mais les troubles ne se sont révélés qu’à l’âge de 21 ans en 1966. Une collègue de bureau et mon neuropsychiatre psychothérapeute - qui me suivait depuis 1962 pour une névrose obsessionnelle grave à forme essentiellement sexuelle - sont alors intervenus en position symbolique dans mes problèmes sentimentaux. Ma collègue me rappelant ma mère, mon médecin me rappelant mon père ; lesquels m’avaient psychologiquement manqué en quelque chose. Ce qui a ainsi déclenché mes deux crises psychotiques successives. 

Comment avez-vous été diagnostiqué ? Vous souvenez-vous du jour de votre diagnostic ?

Le diagnostic ne m’a pas été révélé verbalement entre quatre yeux par un psy. Je l’ai appris avec la courte mention : “Diagnostic à la sortie en langage international : schizophrénie” indiquée par le psychiatre de l’hôpital sur mon bulletin de sortie. Par la suite des experts auprès les tribunaux (1968 et 1973), un psychiatre psychanalyste (1995) et une psychiatre psychanalyste (2013) m’ont confirmé que ce diagnostic leur paraissait être le reflet de la vérité.

De quelle façon la schizophrénie a-t-elle altéré votre qualité de vie ?

J’ai été surdosé de médicaments psychotropes (tranquillisants, somnifères, neuroleptiques, etc.). Tant et si bien que j’étais suicidaire en permanence. Cela se traduisait par des crises de narcolepsie pendant lesquelles il fallait que j’aille dormir une matinée entière à l’infirmerie de mon travail. Mais compte tenu de la gravité de mes insomnies, les psys ne pouvaient, à l'époque, pas faire autrement que me surdoser pour que je puisse réussir à dormir malgré tout...
Mon employeur ne m’a gardé pendant trente ans qu'à cause de la convention collective. En effet, comme j’ai été titularisé avant ma schizophrénie en juin 1966 après un an de stage, en cas de licenciement pour raison de santé, mon employeur devait reconstituer ma retraite privée et me verser une pension d’invalidité égale à la moitié du montant de mon salaire. Faute de pouvoir me régler l'intégralité de ces sommes, il a préféré continuer à reporter mon licenciement.

La maladie a-t-elle eu un impact sur vos relations avec vos proches ?

Ce sont mes collègues de travail qui ont signalé à mon chef de bureau mes troubles psychiatriques lors de ma première crise. A l'époque, je leur racontais que la nuit j’avais vu la Tour Eiffel changer de place ou que les communistes avaient pris le pouvoir. Mon chef m'a alors envoyé au service médico-social. Et c’est ainsi que l’assistante sociale, le médecin de l’administration et le médecin du travail - après avoir pris contact avec mon neuropsychiatre psychothérapeute de l’époque - ont décidé de mon hospitalisation.
A mon retour de maison de santé psychiatrique dite “maison de repos” (après ma deuxième hospitalisation d’environ deux mois et demi), j’ai été affecté dans un autre service. Là, j’ai vite découvert que mes collègues étaient méchants à mon égard. A mon avis, ils étaient jaloux aussi de mes arrêts de travail et de mes aménagements d’horaire (je commençais une heure plus tard et je partais une heure plus tôt).
Ce sont mes parents qui m’ont hospitalisé lors de ma deuxième crise. Je leur racontais que j’étais Lénine, que mon père était Staline, que j’étais victime du culte de la personnalité, que je communiquais par télépathie avec une jeune collègue de bureau dont j’étais amoureux...  Ils ont toujours été très choqués par mes délires, hallucinations et troubles de l’humeur. Mon père a toujours eu honte de ma maladie, et ma mère s’est toujours cru responsable voire coupable de celle-ci.

Quel professionnel de santé vous suit ? Et quel est la qualité de ce suivi ?

Actuellement, je suis suivi par une psychiatre psychothérapeute spécialisée dans les troubles psychiatriques des enfants. C’est moi qui ai fait ce choix en accord avec mon médecin traitant qui, lui, me prescrit les médicaments. Je considère que "la schizophrénie est une maladie d’amour mal vécu dans la petite enfance (forclusion du Sein-de-la-Mère et forclusion du Nom-du-Père) que seul, à l’âge adulte, un amour véritable grâce à une compagne ou à un compagnon peut éventuellement guérir". Je suis très heureux d’avoir trouvé cette explication de la schizophrénie.

