Définition de la dépendance tabagique

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Le tabagisme est un comportement qui conduit rapidement à une addiction : la dépendance tabagique, une maladie chronique récidivante.

 

Le tabac est une plante originaire d’Amérique centrale. Elle est cultivée pour ses feuilles qui, une fois séchées, peuvent se fumer sous forme de cigares, cigarettes, tabac à priser, chicha, etc.

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L’effet du tabac réside principalement dans la présence de nicotine, une molécule psychotrope. La fumée agit après un passage dans les poumons sur le cerveau, qu’elle atteint en 7 à 10 secondes. Les shoots répétés de nicotine dans le cerveau provoquent une dépendance durable liée à la modification anatomique du cerveau avec implantation d’un véritable centre de la dépendance tabagique, qui rend le sevrage très difficile.

La fumée des cigarettes ne contient pas seulement la nicotine : elle renferme plus de 4 000 composés dont certains sont cancérigènes, pro inflammatoires, irritants, etc. 

On distingue 2 types de tabagisme :

- le tabagisme « actif » : il s’agit de la consommation de tabac volontaire du fumeur

- le tabagisme « passif », parfois appelée « fumée secondaire » : ce terme désigne l’inhalation involontaire de fumée de tabac provenant directement de la cigarette ou venant de la fumée rejetée par le consommateur.

L’évolution du tabagisme

La persistance d’un tabagisme actif provoque de nombreuses complications qui sont principalement de 3 ordres : les cancers, les maladies respiratoires et les pathologies cardiovasculaires.

Les cancers
Prés de 90% des cancers du poumon sont dus au tabagisme actif, un petit pourcentage vient d’un tabagisme passif. Cependant, le cancer bronchopulmonaire n’est pas le seul cancer qui est favorisé par le tabagisme.

En effet, les cancers de la bouche, des lèvres, de la gorge, du larynx, du pancréas, du sein, du col de l’utérus, de l’estomac, du foie, du rein, de la vessie, ainsi que les leucémies, sont favorisés par la consommation chronique de tabac.

Les maladies respiratoires
La fumée du tabac est nocive pour les tissus de l’arbre respiratoire. Le tabagisme peut entraîner une broncho-pneumopathie chronique obstructive (ou BPCO), qui est une obstruction lente et irréversible des voies respiratoires. Celle-ci peut évoluer vers une insuffisance respiratoire.

Le tabac altère et détruit les cils vibratiles de la muqueuse respiratoire. Ces cils assurent l’élimination des poussières et substances toxiques présentes dans les voies aériennes. Les bactéries adhérent mieux aux parois des bronches et les  infections peuvent survenir plus facilement : le fumeur souffre plus souvent de rhume, de pneumonie ou de grippe.

Les pathologies cardiovasculaires
Le tabac majore le risque cardiovasculaire. Cet effet est dû à la nicotine mais également à d’autres substances. Le CO, ou monoxyde de carbone, est un gaz toxique produit lors de la combustion de la cigarette. Il se fixe sur l’hémoglobine des globules rouges, qui fixe en temps normal l’oxygène pour le délivrer aux organes qui en nécessitent. À cause du manque d’oxygène, les organes fonctionnent moins bien. Mais surtout, la fumée du tabac a deux effets : elle contribue à encrasser les parois des vaisseaux par des plaques d’athéromes favorisant ainsi angine de poitrine et artérite (inflammation des vaisseaux). Ces thromboses provoquent infarctus du myocarde s’il s’agit des artères coronaires du cœur, et AVC (accidents vasculaires cérébraux), s’il s’agit d’artères du cerveau ou enfin gangrène s’il s’agit d’artère des membres. 

Le tabac favorise également les dysfonctions sexuelles masculines par un mécanisme vasculaire.

Le diagnostic de la dépendance tabagique

La dépendance tabagique est évaluée en particulier à l’aide d’un questionnaire appelé « test de Fagerström » du nom du médecin l’ayant inventé. Mais en première analyse toute personne qui est conduit à fumer tous les jours dans l’heure du lever est dépendant.

En plus de la fréquence et du nombre de cigarettes fumées par jour, la mesure du taux de CO dans l’air expirée des poumons est très utile. Il indique l’intensité du tabagisme car les habitudes de consommation peuvent différer fortement pour un même nombre de cigarettes selon la durée, l’intensité et la profondeur de l’inhalation par exemple. 


Article rédigé sous la supervision du Pr. Bertrand DAUTZENBERG, service de pneumologie et réanimation médicale à la Pitié Salpêtrière à Paris et Président de l'Office Français de Prévention du Tabagisme (OFT) 

dernière modification le 13/01/2012 à 17:09

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