Quel est votre avis sur votre traitement ? S’il y en a, quels sont les effets secondaires ?

C’est moi qui fais mon traitement avec l’accord de mon généraliste. Actuellement, je suis sous aripiprazole à la dose 10 mg, car ça ne me gêne pas de prendre un médicament qui n’a aucun effet indésirable et même des effets désirables. D'ordinaire, on le prescrit aux étudiants en médecine pour les stimuler pendant les examens et aux personnes âgées pour protéger leur cerveau. De toute façon, on ne peut pas prouver la guérison d’une schizophrénie car il n’existe aucun examen médical  ou test psychologique permettant de constater que l’individu n’est pas ou plus porteur de sa structure mentale psychotique. Mais mon vécu et mon ressenti me font dire que je suis effectivement guéri.  

Avez-vous un message à transmettre aux personnes dans la même situation que vous ?

Les psys soignent la schizophrénie mais ne la guérissent pas. Tout simplement parce que les médicaments et la compassion des médecins ne suffisent pas ! Cette maladie d’amour mal vécu dans la petite enfance évolue en crises psychotiques après un choc psychologique à l’âge adulte. Pour guérir de cette maladie gravissime, ça dépend sur qui vous allez tomber dans la vie ! Si je n’avais pas rencontré Chantal en 1973, jamais je n’aurais pu guérir de ma psychose ! A mon avis, elle a réparé, par son amour véritable, quelque chose qui avait été cassé lors du complexe d’Œdipe par mes deux parents. Ceux-ci ne sont pas coupables car ils m’ont toujours aimé et ont fait toujours tout leur possible pour moi. Mais il n’y aura jamais ni société, ni éducation parfaites et rien que pour ça, la schizophrénie comme d’autres pathologies psychiatriques existeront toujours ! Que faire contre cela ? Ne pas désespérer ! Nul ne peut prévoir l’avenir...

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le 08/11/2017

Je suis heureuse pour vous c'est une belle histoire 

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le 14/11/2017

@13700Magali Merci je suis très touché !

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le 15/11/2017

J'espère que j'aurai cette chance que je rencontrerai l'âme sœur pour guérir de cette maladie qui m'empêche de vivre normalement...

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le 23/11/2017

esperer mes ami(e)s 

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le 15/01/2018

J'aime beaucoup ta définition de la schizophrénie. La schizophrénie est une maladie d'amour mal vécu dans la petite enfance.

J'ai un neveu schizophréne et je suis moi même dans les troubles bipolaires.(Stabilisée)

Je pense que dans  tout trouble psychique il y a un enfant sensible voir différent et que l'éducation (même si elle est pleine d'amour) peut déstabiliser et entraîner de sérieux troubles psychiques.

Pour mon neveu (né à 7 mois) qui a mal supporté l'arrivée de son frère,  le manque d'autorité du père,une maman surprotectrice, le manque de limites et de repères ne l'ont pas aidé à se construire. Difficile de se construire sans limites.

Il est actuellement et pour longtemps à l'hôpital psychiatrique et il risque d'y passer sa vie et il n'a que 35 ans car peu de structures adaptés à son cas.

Les pathologies psychiatriques existeront toujours c'est ce  que je pense aussi. La psychiatrie ne peut avancer sans la thérapie. Cela doit faire partie d'un tout .Si on est face à une maladie psychique on est obligé d'en passer par un travail personnel soit avec un thérapeuthe ou un psychanaliste ou un psychologue .

On ne peut guérir les maux que par les mots et c'est une chance aussi. Quand on fait ce travail personnel on devient une personne beaucoup plus riche de l'intérieur, on apprend à se connaître c'est une forme de révélation de soi.

La rencontre avec ton épouse a certainement par son amour contribué à ton rétablissement mais tu as du par toi même, ta force, ton énergie, ta soif de comprendre être très porteur de ce revirement et je pense que tu es le seul à savoir ou ressentir si tu es guéri ou pas.

Guérison, stabilisation qu'importe le mot, le plus important c'est de vivre en paix avec soi et ne plus connaître la souffrance.

C'est mon cas aussi grace a mon hygiène de vie mentale et physique.

Merci de ton témoignage .

Pourpre

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le 30/01/2018

je fais partie d'une famille ou il Ya plusieurs malades psy. j'ai grandi avec un père parano, mA grand mère paternelle est décédée a l'HP, j'ai un frère qui s'est suicide et je pense qu'il était bipolaire non diagnostiqué, j'ai un neveu schizophrène dcd a 26 ans, étouffé dans son lit, j'ai un oncle qui a fait de la prison mais qui était plutôt malade psy. J'ai un frère actuellement âgé de 70 ans  en maison de retraite souffrant de dépression sévère avec une névrose obsessionnelle. Et moi là dedans, où en suis je? Et bien je suis devenue infirmière psy et j'ai entrepris une psychothérapie qui a duré de nombreuses années. j'ai transformé ma souffrance de manière positive, au lieu de la subir, je l'ai acté en faisant de celle ci mon métier.

j'ai un autre frère et une sœur qui vont bien mais je dirai toujours quelle famille, je crois que nous avons eu la chance d'avoir une mère équilibrée et notre grand mère maternelle a nos côtés. Mais effectivement vue la galère dans laquelle la maladie de mon père nous mettait, nous avons grandi seuls sans que ma mère puisse nous accorder autant d'amour que nous aurions eu besoin car elle a toujours malgré la folie de mon père travaillé à l'extérieur. cette maladie est-elle héréditaire? Je dirai que non mais l'lorsque nous vivons enfant dans un milieu déstabilisé, nous avons beaucoup plus de risques.

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le 15/02/2018

 Bonjour, je suis maman d'un grand garçon de 28 ans atteint de schizophrénie, et diabétique depuis 1 an avec des injections d'insuline quotidienne, première bouffée délirantes à l'age de 20 ans, hôspitalisè en HP plusieurs fois car il avait stoppé ses traitements et pour la plus longue huit mois, diagnostique posé a ses 23 ans, prise de poids prés de 50 kg, il va en hp de jour une fois par semaine, passe toutes ses journées devant son ordinateur, jeux vidéo, music..., a une addiction aussi a la nourriture. Il vit avec son père qui ne travail pas (invalidité), (nous sommes divorcé depuis ses cinq ans) depuis qu'il est sortis d'HP car il ne veut plus être à la maison, il a vécu pourtant 19 ans avec moi, sa demi-soeur plus jeune de 7 ans et son beau père, il a toujours était un enfant rêveur et dans la lune, il a eu un CAP de conducteur opérateur de scierie a 19 ans,et j'en suis très fière. Mais la plupart du temps il me rejette, ne me répond pas, ne me regarde pas et dit souvent que je ne suis pas sa mère, je gère son quotidien, son linge ses papiers, c'est tous ce qu'il accepte de moi, je vais le voir une a deux fois par semaine mais c'est très dur pour une mère d'entendre c'est mots, mais je me dis que t'en qu'il prends ses traitements ( infirmière trois fois par jour)et qu'il va en hp de jour, sa ira pour lui, mais je me demande comment il fera, quand nous seront plus là....

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le 28/06/2018

 Sans amour véritable, quelque chose qui est cassé lors du complexe d’Œdipe par mes deux parents.

Beaucoup de courage et tenir bon, pour vivre heureux malgré ça !

Cordialement.

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le 24/10/2017

Bonsoir,

Bravo à vous pour ce parcours et très intéressant votre témoignage, mais croyez bien que même s"il ne faut pas désespérer comme vous le dîtes", cette maladie est très éprouvantes pour les aidants. Pour ma part c'est mon fils de 34 ans qui a cette maladie qui nous "bouffe" la vie à tous les deux. J'ai l'impression de cogiter sans cesse et de ne pas avancer pour trouver des solutions.

Merci pour ce témoignage encourageant.